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Politique

André Rasolo rentre au pays

Un regard neuf

jeudi 6 novembre 2008
André Rasolo,ancien premier conseiller de l’Ambassade de Madagascar à Moscou

André Rasolo, premier conseiller de l’Ambassade de Madagascar à Moscou est définitivement rentré au pays. Faisant partie des leader d’opinion malgache, que va-t-il faire ? Interview

Pourquoi êtes-vous rentré ?
André Rasolo (A.R.)C’est normal au bout de quatre ans et demi dans un poste. Les normes du Système des Nations Unies est même de trois ans.

Mais il y a des malgaches qui restent plus de dix ans ?

A.R. : - Je ne ferai pas de commentaire là-dessus

La diplomatie, comment l’appréciez-vous sous ce régime ?

A.R. : - Le Général Marcel Ranjeva fait preuve d’aisance à la tête de la diplomatie malgache. Primo, en quelques mois, il a pu asseoir la reconnaissance du régime Ravalomanana. Secundo, Madagascar avait une position politiquement correcte lors des attaques américaines en Irak. Tertio, l’axe Moscou-New Delhi-Pékin jouera un rôle de plus en plus prépondérant sur l’échiquier international, or Madagascar y est de plus en plus actif. Enfin et non des moindres, la tenue des deux sommets de Chefs d’Etat africains et francophones à Antananarivo est incontestablement un grande victoire de la diplomatie malgache.

Beaucoup critiquent les gros salaires de nos diplomates

A.R. : - Gros salaires par rapport aux malgaches qui travaillent à Madagascar ? En fait, que souhaitons-nous que nos Représentations représentent ? Le fonctionnement d’une chancellerie nécessite beaucoup de moyens, surtout pour les Pays en voie de développement. C’est le coût d’une Représentation.

Un mot sur la nouvelle orientation de la diplomatie au service de l’économie

A.R. : - Selon cette nouvelle orientation, sans minimiser les rapports d’Etat à Etat, la diplomatie intègre les relations avec le secteur privé et la société civile. C’est une démarche dynamique qui secoue les vieilles habitudes bureaucratiques.

Des investisseurs arrivent à Madagascar et repartent après...

A.R. :- Il y a ceux qui restent comme QMM à Taolagnaro, Sheritt à Ambatovy, Total à Bemolanga, et j’en passe. Oui, vous les amenez ici pour voir et prendre contact, mais vous ne pouvez pas les retenir de force. Pour la sécurisation de leurs investissements, ils ont leurs contraintes et leurs stratégies. Attirer et fixer les investisseurs, c’est un travail collectif entre nous qui sommes ici et nos diplomates à l’extérieur. Aujoud’hui, nous devons redoubler de vigilance face à la crise qui entraîne des dérèglements démesurés de l’économie mondiale.

Mais au contraire, cette crise est bénéfique pour Madagascar d’après le Président Ravalomanana

A.R. : - Vous voulez toujours titiller le Président n’est-ce pas ? Il a parlé d’un cas ponctuel à court terme concernant la possibilité de freiner l’importation de mains d’œuvres étrangères au profit des ressources locales. Les symptômes de cette crise venant des USA perturbent déjà l’économie des pays occidentaux. Plusieurs experts en économie reconnaissent qu’ils ne sont pas pour le moment en mesure de prévoir l’évolution de la crise. L’Afrique avec sa population passant de 800 millions à 2,5 milliards d’habitants d’ici 50 ans doit observer l’évolution avec prudence.
Mais au-delà de ce tsunami financier, ce qui est aussi inquiétant c’est la menace d’un tsunami climatique qui risque à travers les dérèglements du climat, de plonger l’humanité dans des difficultés graves.

Pouvez-vous nous faire un bilan de la Représentation diplomatique malgache à Moscou ?

A.R. : - Il est indécent de ma part de vous dresser ce bilan. Par contre, je peux vous parler du
contexte dans lequel nos diplomates travaillent.
Depuis 1991,1a Russie a tourné défitivement la page du socialisme. Entrainée par la mondialisation, elle transite vers l’économie du marché. Je souligne qu’en 17 ans, ce n’est pas une mince affaire de négocier ce virage à 90°. L’organisation patronale se met en place tout doucement ainsi que la définition des régles de jeux dans le monde des affaires. Les infrastructures, les logements, les hôpitaux, les écoles sont à réhabiliter. Sauf dans
quelques secteurs, les investisseurs russes préfèrent investir à l’intérieur qu’à l’extérieur de
la Russie. Ansi, ils arrivent à faire tourner rapidement leur argent avec moins de risque.
Ceci étant, nous verrons bientôt des investisseurs russes frapper à notre porte. Si de notre côté, nous avions aussi tourné la page de l’image de la Russie de Lénine, nous serions mieux disponibles à les accueillir.

Vous parlez de la Russie de Lénine alors que Poutine est vu comme le confirmateur du passé

A.R. : - Je pense que c’est un jugement à la fois gratuit et totalement faux. Poutine est le grand réformateur de la Russie moderne. C’est vrai que durant les 15 premières années de la période post socialiste, le Pouvoir en Russie cherchait ses marques. Aujourd’hui, le régime Poutine-Medvedev commence à élever la voix, sans complexe, sur la scène internationale, en vue de la renaissance de la grandeur russe. Je reconnais que ceci ne plait pas à tout le monde.

Revenons à Madagascar. Vous êtes ici depuis une semaine. Vos impressions sur les malgaches et les hommes politiques.

A.R. : - Je ne veux pas donner des avis superficiels. Donnez moi le temps de voir, de circuler, d’écouter. Vous savez, j’avais toujours un grand respect des personnes qui s’investissent dans la politique, dans les syndicats, dans les organisations de la société civile. Ce sont des gens qui paient de leur temps, mais même pour certains, de leur vie. Ils méritent respect quel que soit le terrain où ils s’engagent.

Qu’allez-vous faire maintenant ? Allez-vous travailler avec le Président Ravalomanana ?

A.R. : - Je retourne à l’université ou je ferai autre chose. Travailler avec le Président, ce n’est pas imterdit, je pense. A l’extérieur, l’image du Président Ravalomanana est globalement positive. Il représente le symbole de la réussite. Pour l’opinion internationale, sa réussite personnelle peut être le moteur de la réussite nationale compte tenu de sa fonction. À l’intérieur, des dysfonctionnements existent, bien sûr, mais je constate que le Président a l’art de durer et de ne pas faire du sur place. Ensemble, je suis certain que nous avancerons plus vite dans le développement de notre pays et l’amélioration de la vie des Malgaches.

Recueilli par RAW

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