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Divers

Riziculture

Les nouveaux procédés d’Ivohibe

mercredi 13 octobre 2010 | Mona M.

Eviter une catastrophe nationale sans utiliser plus d’espace de culture et sans détruire plus de forêt ? C’est le défi que devra relever Madagascar dans les années qui viennent. Sa population, actuellement estimée à 20 millions d’habitants, devrait en effet doubler d’ici 2025. Et il faudra nourrir tout ce monde, alors même que la malnutrition est déjà chose courante sur la Grande Île, et que les champs de riz forgent les paysages, gagnant de plus en plus sur les forêts.

Pour le WWF, la solution serait d’intensifier les cultures de riz pour fournir à chaque malgache les 120 kilos de riz qu’il ingurgite chaque année, tout en préservant la biodiversité. Le projet SRI (System of rice intensification) est actuellement testé par l’ONG à Ivohibe, petite ville de 40 000 habitants, située dans la région d’Atsinanana. D’après Patrick, cadre technique du WWF, le concept du SRI est très simple : « Il s’agit de planter les jeunes pousses de riz lorsqu’elles ont seulement deux feuilles. Mais le plus important est de mettre un seul plant dans chaque trou et de laisser 30 à 40 centimètres entre les plants. De cette manière, les pousses grandissent mieux et produisent plus de riz. Enfin, dernier conseil mais pas le moindre, il ne faut pas noyer les plants ; le riz n’est pas une plante aquatique ! ».

A Ivohibe, les fermiers « mpamboly vary » étaient au départ sceptiques, la méthode SRI étant très différente des pratiques traditionnelles, qui veulent que la plantation intervienne un mois entier après la germination des graines, que dans chaque trou soient plantés deux plants, et que les trous ne soient pas à plus de 10 cm l’un de l’autre. Mais la méthode commence à porter ses fruits. Ainsi, Philbert Randriamanantsoa, le président d’une association de producteurs de riz d’Ivohibe, vient de réaliser la première récolte de ses 12 hectares de riz « façon SRI » : « J’ai récolté 9 tonnes de riz à l’hectare, alors que selon les méthodes normales, le rendement maximum ne dépasse jamais les 2 tonnes », témoigne-t-il, indiquant que pour la prochaine saison, il laissera plus de surface à la méthode SRI, et espère un rendement de 14 tonnes à l’hectare.

Cet exemple, parmi d’autres, a fortement contribué à vaincre la méfiance tenace des producteurs à l’égard de cette nouvelle méthode. La méthode SRI est actuellement pratiquée par 37 producteurs à Ivohibe, et le personnel du WWF espère qu’elle fera encore des adeptes, et provoquera même « une avalanche, une révolution rizicole ».

Pour l’ONG, les impacts positifs du SRI sur l’environnement peuvent déjà être observés autour d’Ivohibe : la déforestation s’est ralentie, car les producteurs ont besoin de moins d’espace. Mieux, les gains entraînés par ce meilleur rendement leur permettent de monter des projets de reforestation. « Avec l’estomac plein, les gens peuvent aller de l’avant et penser à la préservation de leurs richesses », conclut l’ONG.

5 commentaires

Vos commentaires

  • 13 octobre 2010 à 16:32 | meloky (#637)

    Que cette pratique sévit davantage partout dans l’île grace aux organes conscients pour le développement et aux peuples enthousiastiques à la vie meilleure !!!

  • 13 octobre 2010 à 19:50 | rabri (#2507)

    1)pour Mona M. la paternité du SRI revient au père jésuite De Laulanié qui a découvert le SRI en 1985 à Mada et a laissé cet héritage à l’association TEFYSAINA. Donc SRI est plutôt la contraction de "Système de Riziculture Intensive" et non la dénomination en anglais que vous utilisez dans l’article

    2) « Ainsi, Philbert Randriamanantsoa, le président d’une association de producteurs de riz d’Ivohibe, vient de réaliser la première récolte de ses 12 hectares de riz « façon SRI » ».
    Cet exemple montre bien qu’un agriculteur indépendant arrive à gérer la conduite technique et la récolte issue de 12 ha de rizière en SRI. Car on entend ici et là de la part des détracteurs de cette technique qu’à Mada, la vulgarisation du SRI est limitée sur des petites surfaces (que ces gens-là qualifient de « jardinage » !!!!!!).

    En plus, c’est TRES ETONNANT qu’une telle technique qui pourrait faire de Madagascar le grenier à riz de l’Afrique toute entière n’a jamais eu le soutien de la Coopération française à travers l’AFD. Pourquoi ?? le CIRAD (organisme français de recherche agronomique très présent à Mada) trouve plutôt ses intérêts dans la technique du semis direct qui n’a pas encore fait ses preuves à l’échelle expérimentale et réelle à Mada et détourne l’attention de l’AFD vis-à-vis du SRI

    Conclusion : cet exemple montre bien qu’une coopération bilatérale ne va pas systématiquement dans l’intérêt total du pays aidé

    • 14 octobre 2010 à 00:37 | SMAD (#4803) répond à rabri

      De 2007 à 2009 le SMAD (service militaire d’action au développement) du Commandement des forces armées malgaches a essayé de développer cette technique de mise en culture du riz à Bémanta au nord d’Ambositra, mais aussi dans d’autres unités agricoles des forces de développement situées dans différentes régions de Madagascar. Le SMAD était majoritairement financé par la France et l’Europe via la région Réunion. Sur le terrain deux coopérants français participaient activement à la vulgarisation de la technique mise au point par le père de Laulanié.

    • 14 octobre 2010 à 11:08 | rabri (#2507) répond à SMAD

      Tant mieux pour vous si vous avez pu obtenir qque chose mais malheureusement, c’est un saupoudrage de la part de la France et l’UE pour ce projet SRI même s’ils savent pertinemment que cette technique du SRI est la meilleure pour aider Mada à réaliser l’autosuffisance en riz et à en redevenir un pays exportateur.

      La technique du semis direct, à travers l’appui technique du CIRAD, reçoit actuellement le plus gros du financement français et UE via l’AFD alors que le rendement sur le terrain est de seulement 3 à 4 tonnes /ha, comparé au SRI (12 t/ha pour l’agriculteur cité dans l’article) mais pouvant aller jusqu’à 23t/ha (voir www.tefysaina.org). Cherchez donc l’erreur !!!!!

  • 15 octobre 2010 à 11:08 | Tsimba (#4811)

    L’effort de WWF sur le SRI est appréciable. Le SRI ne doit pas être une matière pour rechercher de popularité ni d’autre chose extérieure au développement du monde rural de Madagascar. Il est un outil concret pour aider nos paysans à comprendre leur environnement. La conviction et enthousiasme sont deux chose indissociables. Si l’on vise la motivation des gens il faut les ressortir de l’habitude vers l’observation critique et constructive. Quatre matières doivent être inclut dans la dissémination du SRI qui sont : L’éducation, la Science des être vivant, la psychologie, l’économie. Ainsi chaque domaine peut en tirer leur part si ils ont le sens qu’il est important de faire développer le pays à travers le SRI.

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