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Editorial

Des omissions

mardi 12 août 2008 | Randria N.

Un doctorat « honoris causa » est certes une distinction universitaire prestigieuse, mais il n’a aucune valeur académique puisque le récipiendaire n’a absolument pas besoin de faire les études supérieures censées s’y rapporter. C’est un fait qu’il faut préciser pour ne pas courir le risque d’induire en erreur la population maintes fois infantilisée par le régime.

Ainsi, Il peut arriver que le titre de docteur « honoris causa » soit décerné à des récipiendaires qui se sont pourtant avérés êtres des dictateurs notoires. La France en a gratifié le Roumain Nicolae Ceaucescu. L’université Duquesne de Pittsburg (USA) a pour sa part remis en 1970 un doctorat au président du Zaïre Mobutu Sese Seko. Quant à l’université Makerere de Kampala, en Ouganda, elle n’a pas eu la force de résister à Idi Amin Dada qu’elle a distingué en 1976.

La plupart des présidents africains sont « Docteur Honoris Causa » d’une ou de plusieurs universités. Par exemple, Joseph Kabila de la RDC (Université Militaire Royale de Belgique), Abdou Diouf ex-président du Sénégal (Université Jean Monnet de Saint Etienne, Université de Paris VIII, Université Jean Moulin de Lyon…), Blaise Compaoré du Burkina Faso (Université de Lyon III), Abdoulaye Wade (Université de la Sorbonne, Université du Connecticut, USA…), Muammar Kadhafi de la Lybie (Université d’Ouagadougou), Ellen Johnson-Sirleaf du Libéria (Marquette University, Milwaukee, USA), Thabo Mbeki d’Afrique du Sud (Universidad de Chile, Santiago …), Sam Nujoma ex-président de la Namibie (Université Patrice Lumumba, Moscou), Denis Sassou Nguesso du Congo (Université Houari Boumedienne d’Algérie), Robert Mugabe du Zimbabwe (Michigan State University, USA), Alpha Oumar Konare ex-président du Mali (Université du Michigan, USA), Paul Biya du Cameroun (Université du Maryland, USA), Hosni Mubarak d’Egypte (Université de Beijing, Université Georges Washington, USA…), Navin Ramgoolam premier ministre de Maurice (Université Jawaharlal Nehru, Inde), etc…

Pour Madagascar, le premier chef d’Etat à être honoré de la distinction fut le président Philibert Tsiranana qui, le 30 juillet 1964, reçut des mains du président de l’université, le Révérend Edward Burke, le diplôme de Docteur Honoris Causa de la Faculté de Droit de l’Université St John de Long Island à New York (USA). Ce modeste instituteur, conscient de la véritable valeur de ce « carton », n’en a pas fait grand cas et ne s’est pas pavané outre mesure pour sa possession. De même, certaines personnalités malgaches se sont vues décerner le même titre honorifique mais n’ont pas pour autant pavoisé, sachant le ridicule d’un tel comportement car ils savent que le doctorat honoris causa n’est pas un « mari-pahaizana » mais un « mari-boninahitra ». Ces faits étant, il est quand même certaines personnes que le ridicule n’effraie pas, faisant leurs des titres dont ils ne connaissent même pas les véritables valeurs et exigeant de se faire appeler « professeur » ou « docteur », le comble du ridicule, s’il en est.

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