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mardi 10 mars 2026
Antananarivo | 11h34
 

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Commune Urbaine d’Antananarivo : Harilala Ramanantsoa n’est plus maire

mardi 10 mars | Mandimbisoa R. |  365 visites  | 2 commentaires 

Une décision rendue par le Conseil d’État vient rebattre les cartes de la politique locale à Antananarivo. Réunie en audience publique, la Conseil d’Etat a invalidé les résultats des dernières élections municipales dans la capitale et a ordonné l’organisation d’un nouveau scrutin pour désigner le maire ainsi que les membres du Conseil municipal.

Le jugement entraîne l’annulation des suffrages attribués à la liste conduite par Harilala Ramanantsoa. De ce fait, l’édile de la capitale est automatiquement déchue de ses fonctions. La décision entraîne également la disparition du Conseil municipal de la Commune urbaine d’Antananarivo, plongeant la ville dans une phase de transition administrative.

À l’origine de la procédure se trouve le parti Tiako i Madagasikara (TIM), qui avait contesté les résultats du scrutin municipal du 11 décembre 2024. La requête avait été déposée au nom de leur candidat de l’époque, Tojo Ravalomanana. Les responsables du parti ont accueilli favorablement la décision de la haute juridiction, même si leur objectif initial était d’obtenir l’exclusion pure et simple de la liste victorieuse afin de permettre à leur candidat d’être proclamé maire.

Le Conseil d’État a toutefois retenu une autre option juridique : plutôt que de proclamer un nouveau vainqueur, il a estimé que les irrégularités relevées justifiaient l’annulation du vote et la reprise complète de l’élection.

Cette décision, déjà très commentée, prend une dimension particulièrement politique dans le contexte actuel. Elle intervient alors que le pays traverse une période institutionnelle incertaine sous l’autorité du régime de transition dirigé par le colonel Michaël Randrianirina.

Une question demeure désormais au centre des débats : ces nouvelles élections municipales auront-elles réellement lieu dans un avenir proche ? Le pouvoir transitoire a affirmé à plusieurs reprises que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) devait d’abord être recomposée avant toute nouvelle consultation électorale. Or cette recomposition dépend d’une concertation nationale qui n’a toujours pas été organisée et dont la perspective devient encore plus floue après la récente dissolution du gouvernement.

Dans ce climat d’incertitude, certains observateurs voient dans la décision du Conseil d’État une manière indirecte d’écarter deux figures politiques importantes de la capitale. D’une part, Harilala Ramanantsoa, associée à l’IRMAR de l’ancien président Andry Rajoelina. D’autre part, Tojo Ravalomanana, fils de l’ancien chef de l’État Marc Ravalomanana et figure montante du TIM. Au sein de l’entourage du pouvoir militaire, certains considèrent le clan Ravalomanana comme un possible rival lors d’une future présidentielle. Pourtant, Marc Ravalomanana lui-même a récemment affirmé que son parti soutient actuellement les autorités en place.

Reste désormais à savoir si Antananarivo se dirigera réellement vers de nouvelles élections ou si cette décision restera suspendue aux incertitudes politiques de la transition.

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2 commentaires

Vos commentaires

  • 10 mars à 10:07 | Jipo (#4988)

    Il me parait primordial de virer ces vieux crabes de la CENI avant toutes choses, (comme demandé depuis le début) le problème reste majeur , que faire de tous ces bras cassés qui ne vont jamais abandonner leur pouvoir de nuisances ?
    Les jeunes devraient nommer des représentants pour gérer collégialement ces institutions .
    Il n’ y a plus de temps à perdre et cette génération ne semble plus se contenter du moramora endémique , la génération du tout maintenant va bousculer ce lymphatisme caractéristique pour le plus grand bien du Pays .

    Répondre

  • 10 mars à 10:36 | Vohitra (#7654)

    Un fait anodin qui avait eu lieu il y a deux semaines déjà : la nomination en Conseil de ministre d’un adjoint au Préfet de police de la ville d’Antananarivo, le préfet est un administrateur civil et son adjoint est un militaire !

    Un signe prémonitoire qui a abouti à cette décision du Conseil d’État... pour dire, tout est déjà orchestré quelques parts, et eux, ils annoncent la musique, et appellent les autres à danser au rythme déjà choisi...

    Ils vont nommer incessamment une Délégation Spéciale pour diriger la capitale, avec ses membres fonctionnaires qui vont œuvrer de concert avec la Préfecture de police.

    N’oubliez pas l’histoire : c’est la révolte populaire ayant eu lieu dans la capitale qui avait amené à la fuite du Calife et la déchéance de son régime de kleptocrates et truffés de criminel.

    Et quoi qu’on dise, la force politique du laitier est indéniable dans la capitale Antananarivo.

    Et les malfrats politiques des deux derniers régimes politiques au pouvoir sont honnis et détestés dans la capitale.

    Alors, quelle solution à inventer ?

    Le Colonel devrait annoncer qu’il ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle, et qu’il restera neutre et ne veut réaliser que la Refondation de la République.

    Il existe un lien étroit entre l’élection de Maire dans la capitale et la prochaine élection présidentielle...ne soyons pas dupes !

    Répondre

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