Le service national obligatoire pourrait faire son retour après plus de trois décennies d’abandon. Le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, a annoncé samedi à Ihosy que le gouvernement étudiait la possibilité de rétablir ce dispositif, même pour une durée de quelques mois. Devant les autorités traditionnelles du Sud, le chef de l’État a particulièrement insisté sur la nécessité de rétablir la discipline chez les jeunes, estimant que le respect des aînés, le sens des responsabilités et le patriotisme se perdent progressivement. Aucune décision définitive n’a cependant été annoncée.
Cette initiative rappelle une politique appliquée sous la Deuxième République, durant la présidence de Didier Ratsiraka. Institué par l’ordonnance du 16 février 1978, le service national devait alors contribuer à la défense du territoire, mais également au développement économique et social. Dans le contexte de la révolution socialiste, il s’agissait notamment de mobiliser la jeunesse pour participer à la construction nationale. Les jeunes appelés pouvaient être affectés à l’enseignement, aux travaux agricoles, aux services administratifs ou à des chantiers collectifs. Le dispositif visait ainsi à former des citoyens disciplinés tout en mettant leur travail au service des besoins du pays.
Le système a progressivement perdu de son importance à la fin des années 1980, notamment en raison de son coût et des difficultés d’encadrement. C’est bien sous Didier Ratsiraka que le décret du 13 mars 1992 a instauré le volontariat pour le service national hors des forces armées. Juridiquement parlant, le service national n’a été totalement supprimé puisque les textes ont continué à prévoir différentes formes d’engagement. Seul, le recrutement massif pratiqué auparavant a disparu.
Aujourd’hui, quelques pays dans le monde maintiennent encore une forme de service obligatoire. La France a abandonné l’appel obligatoire sous les drapeaux, tandis que des pays comme la Corée du Sud et la Russie, l’un des principaux alliés des dirigeants malgaches actuels, conservent des dispositifs de conscription.
Au-delà des intentions présidentielles, le financement constitue l’une des principales interrogations. Le retour d’un dispositif obligatoire nécessiterait des infrastructures d’accueil, des encadreurs, des équipements, une alimentation et une prise en charge sanitaire pour des milliers de jeunes. Les autorités devront également déterminer les catégories d’âge concernées, la durée des formations et les missions confiées aux participants. Autant de questions auxquelles le gouvernement n’a pas encore apporté de réponses.
Un autre obstacle concerne les engagements internationaux du pays. L’Organisation internationale du travail a déjà rappelé que les travaux de développement imposés dans le cadre d’un service militaire obligatoire peuvent contrevenir aux conventions relatives au travail forcé. Le gouvernement devra donc préciser la nature civile ou militaire du dispositif et vérifier sa conformité avec ces obligations.
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Vos commentaires
"Le système a progressivement perdu de son importance à la fin des années 1980, notamment en raison de son coût "
Comme tout le monde le sait l’argent coule à flots dans la grande île...alors pourquoi sans priver.
De plus on se rend bien compte qu’il s’agit d’une priorité absolue...alors pas d’hésitations.
Certains vont encore dire bravo Président, chapeau bas colonel...
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Ce retour inattendu au service militaire reste un geste disciplinaire, et une réponse à une jeunesse contestataire qui a prouvé qu’elle pouvait être en capacité de renverser un président, même autoritaire et cela, sous l’aile, galonnée d’une transition coachée aux influences émises par son nouveau partenariat russe…
Dans ce trompe-l’oeil, au goût d’un gagnant / gagnant illusoire, cette transition croit avoir trouvé un cache-misère social, idéal, à un coût défiant toute concurrence, en tous cas, avant sa mise en œuvre qui demandera, toutefois, des moyens financiers, non, négligeables surtout lorsque l’on court en permanence avec les aides internationales, alourdissant encore davantage un budget militaire, déjà obèse !..
Car, penser que cette initiative, « spontanée » puisse être une réponse au chômage de plus de 40% de cette jeunesse est illusoire d’autant que cette activité temporaire pour ces quelques milliers de concernés restera qu’une échappatoire fomentée par une transition à une jeunesse réclamant, sans pouvoir être entendue, un travail décent et absolument pas, une activité temporaire au pas cadencé comme le suggère aujourd’hui la transition.
Serait-ce le premier effet collatéral lié à son nouveau partenariat ?, on peut l’imaginer en tous cas …
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