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Antananarivo | 21h42
 

Politique

Zakahely Boniface

Incarcéré à Ambalatavoangy

mardi 27 mai 2008 | Eugène R., Gilbert R.

Zakahely Boniface a bel et bien été arrêté dimanche dernier en fin d’après-midi. C’est le procureur général de la Cour d’Appel de Toamasina qui nous l’a confirmé. Il en a d’ailleurs donné les explications qui s’avèrent être éloignées des motivations politiques qu’on prête à cet acte judiciaire.

C’est le jeudi 15 mai 2008 que le procureur général de la Cour d’Appel de Toamasina fait parvenir à la gendarmerie de Fénérive Est l’ordre de procéder à l’arrestation de l’homme. Mais sans doute intimidé par le poids politique du concerné, le groupement de Fénérive-Est a préféré transmettre le dossier au Commandement Interrégional de la Gendarmerie Nationale de Toamasina (CIRGN) qui s’est exécuté. Des éléments ont alors été déplacés à Antananarivo, lieu de résidence de Zakahely Boniface, à Itaosy, pour l’arrêter. Avec une recommandation expresse du Procureur général :
« Surtout pas de violence ! ». Le statut parlementaire de la cible ne pouvait pas le protéger, a-t-il été expliqué aux gendarmes. En effet, le coupable était sous le coup d’une condamnation depuis fin 2007 pour « coups et blessures volontaires » sur autrui. Lors d’une soirée dansante dans son fief, à Mananara Nord, il avait jeté une bouteille plastique contre un adversaire politique local, puis frappé ensuite le même homme par deux fois avec une bouteille en verre et l’avait blessé. L’explication qu’il avait donnée au tribunal de première instance était que
« l’autre n’avait pas le droit de le regarder parce qu’il était une autorité », car il était député du district. Ayant perdu son procès, il fit appel mais le tribunal confirma sa faute et commua son sursis de 30 mois en un emprisonnement de 30 mois ferme. Mais le coupable, non satisfait, demanda cassation, démarche irrecevable parce que ni lui, ni son avocat, ne prirent la peine de présenter le mémorandum exigé par le pourvoi en cassation. Ce fut le 7 novembre 2007. Et depuis, il court avec ces 30 mois fermes en épée de Damoclès. Epée que le Procureur général vient de faire tomber sur sa tête.

C’est donc bien le citoyen Zakahely, coupable de coups et blessures volontaires sur autrui, qui vient d’être arraisonné. Le statut de parlementaire ne joue pas parce qu’il a commis la faute en acte extra-service de parlementaire, au cours d’une soirée dansante.

D’après le Procureur général , Zakahely Boniface attend par ailleurs le verdict de la Cour de Cassation pour une affaire qui remonte à 2002. Avec des compagnons, il avait volontairement cassé plusieurs voitures d’adversaires politiques dans les rues d’Antananarivo, au su et au vu de tout le monde. Le verdict est attendu.

Incarcéré à Ambalatavoangy

Le député Zakahely Boniface a été placé sous mandat de dépôt à la prison d’Ambalatavoangy (Toamasina), immédiatement après son arrestation à Itaosy (Antananarivo). Le choix de la prison d’Ambalatavoangy s’explique par le fait que l’affaire pour laquelle Zakahely Boniface a été incriminé s’est passée en 2003 à Mananara Avaratra, district de l’ex-province de Toamasina. Sur cette affaire qui l’opposait à un opérateur économique de Mananara Avaratra, le député Zakahely Boniface a été condamné par le tribunal de première instance de Maroantsetra à 30 mois de prison ferme. Cette peine a été confirmée par la Cour d’Appel de Toamasina. L’affaire est actuellement pendante devant la Cour de Cassation. Etant donné que le pourvoi n’a pas un effet suspensif, cet emprisonnement de l’élu de Mananara Avaratra n’est pas surprenant. Reste à savoir si l’arrestation de ce parlementaire a été effectuée dans le respect des dispositions constitutionnelles. Le groupe parlementaire Indépendant dont fait partie Zakahely Boniface à l’Assemblée nationale a déjà saisi le président Jacques Sylla sur cette arrestation. Me Jacques Sylla défendra-t-il celui considéré comme son adversaire politique direct du temps où il était Premier ministre ? On se souvient de cette scène qui s’est produite à l’époque à l’hémicycle et où le député Zakahely Boniface a publiquement accusé le Premier ministre Jacques Sylla pour être l’instigateur de l’harcèlement judiciaire dont il faisait l’objet.

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