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mercredi 27 mai 2020
Antananarivo | 15h59
 

Economie

Banque Mondiale

Le coronavirus entraîne l’Afrique subsaharienne vers sa première récession depuis 25 ans

vendredi 10 avril | Mandimbisoa R.

La banque mondiale a rendu public hier son premier rapport très alarmant sur l’impact économique du Covid-19 dans la région Afrique. Ce rapport a évoqué que cette pandémie entraîne l’Afrique subsaharienne, y compris Madagascar, vers sa première récession depuis 25 ans. En effet, la croissance y est « touchée de plein fouet par la pandémie de coronavirus et devrait se rétracter fortement entre 2019 et 2020, passant de 2,4 % à une fourchette comprise entre -2,1 et -5,1 % ».

« La pandémie de Covid-19 teste les limites des sociétés et des économies du monde entier, et elle risque de porter un coup particulièrement dur aux pays africains », déclare Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique. « Nous mobilisons un maximum de ressources pour aider les pays à répondre aux besoins médicaux immédiats et essentiels à la survie de leur population. C’est pourquoi nous appelons les créanciers bilatéraux officiels à un moratoire du service de la dette qui permettrait de libérer des liquidités indispensables pour renforcer les services de santé afin de faire face au COVID-19 et sauver des vies, financer les filets de protection sociale pour préserver les moyens de subsistance, aider les travailleurs qui ont perdu leur emploi, soutenir les petites et moyennes entreprises et assurer la sécurité alimentaire. »

Les auteurs du rapport recommandent ainsi aux décideurs africains de concentrer leur stratégie sur l’objectif de sauver des vies et de protéger les moyens de subsistance, en s’attachant à renforcer les systèmes de santé et à réagir rapidement pour minimiser les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement alimentaire. Ils préconisent également de déployer des programmes de protection sociale, en recourant notamment aux transferts monétaires, à des distributions d’aliments et des dispenses de redevances, afin de venir en aide aux ménages et, en particulier, aux travailleurs du secteur informel.

L’analyse chiffre les pertes de production liées à la pandémie de Covid-19 entre 37 et 79 milliards de dollars en 2020, sous l’effet conjugué de plusieurs facteurs : la désorganisation des échanges et des chaînes de valeur, qui pénalise les exportateurs de produits de base et les pays fortement intégrés dans les filières mondiales ; la réduction des flux de financement étrangers (transferts de fonds des migrants, recettes touristiques, investissements directs étrangers, aide étrangère) et la fuite des capitaux ; l’impact direct de la pandémie sur les systèmes de santé ; et les perturbations consécutives aux mesures de confinement et à la réaction de la population.

Les auteurs insistent sur la nécessité d’apporter une réponse politique adaptée reflétant la structure des économies africaines (notamment la place importante du secteur informel) et les contraintes spécifiques auxquelles sont confrontés actuellement les responsables politiques, en particulier la réduction des marges de manœuvre budgétaires, les risques accrus de surendettement et le manque global de capacités opérationnelles pour répondre à la crise.

Par ailleurs, le Groupe de la Banque mondiale prend des mesures rapides et de grande envergure en vue d’aider les pays en développement à renforcer leur action contre la pandémie et à améliorer la veille sanitaire et les interventions de santé publique, tout en soutenant le secteur privé pour permettre aux entreprises de poursuivre leurs activités et maintenir les emplois. Il prévoit d’apporter jusqu’à 160 milliards de dollars de financements au cours des 15 prochains mois, afin d’aider les pays à protéger les populations pauvres et vulnérables, soutenir les entreprises et favoriser le redressement de l’économie.

7 commentaires

Vos commentaires

  • 10 avril à 08:55 | plus qu’hier et moins que demain (#6149)

    Assalaamo alaikoum

    Voilà que les autres s’inquiètent plus de notre situation économique que nos dirigeants eux-mêmes : C’est le monde à l’envers, covid-19 oblige n’est-ce pas ?
    Leurs analyses portent surtout sur les flux économiques et financiers mondiaux tandis que ceux de nos dirigeants doivent se porter sur les données socio-économico-financières internes entres autres l’inflation, le pouvoir d’achat, les revenus et la circulation des biens et des personnes (les vaisseaux sanguins de l’économie d’un pays).

