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samedi 19 octobre 2019
Antananarivo | 12h47
 

Interview

Selon Valiavo Nasolo Andriamihaja (VANF)

« Antananarivo, ville Merina, capitale de Madagascar »

samedi 24 novembre 2007

En lice dans la course à la mairie d’Antananarivo, notre confrère VANF (Valiavo Nasolo Andriamihaja) se présente comme « la candidature des idées ». Concept trop intellectuel, notre rencontre a permis à ce candidat d’expliquer les tenants et les aboutissants de ses idées. Interview !

* M.T : Des bruits courent que VANF est raciste…

- VANF : « Mais, tout le monde est raciste ! On ne peut pas décréter tout d’un coup une embrassade universelle alors que l’humanité a vécu pendant des siècles, voire des millénaires, sur le registre de la différence et de la discrimination. A Madagascar, ce ne sont pas les Vazaha (étrangers), contrairement aux affirmations du politiquement correct, qui ont inventé la « politique des races ». Même le génie politique du général Gallieni n’aurait pas pu lui donner une telle efficacité en si peu de temps. On parle souvent de l’Imerina et de ses distinctions somatiques entre les « Fotsy » et les « Mainty », mais d’autres sociétés malgaches fonctionnaient également selon le système des « castes », comme par exemple les Antemoro. Le regard sur l’Autre et le regard de l’Autre structureront encore longtemps les mentalités de l’Humanité ».

* Une controverse peut naître quand vous écrivez qu’Antananarivo est une Ville merina…

- « Mais, Antananarivo est une ville merina ! C’est l’histoire que confirment encore les statistiques faisant de l’Antananarivo moderne une ville merina à 85%. Ceci dit, Antananarivo est également la Capitale de Madagascar et toutes les « Foko » (tribus) sont présentes à Antananarivo. En fait, le malentendu vient de ma banalisation d’un concept qu’on a longtemps cru tabou. Je suis Merina, et alors ? J’aimerais tellement qu’un Antemoro, une Betsileo, des Betsimisaraka revendiquent tout aussi naturellement leur fierté particulière. La fierté de chacun naît de son originalité : je suis certain de pouvoir m’entendre parfaitement avec les Côtiers qui assumeraient pleinement leur identité. Les polémiques absurdes ne sont entretenues que par des gens complexés qui ne sont pas en paix avec eux-mêmes ».

* Antananarivo est la première ville chrétienne de Madagascar. N’avez-vous pas peur de vous être coupé d’une frange importante de cette population avec vos positions iconoclastes ?

- « Je crois que la foi doit rester une affaire personnelle. Pourquoi devrais-je culpabiliser de ne pas être ceci ou cela alors que mes actes en société démontrent un authentique vouloir vivre ensemble ? Mes anciens maîtres chez les Jésuites me reconnaissent comme l’humaniste qu’ils voulaient que je devienne et seule cette reconnaissance m’importe au-delà des étiquettes. C’est confiant en cette ouverture d’esprit que je peux leur proposer de concilier une foi active avec la fierté nationaliste. Je souhaiterais, par exemple, que le FFKM relativise le réquisitoire contre Ranavalona 1ère. Le contexte de 1835 était particulier : il est trop facile de procéder au décompte macabre des Chrétiens qu’elle fit sagayer, immoler par le feu ou jeter du haut d’Ampamarinana. Mais, Andriampirokana, Andriamasinavalona, Andrianampoinimerina, n’étaient pas Chrétiens non plus ! Ce n’est qu’en 1869 que les Malgaches sont devenus très officiellement Chrétiens, parce que la Reine Ranavalona II et le Premier Ministre Rainilaiarivony en avaient décidé ainsi. La « fierté nationale », c’est aussi cesser de diaboliser Ranavalona 1ère, qui fut au contraire la première nationaliste à s’opposer, selon les mœurs de son temps et la compréhension qu’elle avait du monde, à l’acculturation de son peuple ».

* On ne comprend pas très bien pourquoi, vous êtes tellement attaché au Collège Saint-Michel, une institution catholique.

- « J’ai passé dix ans de ma vie chez les Jésuites de Saint-Michel. J’y ai reçu des valeurs fondamentales et surtout la méthode pour se forger un caractère ainsi que cette vision particulière à porter sur l’Humanité.
Je suis viscéralement contre le désordre et tout système ou toute organisation, qui permet d’encadrer une société humaine est le bienvenu.
C’est bien pour cette raison que je préfère l’ordre du FFKM et des églises établies de longue date à la gentille cacophonie des sectes en tous genres ».

* Votre démarche électorale peut dérouter les électeurs ?

- « Tout simplement parce qu’on les a habitués à une démocratie dévoyée. Le tournant générationnel et le discrédit des partis politiques sont des opportunités que notre époque doit saisir pour entamer une démarche de rupture. Je ne veux surtout pas être élu en cachant mes idées. C’est justement cette pratique qui a mené le pays au sous-développement et que j’aimerais bousculer le temps de cette campagne que je veux être celle des idées et des convictions. On devrait chaque fois attendre du politique que les compétences adhèrent sur ses idées et non sur sa bonne figure. Un lecteur assidu de la Chronique de VANF connaîtrait toutes les idées que j’ai développées depuis douze ans. Ce sont ces idées-là - sur l’histoire, sur la langue nationale, sur les coutumes que nous avons originales - auxquelles je donne aujourd’hui une plus large diffusion. Les idées connues, le convictions affichées, les valeurs défendues, à l’électeur d’opter pour la philosophie la plus proche de ses propres positions. C’est ça la démocratie et non pas seulement l’opération machinale du bulletin dans l’urne ».

Recueilli par Alphone MAKA

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