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Nomination du premier ministre : une session extraordinaire attendue à l’Assemblée nationale

mercredi 11 mars | Mandimbisoa R. |  122 visites 

Une session extraordinaire de l’Assemblée nationale devrait être convoquée dans les prochains jours afin d’enclencher la procédure de désignation d’un nouveau Premier ministre, après la dissolution du gouvernement dirigé par Herintsalama Rajaonarivelo lundi dernier. Cette réunion parlementaire est prévue par la Constitution et constitue un passage obligé dans la formation d’un nouvel exécutif.

Selon les dispositions de la loi fondamentale de la IVe République, le président de la République nomme le Premier ministre parmi les personnalités présentées par le parti ou le groupe de partis majoritaire à l’Assemblée nationale, comme le prévoit l’article 54 de la Constitution. Ainsi, la majorité parlementaire devra proposer un ou plusieurs noms qui seront ensuite soumis au président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, chargé de procéder à la nomination.

Dans les faits, cette responsabilité revient au groupe parlementaire majoritaire sous la houlette de Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale. C’est déjà cette même majorité qui avait proposé le nom de Herintsalama Rajaonarivelo lors de la formation du précédent gouvernement. La nouvelle session extraordinaire devrait donc permettre aux députés de dresser une liste de prétendants à la Primature dans un contexte politique particulièrement tendu.

Mais si la Constitution confie un rôle déterminant à l’Assemblée nationale, l’institution fait aujourd’hui l’objet de critiques croissantes dans l’opinion publique. Une partie de la jeunesse, notamment la génération Z, remet ouvertement en cause sa légitimité et réclame même sa dissolution.

Les critiques portent notamment sur la composition de la chambre basse. De nombreux députés qui y siègent sont considérés comme proches de l’ancien régime d’Andry Rajoelina. Les anciens opposants étant peu nombreux, une grande partie d’entre ceux qui soutenaient autrefois l’IRMAR, élus même sous cette bannière pour la plupart, ont déjà retourné leurs vestes pour soutenir désormais le régime transitoire conduit par le colonel Michaël Randrianirina.

Dans ce climat de méfiance, les manœuvres du président de l’Assemblée nationale sont également très commentées. Dans certains cercles politiques, l’idée selon laquelle Siteny Randrianasoloniako tirerait les ficelles du pouvoir circule ouvertement. Il agirait en véritable marionnettiste au sein du régime actuel.

Ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023, Siteny Randrianasoloniako, souvent associé politiquement à l’homme d’affaires Kouffali Daya, est présenté comme l’un des principaux décideurs dans la conduite des affaires nationales. Une influence qui serait liée au rôle déterminant qu’il aurait joué dans la chute du pouvoir précédent. En effet, c’est une requête qu’il avait déposée devant la Haute Cour constitutionnelle qui avait conduit à la déchéance d’Andry Rajoelina. Son implication dans les mouvements politiques du 25 septembre dernier est également souvent mentionnée.

Face à la presse pour l’annonce de la nécessité de cette nouvelle session parlementaire extraordinaire, Siteny Randrianasoloniako n’a pas évoqué publiquement la revendication de la génération Z demandant la dissolution de l’Assemblée nationale qu’il dirige. Ce, malgré les controverses au sein de la Chambre basse et les critiques de toute part.

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