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Santé

Santé publique

Une nouvelle crise sanitaire prend forme avec la variole de singe

vendredi 9 janvier | Mandimbisoa R. |  604 visites  | 1 commentaire 

La propagation du Mpox, ou variole du singe, bascule progressivement le pays dans une situation sanitaire sous tension. Si la maladie reste, pour l’instant, sous contrôle du point de vue médical, son impact dépasse désormais le seul cadre hospitalier. L’augmentation constante du nombre de cas, les difficultés à faire respecter les consignes sanitaires, la crispation des personnels de santé et les premières restrictions imposées par les pays voisins dessinent les contours d’une crise qui s’installe.

Les chiffres officiels témoignent de cette montée en pression. À ce jour, 124 personnes, contre 76 il y a encore quelques jours, ont été identifiées comme porteuses potentielles du Mpox, dont 118 cas encore considérés comme suspects et six cas confirmés par les autorités sanitaires. Les cas avérés se concentrent principalement dans deux villes : Mahajanga et Antsirabe. Selon les responsables du ministère de la Santé publique, l’ensemble des personnes concernées bénéficie d’un suivi médical et l’évolution clinique reste globalement satisfaisante. Aucun décès n’a été signalé jusqu’à présent, un élément rassurant qui ne suffit toutefois pas à dissiper les inquiétudes.

Sur le plan scientifique, les analyses réalisées ont permis d’identifier la souche virale actuellement en circulation. Le virus appartient au clade 1B, une information déterminante pour orienter la réponse sanitaire nationale. Face à cette situation, les autorités annoncent un renforcement de l’organisation de la lutte contre l’épidémie, avec la mise en place de centres opérationnels d’urgence de santé publique dans l’ensemble des 23 régions du pays. Un centre national, chargé de piloter et d’harmoniser les actions, doit également entrer en fonction. Cette structure aura pour mission de centraliser les données, d’informer régulièrement la population et de coordonner les interventions sanitaires sur tout le territoire.

Cependant, derrière ces annonces institutionnelles, la réalité du terrain apparaît plus fragile. Les mesures de prévention comme les gestes barrières incluant le port de masque peinent à être appliquées de manière homogène dans les transports publics comme dans les endroits les plus fréquentés et même dans les structures de soins déjà sous pression. Cette fragilité a éclaté au grand jour avec la prise de position ferme des internes en médecine. Le 8 janvier, leur organisation représentative a annoncé la suspension de la prise en charge des patients atteints ou suspectés de Mpox, ainsi que des autres maladies transmissibles. Une décision exceptionnelle, révélatrice d’un malaise profond au sein des hôpitaux.

Les internes dénoncent une accumulation de manquements : absence de reconnaissance financière liée aux risques encourus, incertitude totale quant à leur propre prise en charge en cas de contamination et pénurie persistante de matériel de protection. Selon eux, continuer à exposer le personnel soignant sans garanties concrètes relève d’une mise en danger inacceptable. Tout en maintenant les soins pour les pathologies non contagieuses et les actes médicaux courants, ils affirment vouloir avant tout préserver leur sécurité et celle de leurs collègues.

La situation malgache commence par ailleurs à produire des effets au-delà des frontières nationales. L’Union des Comores a décidé de renforcer les contrôles sanitaires pour les voyageurs en provenance de Madagascar. Désormais, tout passager doit présenter un certificat médical récent attestant de l’absence de symptômes liés au Mpox. À défaut, l’accès au territoire comorien peut être refusé. Une mesure préventive qui traduit la crainte d’une propagation régionale et place Madagascar sous une surveillance accrue.

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1 commentaire

Vos commentaires

  • 9 janvier à 10:58 | Jipo (#4988)

    Cette décision est non seulement paradoxale mais scandaleuse .
    On peut comprendre que les soignants se protègent mais n’ est-il pas de leur devoir de soigner les gens et particulièrement ceux en danger et non se contenter de soigner les petits bobos ?
    Il n’ y a pas de selection à faire dans ce domaine moins encore par le personnel médical !
    Il est du devoir du Ministère de la Santé de débloquer les fonds d’ urgence nécessaires pour pallier à ces manquements, protéger le personnel médical, et lui donner les moyens de remplir sa fonction & mission !
    Maurice a renforcé sa surveillance sanitaire aux frontières particulièrement aériennes et portuaires .
    Cette priorité doit passer avant ce qui se passe sur les réseaux sociaux , la santé est "vitale" :
    ne serait-ce que pour l’ économie du Pays (oui je sais c ’est pas moral et pourtant ...)
    C ’est un peu comme si les douaniers refusaient de faire leur travail sous prétexte d’ être exposés aux bondieuseries des komba ...
    Pas plus qu’ on ne joue avec la vie des gens on ne joue pas non plus avec leur santé !
    Mais ou va-t-on ?

    Répondre

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