Demain dimanche marquera l’expiration de la première quinzaine de jours après la signature de l’acte additionnel d’Addis-Abeba (8 novembre). Deux semaines, et toujours pas de gouvernement. On nous l’annonce pour ce week-end. Mais on nous l’avait annoncé pour vendredi dernier. Puis pour mardi dernier. Et à force de jouer à cache-cache, on finira par l’appeler le Gouvernement d’Ambatobevohoka, si ce n’est le Gouvernement du goavy manta. Comme Saint Thomas, on attend donc de voir la liste avant de croire.
Le samedi est par tradition le jour de l’éditorial léger de Tribune.com. Celui où on ne se prend pas la tête, et où on ne prétend pas sortir des idées grandiloquentes pour changer le monde. Tenter de se dégager des pesanteurs et des puanteurs de l’atmosphère politique et porter nos regards sur autre chose. Même si cette autre chose ramène souvent à la politique, car il est difficile d’échapper aux vieux démons (contrairement à ce que certains pourraient insinuer de manière malfaisante, cela n’est pas une attaque contre les très respectables dinosaures de la classe politique malgache). Parlons donc aujourd’hui de la cuisine interne des éditorialistes, et même de cuisine tout court.
On l’avait déjà évoqué, Patrick et Ndimby avaient engagé un pari lors de la rencontre d’Addis-Abeba. Le premier, optimiste de nature, avait tablé sur la signature d’un accord avant le dimanche 8 novembre à 6 heures du matin. Il semblerait que la signature a eu lieu le 8 novembre à 5H45 (selon Sobika.com), faisant gagner d’un quart d’heure le scientifique du binôme face à son compère littéraire, toujours méfiant a priori dès qu’il s’agit de placer le moindre espoir sur les politiciens malgaches actuels.
Patrick a donc gagné la première manche, mais je suis convaincu que le résultat du pari doit être revu. En effet, l’objectif sous-tendu par l’Accord d’Addis-Abeba était la réussite d’une mise en place rapide des principales institutions, à commencer par le Gouvernement. Divers blocages et beaucoup de mauvaise foi de la part de certaine mouvance (singulier de rigueur) ont en effet empêché le Premier ministre Mangalaza de présenter son équipe, du moins jusqu’à la publication du présent édito. Ce retard considérable dans l’application des Accords d’Addis-Abeba est donc un cas défendable qui m’encourage à renégocier avec Patrick les termes du pari.
L’enjeu est d’importance. Il était convenu que le perdant inviterait le vainqueur à déguster un repas italien. Prenant leçon sur la mauvaise foi de la classe politique malgache, j’ai donc proposé à Patrick de lui faire livrer une pizza, dans la mesure où les conditions du pari ne précisaient ni le menu, ni le restaurant.
Coup de théâtre : Patrick a accepté le principe de la livraison, mais en hommage à la médiation internationale, il me demande de faire adresser la pizza à Ban Ki Moon, à New York.
Troisième round : ayant consulté les textes onusiens, j’ai découvert que le Coordonnateur résident du Système des Nations unies et Représentant résident du PNUD est le représentant officiel du Secrétaire général à Madagascar. Je propose donc de faire livrer la pizza à M. Peter Metcalf, actuel titulaire du poste.
Cependant, dans la mesure où il a été démontré plus haut que ce Gouvernement qui se fait attendre plus que de raison n’a pas été prévu lors de la signature d’Addis-Abeba, le gage doit donc être revu à la baisse : je propose alors un sachet de caca-pigeon en lieu et place de la pizza.
Et même si de bien entendu ce qui sera livré à l’honorable M. Metcalf sera un sachet de ces délicieuses croquettes et non sanatria autre chose, le scientifique Patrick va tenter de me faire croire que le pigeon n’a rien à avoir avec l’Italie. Je prétend que si. La preuve ici en texte et même en image.
Bon week-end.