  • 10 avril à 10:04 | vatomena (#8391)

    60 ans que les nations majeures déversent chaque année des milliards en faveur de pays dits sous développés ou émergents—sans grands résultats apparemment.—C’est une véritable saignée que subissent les peuples dits développés.La France ,pays déjà ultra endetté,,débloque encore plus d’un milliard pour secourir l’Afrique ,elle aussi ,sous la menace du coronavirus.Les résultats attendus ne sont jamais à la hauteur des espérances. Le seul développement visible c’est la démographie.L’ Afrique passe de 300 millions d’habitants à plus de un milliard et Madagascar de 5 à 6 millions à 25 millions.Cela fait autant de désespérés qui risquent leur vie pour émigrer vers les pays du Nord.

    • 10 avril à 10:45 | betoko (#413) répond à vatomena

      Depuis que les pays les pays africains francophones et Madagascar ne sont plus colonisés par la France , La France s’endette de plus en plus , vous l’aviez souligné
      Trouvez l’erreur
      Avec 25 millions d’habitants Madagascar n’est pas surpeuplé

    • 10 avril à 11:24 | Tsisdinika (#3548) répond à vatomena

      Y-a-t-il réellement une volonté d’aider les pays pauvres à s’en sortir ? Pourquoi les pays riches ne prêtent que des sommes dérisoires à l’échelle d’une nation en invoquant la faible capacité d’absorption ou les détournements alors qu’ils ont les moyens de régler ces deux obstacles, notamment en faisant barrage aux dictateurs (ils ont bien éliminé Saddam et Khaddafi et écarté le Shah ?)

      Imaginez surtout un monde où les monnaies papier, électronique, scripturale, et tout ce qui a un caractère fiduciaire, n’ont plus aucune valeur. Qu’est ce qui définirait désormais un riche et un pauvre ?

      À l’heure où toutes les économies nationales de la planète vont entrer en récession parce que le Pib est en chute libre, pourrait-on encore accorder foi à un bout de papier imprimé par un pays ou une fédération alors que les planches à billets tournent sans tenir compte d’une vraie contrevaleur physique ?

      Vatomena, si vous pensez que vous êtes saigné par la ponction de ce milliard, bouffez-le votre papier, on verra si vous en serez rassasié.

  • 10 avril à 10:46 | nez_gros (#10715)

    Donc, l’Afrique n’a jamiais été en récession depuis 25ans ?on se moque de qui ? La banque Mondiale prépare l’esprit pour endetter l’Afrique . Pour quelle raison ?

    La chine, La Russie, etc n’ont pas la banque mondiale. L’USA critique la banque Mondiale, tous ces pays sont riches.

    Aucun pays aidé par la BM et le FMI n’est jamais sorti de sa pauvreté

  • 10 avril à 11:38 | Vohitra (#7654)

    Miarahaba Tompoko,

    Olona tsy vahiny fa mahafantatra tsara an’i Madagasikara ity miteny eto ity, Hafez Ghanem, ilay teratany avy any Egypte solontena maharitra teto amintsika fahiny, ary izao tatitra sy fanambarany izao amin’ny ankapobeny dia tsy niova sy tsy misy fivoarany, efa toy izao hatrany ny filazany hatrizay na nisy na tsy nisy ny aretimandoza…ny hita mba azo tsinjovina angamba dia ny tarehimarika mikasika ny mety ho fiantraikan’ny fiaraha-miasa sy ny fanapahankevitra horaisin’ireo mpampindrambola aorian’izao valanaretina mihanaka izao.

    Ho an’ny Firenena marefo sy fadiranovana toa an’i Madagasikara, dia misy lesona lehibe azo tsoahina amin’izao zavamitranga izao : ho sahirana eto foana isika raha ny fidirambola vahiny avy any ivelany no ataontsika ho tanjona lalandava sy laharampahamehana eto. Ilaina tokoa ny tahirimbola vahiny sy ny fampidirana vola sy fampiasambola vahiny, fa noho ny fahantrana mihoampampana sy ny fahoriambahoaka, dia tsy tokony izany aloha no atao ho laharampahamehana eto.

