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jeudi 9 juillet 2020
Antananarivo | 11h27
 

Reportage

Exploitation sexuelle à Ilakaka

Un Sri-Lankais, sous mandat de dépôt

mardi 4 novembre 2008

L’exploitation sexuelle des enfants à Ilakaka, commune de Ranohira constitue l’une des pires formes manifestes du travail des enfants. Cette zone de saphir où la présence de nombreux étrangers surtout de nationalités sri-Lankaise et thaïlandaise se passe de commentaires.

Un Sri-Lankais vient d’être placé sous mandat de dépôt suite à un viol sur une mineure de 13 ans. Cet enfant était amené par cet étranger chez lui par tromperie dans le but d’assouvir des désirs sexuels et charnels. Actuellement, des bruits courent selon lesquels on tenterait de soudoyer ses parents avec une somme d’Ar 5 millions, paraît-il, afin qu’ils acceptent de retirer la plainte et d’arranger l’affaire à l’amiable afin d’éviter un procès pouvant aboutir à des condamnations. Des sources concordantes laissent entendre que les parents seraient en train d’accepter l’offre, compte tenu d’une situation financière précaire dans laquelle ils se trouvent.

Talilisoa est contre

C’est ainsi qu’intervient une association dite « Talilisoa » épaulée par le Programme International sur l’élimination du travail des enfants (IPEC) du BIT (Bureau International du Travail) qui milite contre les pires formes du travail des enfants. Par conséquent, cette dernière dénonce avec vigueur tout arrangement à l’amiable d’une telle affaire qui porte gravement atteinte aux droits des enfants.
Cette association a procédé à des projets relatifs à la prévention et au retrait des enfants des pires formes de travail dans les mines, l’ESEC (Exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales) et la domesticité à Ilakaka, notamment dans les fokontany d’Andohan’Ilakaka, de Bepeha et de Manombokely, commune Ranohira.

Ar 10.000 à 100.000 par nuit

Toujours à propos de l’exploitation sexuelle des enfants, des jeunes filles gagnent entre Ar 10.000 à 100.000 par nuit, selon des informations recueillies sur place. Il y a également celles qui sont victimes d’un mariage précoce à partir de 14 ans dont la plupart se trouvent dans une situation de concubinage. Dans la foulée, le cas de viol n’est pas à exclure. Selon Dr Andrianaivo Herinome Benjamina, premier responsable du CSB II d’Andohan’Ilakaka, six cas de viol ont été dénoncés et enregistrés depuis janvier 2008.

Témoignages de la petite Rita

« Originaire d’Antsiranana, je suis arrivée ici à Ilakaka, il y a trois ans, pour accompagner mon père travaillant aux mines de saphir. J’étais victime d’une exploitation sexuelle perpétrée par un Sri-Lankais à l’âge de 15 ans. Cet étranger était venu chez nous pour proposer à mon père notre mariage. Par la suite, il m’a invité chez lui pour discuter de notre union alors que la réalité était tout autre. Il m’a forcé à passer au rapport … sexuel. Après m’avoir défloré, il a envoyé quelqu’un pour lui remettre une somme d’Ar 200.000 à mon père puis il s’est éclipsé définitivement. J’ai entendu dire par une tierce personne qu’il y a une certaine association « Talilisoa » qui dispense gratuitement une formation professionnelle au profit des jeunes filles dont surtout celles qui sont victimes d’une exploitation sexuelle. J’ai décidé d’y adhérer. En ce moment, j’ai terminé avec succès ma formation en guide-ménagère et j’attends le certificat y afférent pour pouvoir s’en servir à des fins utiles, soit à l’hôtellerie ou à la restauration ».

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