L’homme d’affaires Mamy Ravatomanga a passé sa première nuit derrière les barreaux au Moka Detention Centre à Maurice. Interpellé dans le cadre d’une enquête financière, il a été placé en cellule ce vendredi 28 novembre, alors que la procédure s’accélère devant la justice de Port-Louis.
La veille, la Financial Crimes Commission (FCC) a saisi le tribunal d’une requête visant à faire transférer le suspect à la prison centrale de Beau-Bassin. L’instance estime que ce lieu de détention, mieux adapté au régime carcéral de longue durée, garantit la disponibilité des services nécessaires à la gestion d’un dossier jugé sensible. Mamy Ravatomanga comparaît sous une accusation provisoire d’entente délictueuse. À celle-ci s’ajoutent deux chefs distincts de blanchiment d’argent, qui fondent les poursuites en cours devant le tribunal de Port-Louis.
Au cœur de l’audience tenue hier, l’état de santé du prévenu a dominé les débats. Le tribunal a entendu le Dr Mamode Aniffkhan Yearoo, médecin traitant de Mamy Ravatomanga, venu exposer l’historique médical de son patient et les risques associés à un changement de lieu de détention. À la barre également, l’assistant-surintendant des prisons Alex Casimir, affecté à la prison de Melrose, a détaillé les services médicaux disponibles en milieu carcéral, ainsi que les modalités de prise en charge en cas d’urgence.
À la sortie de la salle d’audience, Me Siddhartha Hawoldar, l’un des avocats de Mamy Ravatomanga, a insisté sur la fragilité clinique de son client. Selon lui, le Dr Yearoo a déclaré au tribunal que l’état général du détenu était trop précaire pour permettre un transfert à Beau-Bassin sans danger. La défense s’appuie aussi sur l’avis du cardiologue du patient, qui le juge « unfit to attend court », c’est-à-dire inapte à comparaître pour le moment.
Le tribunal n’a pas tranché immédiatement. Il doit se prononcer sur la demande de transfert et sur les conditions de détention lors de l’audience fixée au lundi 1er décembre. D’ici là, Mamy Ravatomanga demeure au Moka Detention Centre, sous surveillance et suivi médical renforcé.
D’après le quotidien l’Express.mu, ce sont les personnes arrêtées par le Central Criminal Investigation Department dans des high profile cases qui sont, pour la plupart, transférées à ce centre de détention considéré comme VIP.
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