    Tsy ny fizahantany, tsy ny fitrandrahana akora sy harena ambanin’ny tany, tsy ny fanondranana akora fototra, tsy ireo velively akory no laharampahamehana raha mbola ny 20 taona ho avy no hobanjinina. Nanaporofo izany ilay singambolo nandavo ny vositra dia ny coronavirus…

    Samy manana ny endrika sy masontsivana hitarafana ny antsoina hoe fandrosoana sy fivoarana ny firenena tsirairay, ho an’i Madagasikara, amin’ny fahatsorana sy fanetrentena, dia telo amiko no endrika tokony hitarafana izany :

    -  Vahoaka voky sy ampy sakafo
    -  Mponina salama sy voakolokolo ara-pahasalamana
    -  Mpiasampanjakana manompo vahoaka

    Ireo izany no tokony apetraka ho tanjona manomboka eto, ary tokony miainga amin’izany ny politika entin’ny fanjakana, izay mifototra amin’ny fitsinjarampahefana tena izy ny fanatanterahana izany.

    Raha ireo no tanjona, dia ny vokatra andrasana izany dia :

    -  Mahazo fahafahampo sy ampy ny famatsiana ny tsena anatiny sy ny filan’ny vahoaka mikasika ny vokatra amin’ny fambolena, fiompiana, ary ny jono, ny tsena anatiny aloha izay vao ny tsena ivelany
    -  Manakaiky ny vahoaka ary ampy ny hoenti-manana (fiataovana, fanafody, mpitsabo) eny amin’ny toeram-pitsaboana, na ny eny antanandehibe na ny eny ambanivohitra, ary tontolo fivelomana ara-pahasalamana no onenana
    -  Manampy sy mamaha olana iainan’ny vahoaka mivantana ny mpiasampanjakana sy ny asampanjakana isamparitra, tsy andoavana vola na mirary tokoa ny asampanjakana, ary tsara kalitao

    Miainga eo isika vao tokony hamaritra ireo tetikasa sy asa rehetra atao ho laharampahamehana handaniana ny volampanjakana, ary hitsinjovana ny tena mahasoa ny vahoaka.

    Fehiny : tokony miainga avy aty amin’ny Malagasy ny tetikasa rehetra aroso indramambola any amin’ireo mpampindrambola rehetra, ary isika Malagasy no mamaritra mazava ny tondro sy ny masontsivana hilazana fa mahomby sy tanteraka araka ny tanjona ny tetikasa tanterahana rehetra. Tsy maintsy mindrambola isika, koa noho izany, dia aoka izay heverina sy inoana fa hisy akony sy fiantraikany ao anatin’ny fohy sy antomotra ezaka no atao ho laharampahamehana.

    Avoahy amin’izay ireo atidoha sy manampahaizana ary, tsy tokony misy ary tsy azo ekena ny andrana sy ny tsapatsapa !

    Mankasitraka Tompoko

  • 10 avril à 13:50 | Besorongola (#10635)

    L’AFRIQUE N’EST PAS LE SEUL !
    Le coronavirus provoque « les pires conséquences économiques » depuis 1929, prévient le FMI

    www.nouvelobs.com Il y a 19 heures

    © Copyright 2020, L’Obs
    « La croissance mondiale va devenir fortement négative en 2020 », a prévenu ce jeudi le Fonds monétaire international.
    « Les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression » de 1929. C’est le sombre pronostic posé jeudi 9 avril par la directrice générale du FMI sur l’impact de la pandémie du coronavirus sur l’économie mondiale. « La croissance mondiale va devenir fortement négative en 2020 », a déclaré Kristalina Georgieva, sans avancer de chiffres, avant de dérouler un point sur la situation monétaire dans le monde.
    Une contraction du revenu par habitant attendue dans plus de 170 pays
    « Il y a tout juste trois mois, nous nous attendions à une croissance du revenu par habitant pour 160 de nos pays membres en 2020. Aujourd’hui, […] nous projetons que plus de 170 pays vont expérimenter une contraction du revenu par habitant », a affirmé Kristalina Georgieva lors de son discours prononcé en amont des réunions de printemps qui se tiendront en mode virtuel, par vidéoconférence, la semaine prochaine.
    Alors que le coronavirus, parti de Chine fin 2019, n’en finit pas de se propager dans le monde, les pays sont confrontés « à une incertitude extraordinaire sur la profondeur et la durée de cette crise », a-t-elle insisté.
    Une « reprise partielle » possible en 2021

