Les célébrations du 66e anniversaire du retour de l’indépendance de Madagascar ont été marquées par un discours à la tonalité résolument lucide du président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina. Lors de son allocution à la Nation, le Chef de l’État a invité les Malgaches à regarder au-delà des festivités pour s’interroger sur le chemin qu’il reste à parcourir afin de bâtir une nation véritablement souveraine.
Pour le chef de la junte malgache, l’indépendance acquise le 26 juin 1960 constitue une étape majeure de l’histoire nationale, mais elle ne saurait être considérée comme un aboutissement tant que le pays demeure fortement dépendant de l’extérieur.
Dans son discours, le Président a dressé un état des lieux sans détour. Il a reconnu que Madagascar reste encore tributaire de partenaires étrangers dans plusieurs domaines essentiels. L’autosuffisance alimentaire n’est toujours pas atteinte, une partie de l’énergie consommée dans le pays provient de l’extérieur, tandis que les médicaments, les équipements médicaux et de nombreux produits indispensables sont importés. À cela s’ajoute le financement de nombreuses politiques publiques et de projets sociaux, assuré en grande partie par des bailleurs internationaux.
Selon le chef de l’État malgache, cette réalité limite les capacités du pays à maîtriser pleinement son développement et l’expose davantage aux conséquences de la mondialisation.
Face à ce constat, le colonel Michaël Randrianirina a lancé un appel à une mobilisation nationale. Il estime que le véritable héritage des combattants de l’indépendance doit désormais se traduire par un engagement quotidien en faveur du développement du pays. Il a ainsi exhorté les citoyens à faire preuve de patriotisme, d’unité, de solidarité et d’amour de la patrie. À ses yeux, chacun doit participer à l’effort de refondation afin de construire une économie plus résiliente et des institutions plus fortes.
Le Chef de l’État a également insisté sur la nécessité d’un changement de modèle. Pour sortir durablement de cette dépendance, il considère indispensable de revoir les priorités nationales et de miser davantage sur les ressources, les compétences et les capacités de production du pays. Cette évolution, a-t-il souligné, ne pourra être menée à bien que grâce à une union de toutes les forces vives de la Nation.
Lors de cette intervention, le président de la Refondation a rappelé que l’adversaire commun des Malgaches reste la pauvreté. Selon lui, c’est autour de cette bataille que doivent se rassembler l’ensemble des citoyens, quelles que soient leurs sensibilités. Il a également rendu hommage aux Forces armées pour leur engagement dans la défense de la souveraineté nationale et adressé ses remerciements à toutes les personnes ayant contribué à l’organisation des festivités du 26 juin.
Enfin, conformément à la tradition républicaine, il a annoncé qu’une grâce présidentielle serait accordée aux détenus répondant aux critères fixés par la loi.
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Vos commentaires
Apparemment, c’est un discours lucide et pragmatique dans un élan de verve patriotique permis par les circonstances, mais très vite rattrapé par les réalités et les pratiques de gouvernance...
Est-ce qu’un pays dont les ressources dépendent fortement des exportations de ses matières premières à l’état brut pourrait s’émanciper d’une réalité de dépendance à multiples facettes ?
Est-ce qu’un pays qui n’arrive même pas à financer et mener à termes ses cycles électoraux sans intervention extérieure pourrait exercer sa pleine souveraineté.? Déjà, toute honte bue, la prochaine concertation nationale, sensée aboutir à la refondation de la République considérée comme pouvant garantir à l’avenir une réelle stabilité politique, n’a pas pu se démarquer d’une habitude de quête d’assistance auprès de la communauté internationale...
Avec de tel discours patriotique, comment se fait-il qu’au bout de huit mois de gouvernance, dans un cadre institutionnel sans contre-pouvoir réel, le régime du Monseigneur Colonel n’a jamais été capable de réaliser des réformes structurelles, tout au moins pour réduire d’un tant soit peu la capture d’Etat réalisée par des intérêts privés dominants dans le secteur énergétique du pays ?
Une illustration plus flagrante de l’incohérence du discours avec la pratique politique de la junte militaire, c’est la signature d’un accord permettant l’exportation d’arachide, brut sans transformation, vers la Chine alors que le pays importe presque la totalité de sa consommation en huile alimentaire, et que le pays dispose d’une forte potentialité dans le domaine agro-industriel pour une autosuffisance réelle ne serait-ce pour sa propre consommation domestique...
Il en est de même pour la production de matière première dans le secteur textile, la grande île dispose d’une forte capacité en matière de production de coton alors que les zones franches textiles dans le pays ont toujours recours à des importantes importations avec des exorbitantes exonérations fiscales accordées sans parler des fraudes permises dans ce sens...
Un discours de circonstances ai-je dit plus haut, déconnecté des réalités et dépourvu d’effort réel pour se soustraire de la situation de dépendance... Le Monseigneur Colonel est déjà contaminé par les pratiques de son prédécesseur, ce dernier, un fugitif criminel pilleur de son état, un citoyen français sans scrupules et valet inégalable de la trahison de la Nation au profit des intérêts des barons voleurs qui dominent l’économie du pays...
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C’est la première fois que j’entends un dirigeant malgache au pouvoir parler de souveraineté c’est un très grand pas.
Ensuite il y a recherche d’un consensus national qui est l’objet des ateliers de la refondation.
Il en sortira un constat un état des lieux et une marche à suivre peut être.
Ce qui est clair est que lorsqu’on emploie des mots comme " souveraineté" c’est un message cela veut dire qu’il ne peut qu’y avoir des acteurs politiques ( Étranger) et économiques ( les entreprises exportatrices et importatrices) mécontents.
Nos amis bienveillants étrangers n’aiment pas qu’on essaye de sortir de notre dépendance à leur égard et qu’on touche à leur intérêts dits " supérieurs" et ils tiennent les cordons de la bourse.
Nos gentils chef d’entreprises n’aiment pas que l’on touche à leur business à leurs rentes à leurs habitudes et ils ont tendance à se croire les maîtres du pays puisque’ils représentent 50%du PIB
Donc si l’on veut vraiment retrouver souveraineté politique et économique il y aura des œufs à casser.
Mais quand 80% de la population vit dans la survie il n’y a pas d’hésitation à avoir.
Et à la fin nos amis étrangers et nos entreprises seront encore contents des nouvelles règles du jeu ( à inventer mais j’ai déjà proposé d’en étudier quelques unes pragmatiques faisables au delà des incantations habituelles qui ne font pas avancer la situation d’un millimètre) car ils comprendront qu’ils n’ont pas le choix et que ce qui leur sera octroyé sera déjà pas mal à côté de ... Rien.
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