Si la politique à Madagascar est ce qu’elle est, les raisons en sont-elles à chercher du côté des joueurs, de l’entraîneur ou du terrain ? Les déboires du pays sont semble-t-il à rapprocher de ceux de l’équipe nationale de football, les Barea qui semblent bien mal barrés. En tout cas, ils figurent à la dernière place de leur poule qualificative pour la Coupe d’Afrique des Nations 2012, avec un zéro pointé en nombre de points et une différence de buts de moins 3. Quitte à être putschiste, mieux vaut apparemment être Guinéen, ceux-ci sont en tête avec 6 points et peuvent se targuer d’avoir marqué 4 buts de plus que ceux qu’ils ont encaissés.
Jean-Paul Rabier (à ne pas confondre avec Rabe), le sélectionneur des Barea, est furieux (il n’est pas le seul). Les français ayant déjà guillotiné Louis XVI, il ne réclame pas de têtes, mais plutôt un terrain à fouler aux pieds. Au micro de RFI, il s’énerve : « On ne peut pas parler de football quand on propose des terrains pareils. Je suis désolé. Si on veut avancer ici, il faut que tout le monde prenne conscience qu’il faut un terrain de football. On n’en demande pas trente-six, on en demande un seul ! Le jour où on aura un bon terrain et on jouera mal, on pourra nous critiquer. Mais si on veut avancer, il faut sortir la vérité et la dire : on a un terrain catastrophique ! ».
Ne nous aventurons point à chercher dans les « trente-six » terrains de football une allusion à l’annonce de la constructions de terrains en pelouse synthétique aux 4 coins des 22 régions (bonjour au passage à Basile dont on sait qu’il se désintéresse du foot). Il faudrait avoir fumé pas mal de moquette pour imaginer que le sélectionneur ait voulu se moquer ainsi des initiatives du grand sélectionneur national, et gardons à l’esprit que l’herbe (naturelle) paraît toujours plus verte ailleurs.
Ailleurs ou peut-être avant. Continuons sur les propos de Dada Rabier : « J’ai trente-huit ans de carrière, je n’ai jamais vu un terrain pareil. Contre le Nigeria on avait quand même montré autre chose. C’était sur un autre terrain ». En trente-huit ans depuis 1972, on n’a jamais vu une pétaudière pareille. C’était sur d’autres idéaux.
En voyant la composition du Conseil « supérieur » de la transition, difficile de s’enthousiasmer (c’est une litote). Problème de terrain pas très frais, de joueurs en méforme ou d’entraîneur parti à l’école buissonnière ? À part un doyen qui semble assez crédible dans son rôle de relique, personne ne semble vraiment trouver ses marques dans cette fine équipe. Y compris un Président de la HAT qui en principe ne préside plus rien, puisqu’on nous dit que la HAT est automatiquement dissoute de par la mise en place du CST. Aaaah, voilà une occasion pour Noue, Diego et Che de déboucher une bonne bouteille de mousseux sud-africain.
Pour ma part, c’est plutôt la bouteille de tangena [1] que je pourrais être amené à envisager au vu de la qualité des débats actuels. Entre des partisans du « Oui », bien incapables pour des raisons tout à fait naturelles d’expliquer quels changements dans le texte porté aux nues nous assureraient des lendemains souriants, et des partisans du « Non » représentés par les passéistes d’Otrikafo et de la monarchie, on ne semble pas pouvoir arrêter le progrès.
Bon, on refait le match sur quel terrain ? (car ce n’est quand même pas moi qui ai mis sur sa page Facebook, won’t talk politics, won’t talk soccer. For some time, même si j’en ai fort envie).