    En conséquence, le Fonds anticipe au mieux une « reprise partielle » en 2021 à condition que la pandémie s’estompe au second semestre de cette année et que les mesures de confinement puissent être levées pour permettre une réouverture des commerces, des restaurants, une reprise du tourisme et de la consommation.
    Au contraire, 2021 pourrait s’avérer « pire » que 2020 si la pandémie devait durer.
    Les pays et travailleurs pauvres durement touchés
    Sans surprise, ce sont les travailleurs les plus précaires qui souffrent le plus. Aux Etats-Unis, ce sont 10 millions de personnes qui ont pointé au chômage pour les deux dernières semaines de mars.
    Les pays à faibles revenus ou émergents en Afrique, en Amérique latine et en Asie « sont à hauts risques », a en outre poursuivi Kristalina Georgieva. Au cours des deux derniers mois, les sorties de capitaux depuis les économies émergentes se sont élevées à quelque 100 milliards de dollars, soit plus du triple que pour la période équivalente de la crise financière de 2008.
    Eviter à tout prix les problèmes de solvabilité
    Kristalina Georgieva a en outre exhorté à continuer de protéger les personnes et les entreprises avec des mesures budgétaires et financières ciblées, telles que les subventions de salaires, les reports d’impôts, l’extension de l’assurance chômage.
    « Nous devons éviter que des pressions sur les liquidités ne se transforment en problème de solvabilité », ce qui laisserait « une cicatrice sur l’économie mondiale qui rendrait bien plus difficile la reprise ».
    Préparer la reprise
    Elle a aussi appelé les gouvernements à préparer la reprise. Ceci nécessite d’envisager « avec prudence »le moment où les restrictions seront levées.
    Selon elle, à mesure que les plans de stabilisation de l’économie vont prendre effet et que l’activité des entreprises va commencer à se normaliser, il faudra agir « rapidement pour dynamiser la demande », via « une action budgétaire coordonnée ».
    Le FMI a rappelé qu’il disposait de 1 000 milliards de dollars de capacités de prêt.
    Elle a aussi comptabilisé que les pays avaient au total pris des mesures d’aide économique représentant environ 8 000 milliards de dollars.
    Aux Etats-Unis, première économie du monde, le président Donald Trump a déjà promulgué un gigantesque paquet d’aides de 2 200 milliards de dollars. Pour autant, avec l’arrêt forcé de l’activité d’une multitude de petites entreprises, certains économistes s’attendent à une contraction du produit intérieur brut allant jusqu’à 15 % au deuxième trimestre.
    La priorité numéro 1 : sauver la vie des populations
    Bien que l’impact économique soit particulièrement sévère, Kristalina Georgieva a estimé qu’il n’y avait pas de dilemme à avoir entre sauver la vie des populations et sauvegarder les moyens de subsistance.
    Pour elle, la priorité numéro 1 doit être de « poursuivre les mesures de confinement essentielles et de soutenir les systèmes de santé ».
    - 6 % de PIB au premier semestre en France
    En France, les premières données ont fait apparaître un effondrement du PIB de 6 % au premier trimestre, soit la pire performance trimestrielle depuis 1945.
    De son côté, la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde a estimé jeudi matin sur France-Inter que « l’économie française, les économies de la zone euro, pour chaque semaine de confinement, rétrécissent un peu, de 2 à 3 % du PIB. Plus cela dure, plus le rétrécissement de l’économie est important ».
    Parallèlement, les principaux instituts économiques allemands ont prévu que l’Allemagne, principale économie de la zone euro, plonge de 9,8 % au deuxième trimestre, soit le double de la contraction enregistrée au premier trimestre 2009 ayant suivi la crise financière.
    Le FMI doit publier mardi prochain ses prévisions chiffrées pour les principaux pays et régions du monde.

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