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Editorial

Agriculteurs, aucune relève

lundi 24 septembre 2007 | RAW

Le pays demeurera importateur de produits alimentaires malgré toutes les déclarations dont les dernières en date sont la « révolution verte » et la transformation du PC 23 en PTIM 23. Le PC 23 est le Périmètre colonial 23 du Lac Alaotra destiné à la riziculture et qui sera donc, d’après le ministre candidat aux législatives dans le district d’Amparafaravola, changé en Périmètre rizicole Tiako i Madagasikara ou PTM ou PTIM 23.

Ces déclarations publiques ou ces projets ne surprennent personne car leur mise en œuvre n’aura pas d’impact immédiat au niveau de la minorité agissante des citadins ou de la fraction de la population qui lit les journaux. Les premiers concernés que sont les riziculteurs ne s’en émeuvent guère, eux non plus. Ils se voient déjà en possession de motoculteurs ou de bicyclettes, dit-on.

Ceci étant, il est étrange que cette « révolution verte » ignore les collèges agricoles, les lycées agricoles ou les instituts déjà en très petit nombre. On ne compte même pas un établissement d’enseignement agricole public dans chaque région. Or le pays est foncièrement agricole. Les instituts agricoles qui existent dans le privé font de la discrimination, soit religieuse, soit d’âge, soit d’ascendance. Un candidat à une école d’agriculture admis à l’épreuve pratique a subi des interviews pour le moins contradictoires. Deux examinateurs lui ont fait comprendre que son âge (20 ans) est un handicap pour le métier qu’il envisage. Ils lui ont signifié aussi qu’il est un intrus dans le métier car ses parents ne sont pas des paysans et qu’aucun des conjoints n’exerce dans le milieu rural ou dans une profession proche.

En tout cas, d’après les examinateurs, le candidat qui a fait prévaloir une certaine maîtrise de la langue française, de la langue anglaise, et qui a manifesté une bonne culture générale, ne pouvait pas être un futur opérateur dans le monde rural, dans l’agriculture et l’élevage. Il se serait donc trompé de filière !!! Et ce malgré la bonne impression qu’il a dégagée auprès d’un autre examinateur qui voyait en lui, un potentiel de vrai technicien opérateur dans le monde rural et susceptible de devenir rapidement un vrai « agri-business woman », le candidat en question étant une fille.

Comment dès lors peut-on espérer fonder des espoirs sur les activités rurales si déjà on refuse la détermination d’un candidat agriculteur éleveur ; si on ne prépare pas convenablement l’avenir du secteur avec l’intégration de nouvelles races d’agriculteurs ; si aucun programme sérieux n’est conçu et développé pour la relève intelligente de nos agriculteurs. En tout cas, on sent et on constate tous les jours que la jeunesse abandonne l’agriculture et le monde rural pour la ville. Essaye-t-on de les retenir ? Mais les y retenir pour en faire de la main d’œuvre servile ?

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