Depuis son accession à la tête de la Refondation de la République, le président Michaël Randrianirina imprime progressivement une nouvelle orientation à la politique étrangère de Madagascar. Ses récentes sorties diplomatiques, marquées par des déplacements successifs à Dubaï, Abu Dhabi et actuellement en Afrique du Sud, traduisent une volonté assumée de repositionner le pays sur l’échiquier géopolitique international, en se rapprochant davantage des pays émergents et industriels, notamment ceux regroupés au sein du BRICS, ainsi que des puissances influentes du Moyen-Orient.
La visite de travail effectuée en Afrique du Sud, au cours de laquelle le président de la Refondation a été reçu par son homologue Cyril Ramaphosa à Pretoria, s’inscrit dans cette dynamique. L’Afrique du Sud, membre fondateur du BRICS, constitue un partenaire stratégique majeur sur le continent africain. Les échanges entre les deux chefs d’État ont porté sur le renforcement des relations diplomatiques bilatérales, établies depuis 1994, ainsi que sur la modernisation des accords de coopération dans des secteurs clés tels que le transport aérien, le commerce maritime, la science et la technologie.
Ce rapprochement avec Pretoria intervient après une série de déplacements remarqués au Moyen-Orient, notamment aux Émirats arabes unis. À l’issue de son dernier séjour à Abu Dhabi, des accords de coopération avec la Chine ont été signés, illustrant l’intensification des relations avec Pékin, acteur central du BRICS et partenaire économique de premier plan sur le continent africain. Ces accords concerneraient principalement les domaines des infrastructures, des investissements stratégiques et de la coopération économique, dans un contexte où Madagascar cherche à diversifier ses partenariats et ses sources de financement.
Parallèlement, la Refondation semble également miser sur un renforcement de l’alliance militaire avec la Russie, autre pilier du BRICS. Cette orientation marque une inflexion notable par rapport aux partenariats traditionnels et traduit une volonté de renforcer les capacités de défense et de sécurité nationale à travers une coopération jugée plus équilibrée par les nouvelles autorités.
À travers ces choix, le président de la Refondation affiche une diplomatie résolument pragmatique et multipolaire, cherchant à s’affranchir d’une dépendance exclusive vis-à-vis des partenaires occidentaux. L’ouverture vers le BRICS et le Moyen-Orient apparaît ainsi comme une stratégie visant à offrir à Madagascar de nouvelles marges de manœuvre économiques, politiques et sécuritaires, dans un contexte mondial marqué par la recomposition des équilibres de puissance.
Reste à savoir si cette réorientation diplomatique saura produire des retombées concrètes pour le pays et s’inscrire durablement dans une vision cohérente de développement. Pour l’heure, elle confirme la volonté des autorités issues de la Refondation de redéfinir la place de Madagascar dans un monde de plus en plus structuré autour de pôles d’influence concurrents.
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