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23 novembre 2020 à 16:58 | Vohitra (#7654)

En essayant de décortiquer le fond de l’article du jour proposé par l’auteur, et en se basant sur le questionnement mis en exergue, il me semble qu’une certaine confusion et incompréhension apparaissent et ne correspondent pas à certains égards à l’univers du chantier de développement en cours dans le pays…

Tout d’abord, il y a lieu de préciser que les interventions, dans sa grande majorité, des ONGs dans le domaine du développement dans le pays sont relativement récentes dans le temps, pour la plupart après la chute du régime socialiste interventionniste et chantre de l’Etat providence vers 1990, donc après la fin de la guerre froide et la bipolarisation des axes de la coopération en faveur du développement de notre pays…

Depuis, l’insuffisance de ressources étatiques d’une part et la perte de confiance des pays en coopération vis-à-vis des actions pilotées par l’administration d’autre part, ont favorisé la venue et la participation de nombreux ONGs étrangers dans le pays, à l’instar des CI, WWF, CARE, AVSF, GRET, AGRISUD, GIZ, CRS…qui sont pour la plupart devenus des agences d’exécution de nombreux projets de développement et de conservation de ressources naturelles dans le pays, ou bien de projet de renforcement de capacités institutionnelles de structures étatiques, et bénéficiant de financement étranger dans le domaine de la coopération bilatérale (US AID-AFD-GTZ) ou de coopération multilatérale (UE-BM).

Ainsi, ces ONGs sont devenus soit des gestionnaires directes de financement étranger soit des organisations de prestation de service dans le cadre d’une coopération définie dans les accords de financement à titre d’aide en faveur du développement du pays…et conformément aux termes en vigueur dans l’accord, parfois sous forme de conditionnalités ou de respect des qualifications techniques et managériales exigées dans la mise en œuvre de ces accords…

Ainsi, il est logique et normal, et bien évident si ces organismes arrivent à brasser et gérer de financement colossal, et à intervenir dans la mise en œuvre de chantier pouvant recouvrir plusieurs domaines tels les infrastructures, les volets sociaux (éducation et santé), l’environnement (gestion de parcs nationaux et réserves naturelles), le développement humain (appuis conseils, dons divers) car leurs implications et participations sont clarifiées et annoncées dans les accords de financement dans la majorité des cas.

Alors, si vous voulez engager le débat à partir de nos (sous entend la partie Malagasy) capacités d’engagement collectif et de mobilisation, il faudra réfléchir sur les capacités des acteurs étatiques locaux à formuler et défendre des projets et autres initiatives ayant des impacts et retombées positives avec des indicateurs partagés et collectivement adoptés, et cela et surtout, dénués de toutes tentatives de récupérations politiques partisanes, et pouvant s’insérer dans les axes définis de coopération bi-miltilatérale au sein de ces organismes d’appui…ce qui n’est pas du tout une mince affaire compte tenu de l’état et qualité de la gouvernance existante dans le pays depuis au moins les deux dernières décennies…mais ce qui est déroutant pour ne pas dire incompréhensible, c’est que les acteurs étatiques Malagasy, dans cette démarche, n’ont pas hésité la plupart du temps à faire appel, pour élaborer à leurs places et responsabilités, à des institutions internationales la formulation et élaboration de projets de développement dans le pays au lieu de recourir à des compétences locales ayant des expériences avérées dans ce sens, dont les coûts d’intervention sont déjà inclus dans le budget alloué dans le projet une fois accordé et mis en œuvre…

Ainsi, pour en revenir au questionnement de départ, il faudra dire d’emblée que ce n’est pas ni la capacité ni la compétence ni la volonté qui fasse défaut sur le plan local, mais c’est le paramètre « confiance » vis-à-vis de la structure étatique ainsi que les difficultés de se défaire des interférences politiques dans la préparation des initiatives proposées…

Mais il arrive aussi, et ce n’est pas des cas rares, que la priorité pour l’Etat et les régimes politiques sont d’arriver à débloquer le plus tôt possible des financements extérieurs dans les projets sans tenir compte des cadrages adéquats avec les problématiques à résoudre ni aux aspects liés à la pérennité des impacts des actions à mettre en œuvre…

Mais on ne peut pas ignorer aussi que quelle que soit la disponibilité, la volonté, et l’existence de capacités locales à se positionner en tant que porteurs de projets viables, il est difficile de nier que quelques parts, il existe aussi des actions affirmées et objectifs inavoués d’assurer dans la mobilisation de financements issus de la coopération à attribuer la gestion et sa mise en œuvre à des institutions venant des pays sources du financement ou des organisations continentales déjà opérationnels dans d’autres pays de la sous-région…

Bref, la visée d’un développement élargi se heurte parfois dans les pays pauvres à des contraintes et obstacles de divers ordres tels l’intégrité morale et institutionnelle, les priorités de coopération, les antécédents de dissipation de financement, les instabilités politiques et institutionnelles, la faiblesse de l’adhésion au projet initié…et surtout dans le pays bénéficiaire, la confusion malsaine entre régime politique et l’Etat…

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