Facebook Twitter Google+ Les dernières actualités
dimanche 9 août 2020
Antananarivo | 08h53
 

Editorial

Sentiment religieux

lundi 12 janvier 2009 | R. C.

Les organisateurs surestiment à dix mille le nombre des participants au culte organisé par Rajoelina Andry ,hier, au gymnase couvert de Mahamasina. La police le sous-estime moitié moins. Les journalistes, quant à eux, divergent complètement sur l’affluence à cette première manifestation politique depuis plus de six ans maintenant. Au demeurant, peu importe les statistiques, l’important est qu’en dépit de la tension ambiante, aucun débordement n’a été signalé, sauf de la part de ce militant d’Ankadifotsy qui a aspergé d’eau « bénite » le véhicule du maire d’Antananarivo. Geste déplacé ou geste de désaxé, l’enquête confiée à la police du cinquième arrondissement déterminera son état mental au moment de l’acte et ses motivations avant et après. Ainsi, le culte s’est passé dans le calme. La présence policière n’a pas été trop visible. Juste ce qu’il faut. Ce qui a contribué à détendre la lourde ambiance constatée sur le visage de certains des participants s’attendant, peut-être, au pire. Par contre, les agents de la police municipale, sous l’autorité du maire, ont quadrillé tout le périmètre autour du gymnase, filtrant les voitures et les piétons. D’aucuns seraient tentés de dire que la démocratie a prévalu hier. Ce serait aller trop vite en besogne.

Malaise

Ce culte a le mérite de soulever un véritable débat sur le recours au religieux par le politique. Par temps calme, aucun dirigeant, quel que soit son niveau dans la hiérarchie, ne se soucie guère d’associer le Divin à son action. A l’exception notable de l’actuel président de la République qui, pour beaucoup, en fait trop. En 1991, en 2002 et maintenant, des politiciens mal dans leurs peaux revisitent la formule et confient leurs déboires à « Plus Fort » qu’eux sachant que le Malgache est culturellement respectueux de la religion prise au sens de relation personnelle et collective au Créateur. Par souci de son avenir dans l’au-delà, nul ne risquerait en effet à ramer à contre-courant d’un mouvement religieux qu’on voudrait faire naître à partir de ce culte, si tant est que la mayonnaise prend. Pour l’heure, difficile d’y répondre même si les indices laissent penser qu’il n’ira pas loin. Beaucoup de gens hésitent en fait à épouser une démarche qui a conduit le pays là où il se trouve maintenant. La surexploitation politique du sentiment religieux du Malgache depuis plus de six ans à des fins pas toujours avouables a créé un sentiment de malaise même chez les ecclésiastiques. Et voilà qu’un autre dirigeant politique d’une candeur surprenante sort de sa hotte exactement la même potion sans garantie aucune contre un éventuel défaut de fabrication. C’est ainsi que nombre de gens disent « afo nandoro ny lambako » et préfèrent se placer loin du feu de l’action.

Publicité




Publicité

Newsletter

Les actus du jour directement dans votre boîte email

Suivez-nous

Madagascar-Tribune sur FACEBOOK  Madagascar-Tribune sur TWITTER  Madagascar-Tribune sur GOOGLE +  Madagascar-Tribune RSS