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samedi 19 octobre 2019
Antananarivo | 12h31
 

Portrait

Général Raharijaona Lucien

« Sacrifier la vie familiale au profit de la gendarmerie »

samedi 12 janvier 2008 | Nivo T. A.
Lors de la passation de service entre le Général de Division Claude Ramananarivo et le Général de brigade Lucien Raharijaona.

Fraîchement nommé à la tête de la gendarmerie nationale, le général de Brigade Emmanuel Lucien Raharijaona a fait partie de la grande famille des bérets noirs depuis 1974. « La participation de mon père à la deuxième guerre mondiale, nous a-t-il confié au cours d’un entretien exclusif, m’a beaucoup influencé à choisir ce métier ». Et encore : « Mon père nous a raconté souvent les péripéties de cette guerre à l’échelle planétaire, un récit qui m’a beaucoup convaincu à devenir un des membres des forces de l’ordre.

Comptant parmi les derniers survivants de la famille, à 93 ans, mon père n’a pas manqué de nous décrire en des termes intéressants la vie sur le front, devait ajouter le général Raharijaona. « Ayant quitté le pays par bateau, le contingent militaire colonial a fait cap sur la France avec tout ce que cela comportait de difficultés, pour ne pas dire plus ». Revenant sur son enfance, avec un sourire aux lèvres, notre interlocuteur a rappelé que ses jeux préférés étaient le fameux « bandy sy role », traduction libre, des bandits poursuivis par des policiers, sans parler bien entendu de ses autres amusements au cours desquels une partie des gaillards sont armés de bâton, tandis que l’autre porte de fusils en plastique (basy kilalao) et les fameux jeux commandos. Une manière de faire comprendre combien le général a été imprégné depuis son enfance de cette bataille de toujours pour que règne la sécurité sociale à commencer au sein de la communauté… infantile. Et dire qu’ils sont 7 enfants dans la famille dont M. Raharijaona est l’aîné. Il est né en 1952. Il est marié et a trois fils. Aucun de ses fils ne suit ses traces dans la ZP.

Cursus … militaire

Plutôt un homme de terrain qu’un concepteur.

Pressé volontiers de participer au concours d’admission à l’Académie Militaire d’Antsirabe bien qu’il n’ait atteint les 18 ans révolus, le général a dû passer à l’université pour faire des études de droit pendant une année, avant de participer à deux concours, à savoir, admission à l’ACMIL et à l’Institut d’études judiciaires. « J’ai eu l’embarras du choix. Et pour cause, j’ai été reçu à la fois à ces deux concours. Enfin, j’ai opté pour l’Académie Militaire d’Antsirabe pour suivre une formation militaire de trois ans. En sortant l’ACMIL (6e promotion des élèves officiers) en 1974, j’ai choisi de servir la gendarmerie nationale ». Il a déjà occupé plusieurs postes de commandement : Groupement de la gendarmerie Antsirabe-Antananarivo-Toamasina, CIRGN Antananarivo. Jeune officier, fraîchement sorti de l’Ecole, l’assassinat du Colonel Ratsimandrava Richard, chef de l’Etat et gendarme de carrière de surcroît, cet évènement douloureux m’a beaucoup marqué. Psychologiquement, s’entend ! Il en fût de même pour l’évènement Kung Fu dans les années 80.

« Quand j’étais à peine nommé Commandant de la Circonscription régionale de la Gendarmerie-Antananarivo, il y avait des grands évènements politiques, dont l’affaire Général Randrianafidisoa, l’éventuelle arrivée de Pierrot Rajaonarivelo à l’aéroport d’Ivato, l’affaire destruction des maisons d’habitation à Analavory au cours de la quelle un policier a été tué », ces évènements ont marqué le passage du général Raharijaona, en tant que leader de l’EMMO/Nat-Antananarivo. Il préfère être sur terrain avec son équipe autant que faire se peut. « Ceci pour prouver combien je m’efforce d’appliquer moi-même ma conception des ordres. Et aussi, pour démontrer à mon équipe que je maîtrise aisément ma fonction ». Un bon exemple pour les responsables du Commandement.

30% pour la vie familiale

Peu de temps avec la famille.

Etant homme de terrain, le Général Raharijaona a signalé qu’il a consacré la vie familiale pour la gendarmerie. « 70% de mes occupations quotidiennes étaient consacrés à la gendarmerie tandis que 30 % seulement reviennent à la vie familiale. A preuve, je n’ai pas pu même assister à la naissance de mes trois enfants ». « J’aime la gendarmerie. Voilà pourquoi, j’ai sacrifié même la vie familiale à son profit. Actuellement, j’essaie de réparer cette situation en équilibrant mon temps ».

Abordant un autre sujet, le Général a parlé de ses loisirs en annonçant que pour ce faire, il se rend à Namehana, son village natal pour se ressourcer un peu, ou encore escalader la colline, rarement avec la famille, dans le but de mieux respirer l’air pur et solitude aidant.

« Jouer aux cartes, s’amuser avec mon petit-fils », voilà autant de loisirs préférés qu’il passe occasionnellement avec la famille.

Non à l’hypocrisie

Se disant tolérant, le Général Raharijaona condamne par contre l’hypocrisie en précisant qu’il ne supporte pas ce mauvais comportement. « Pour moi, a-t-il dit notamment, l’amitié est sacré, un ami doit demeurer tel quel que soit les circonstances ». « Je ne garde pas rancune assez longtemps contre qui que ce soit », a-t-il ajouté.

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