Comme nos chers lecteurs n’ont pas tous une mémoire d’éléphant, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que dès mai 2009, soit bien avant les « dignitaires » de la HAT (vous avez le droit de retirer les guillemets si vous voulez), j’appelais d’ores et déjà à se préparer à superviser des élections que j’espérais rapides.
Car à mes yeux un scrutin rendu crédible par une large mobilisation citoyenne nationale était préférable à une transition qui était susceptible de s’éterniser. Hélas, nul n’est prophète en son pays, et je laisse les ouvrières au chômage technique suite à la perte de l’AGOA méditer sur l’opportunité ou non des choix de la médiation internationale.
Un peu avant, avec mon compère Ndimby, je m’étonnais que certains puissent penser qu’il fallait que la transition dure 19 mois, dont pratiquement un an avant la tenue du premier scrutin national permettant de peser réellement le poids des entités en présence.
Comme il n’y a pas que les politiciens qui ont le droit d’être amnésiques, il n’est pas non plus inutile de rappeler que dès le 1er juillet 2009, je déplorais l’indigeste régime providentiel et présidentiel que nous continuons de copier-coller de la France gaullienne, et affichait ma préférence pour un régime parlementaire comme on en retrouve dans la quasi-totalité des grandes démocraties du monde. J’ajouterais aujourd’hui que je suis enclin à penser que si la France persiste aujourd’hui à avoir une conception quasi-monarchique du chef de l’État, c’est par culpabilité refoulée d’avoir guillotiné ses monarques, et que nos errements sont de même liés à la culpabilité refoulée du passage par la case 13 mai.
Tout ceci explique que, même si je décèle des calculs très politiciens chez certains partisans de ce schéma, je suis favorable à des élections législatives qui précèderaient les élections présidentielles. Et je ne serais même pas complètement hostile à ce que le Président de la République soit élu par les membres du Sénat, nous privant des habituelles élections présidentielles au suffrage universel.
Donc, je n’ai eu aucune honte à avouer que je suis en faveur de l’élection rapide d’une assemblée [1], même si je suis parfaitement conscient qu’il y a là un calcul tactique de la part de la HAT. Car à mes yeux, il est plus important encore de ne pas se laisser aveugler par des manoeuvres tactiques et de garder à l’esprit l’intérêt stratégique du pays. Et qu’une assemblée élue me paraît bien plus légitime pour amender un texte important qu’une conférence à la composition douteuse.
Pour les mêmes raisons, je ne peux être satisfait du déroulement de l’atelier « Teny ifampierana » d’Ivato qui a pourtant validé cette option d’élections législatives que je défends.
Car du coup, en apprenant qu’une délégation du gouvernement irait quand même discuter à Addis Abeba, impossible de ne pas penser qu’on est tombé dans le panneau. Ou plutôt dans le Panorama, car tout le monde ne s’en souvient peut-être pas, en juillet 2009, juste avant la réunion de Maputo I, on avait également sollicité les neurones « des gens de bonne volonté » à aller se réunir à l’hôtel Panorama. Mais votre serviteur, lui au moins, n’est pas encore menacé par la maladie d’Alzheimer.
Ne prenons pas tout cependant de manière uniquement négative. Après tout, il ne faut pas oublier que Maputo I avait été un succès, et qui sait, Ivato pourrait contribuer au succès de la recherche d’une solution à Addis Abeba. Mais franchement, Camille Vital et Hyppolite Ramaroson seraient bien avisés de préparer de meilleurs arguments pour défendre l’organisation rapide d’élections législatives que la loi des petits nombres.





