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mercredi 2 septembre 2026
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Richard Ravalomanana : dix ans de travaux forcés, la défense se pourvoit en cassation

mercredi 2 septembre | Mandimbisoa R.

L’ancien président du Sénat, le général Richard Ravalomanana, a été condamné à dix ans de travaux forcés dans l’affaire des violences commises lors des manifestations de septembre et octobre 2025 à Antananarivo. Son avocat, qui conteste les éléments retenus contre son client, a annoncé un pourvoi en cassation.

Trois accusations avaient initialement été portées contre lui. La première concernait une menace de mort présumée envers Jean Walker Andriakotomalala, ancien directeur des projets et du patrimoine de la Sirama. Les faits remontent au 21 mai 2019, à Brickaville, où le général aurait déclaré : « Toi aussi, Walker, tu es dans notre ligne de mire ».

Ce volet a finalement été écarté. La défense avait invoqué la prescription et demandé l’extinction de l’action publique. La juridiction a retenu cet argument. Jean Walker Andriakotomalala avait également décidé de ne plus maintenir sa plainte.

Les poursuites se sont donc principalement concentrées sur les événements survenus dans la capitale entre le 25 septembre et le 11 octobre 2025. Richard Ravalomanana était accusé de complicité de meurtre et de blessures volontaires en lien avec la répression des manifestations.

L’accusation lui reprochait d’avoir donné des instructions aux Forces de l’ordre pour recourir à la violence. Il lui était également imputé d’avoir facilité, en connaissance de cause, des exactions contre des manifestants. Le dossier mentionnait notamment une personne traînée au sol à Anosibe ainsi que d’autres dont les cheveux auraient été brûlés par des gendarmes.

Richard Ravalomanana a nié avoir joué un quelconque rôle dans ces actes. Sa position a été appuyée par Dany Marius Rakotozanany, ancien directeur général de la Police nationale. Ce dernier a affirmé que le général n’avait donné aucun ordre aux policiers, gendarmes ou militaires mobilisés durant cette période.

Selon l’ancien DGPN, Richard Ravalomanana n’appartenait pas à la chaîne de commandement opérationnelle. La conduite des opérations relevait, d’après son témoignage, de structures placées sous l’autorité du Premier ministre et de l’état-major mixte opérationnel national.

L’avocat du général a essentiellement contesté l’existence d’éléments permettant d’établir un lien direct entre son client et les violences dénoncées. « Existe-t-il une preuve écrite ou verbale confirmée, comme “j’ai reçu l’ordre de lui”, pour pouvoir l’accuser ? », a-t-il interrogé.

Le conseil a ainsi soutenu qu’aucun acte matériel ni ordre formel attribuable à Richard Ravalomanana ne permettait, selon lui, de constituer les infractions poursuivies.

La juridiction n’a pas suivi cette argumentation et a reconnu l’ancien président du Sénat coupable dans le dossier lié aux manifestations de 2025. Il doit regagner la prison de haute sécurité d’Imerintsiatosika.

La décision n’éteint toutefois pas la procédure. La défense a annoncé un pourvoi en cassation, avec l’objectif de remettre en cause le verdict devant la juridiction compétente.

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