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samedi 24 août 2019
Antananarivo | 21h55
 

Catastrophe

Passage du cyclone « Ivan »

Région Analamanga : 15 390 sinistrés et un mort enregistrés

mercredi 20 février 2008 | Herimanda R., Manjaka Hery, Nivo T. A.

15 390 personnes sinistrées, telles sont les dernières statistiques enregistrées pour la Région Analamanga après le passage du cyclone « Ivan ». Ces sinistrés sont hébergés dans 10 sites différents.

Dans le sud de Tananarive, il y a quatre sites, à savoir : Soavina, Ampitatafika, Tanjombato, et Fenoarivo. Pour la partie nord, il n’y a que deux sites d’hébergement : Ambohimangakely et Ambohimanambola. Pour la capitale, il y a le site d’Ampasika, d’Ankazotoha, d’Anosizato, et d’Anosimahavelona.

Malgré ce nombre de sinistrés, le niveau de l’eau continue encore d’augmenter, selon le responsable de l’APIPA. Et on signale déjà trois points de rupture de digue, à savoir, Anosimahavelona, Fenoarivo, et la rive gauche du Sisaony au niveau de Fiadanana.Du côté des sapeurs-pompiers à Tsaralalana, ses éléments ont déplacé des sinistrés du côté d’Anosimahavelona. Ils ont aidé les habitants de cette localité à quitter leur lieu d’habitation envahi par les eaux, pour les faire rejoindre les sites d’hébergement.Les opérations ont commencé à partir de 1heure du matin hier. Et à 17 heures du soir, les éléments des sapeurs pompiers ont encore continué leur travail après avoir évacué 121 personnes. Durant les opérations d’évacuation, deux hommes ont été emportés par les eaux, mais ont été sauvé par les éléments du sapeur-pompier.

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- Une sinistrée de Tanjombato : « J’ai quitté ma maison à 1h du matin »

Alerte générale dans le fokontany d’Anosimahavelona, dans le 4ème arrondissement de la capitale (Antananarivo-Rnivohitra), bien qu’il se trouve à proximité de la Commune de Tanjombato (District d’Antananarivo-Atsimondrano). Bernadette, une mère de famille raconte sa galère.

« La nuit du lundi au mardi, l’eau est entrée dans notre maison. Son niveau n’a pas baissé. Quelques instants après, j’ai vu les sapeurs-pompiers venir dans notre quartier pour nous récupérer. Je ne sais pas, qui a pris l’initiative de les appeler.

Des vedettes nous ont attendu dehors. Il était 1 h du matin, nous avons embarqué dans ce canot. Le niveau de rivière d’Ikopa était très élevé. Après avoir traversé la rivière, nous avons embarqué dans des camions militaires qui étaient déjà stationnés dans les alentours. Ils nous ont amené ici à Tanjombato ».

Mère de 6 enfants, Bernadette n’a pu amener avec elle que quelques effets vestimentaires. « Je n’ai rien, plus rien du tout. J’ai tout laissé dans notre maison. Nous n’avons pas eu le temps de les récupérer et de les arranger car nous avons été évacués d’urgence ».

Elle n’a pas été la seule dans ce cas car presque tous les habitants d’Anosimahavelona ont été évacués. Environ une centaine de toits si l’on croit aux chiffres fournis par la dame. Hier matin, ils étaient massés à Tanjombato, devant un grand magasin commercial. Selon l’adjoint au maire de la Commune de Tanjombato, les sinistrés venant d’Anosimahavelona ne sont pas sous la responsabilité de la Commune mais à la charge de la Commune urbaine d’Antananarivo.

Nous étions sur place et nous les avons vu attendre les responsables. Il était encore 10 h. Affamés et épuisés, les sinistrés ont résisté à la pluie et au froid. Nous avons essayé de contacter les responsables pour savoir la suite de l’opération, mais en vain.

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- Tanjombato : Des centaines de sinistrés sous les tentes

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Les bas-quartiers n’ont pas été épargnés.

Les secours s’organisent. A Tanjombato, dans le District d’Antananarivo-Atsimondrano, des dizaines de tentes sont déployés depuis hier pour accueillir les sinistrés venant des fokontany de Tanjombato, d’Ankeniheny, d’Ambohimanatrika dans la Commune rurale de Tanjombato. Elles sont installées sur un terrain à côté du CSB II de Tanjombato, près de l’entrée de la Zone Forrello.

Interrogé sur leur nombre, l’adjoint au maire de la Commune a affirmé qu’il lui est difficile d’évaluer combien ils sont ; « A peine, nous avons commencé à mettre en place des tentes. L’essentiel, c’est de recaser les sinistrés, de les mettre à l’abri le plus tôt que possible.

Tout ce que je peux dire, c’est que 15 tentes sont maintenant à ériger. Si elles ne sont pas suffisantes, nous devons encore chercher d’autres auprès de la Région d’Analamanga ».

Etant donné que la capacité d’accueil de chaque tente est estimée à des dizaines de personnes, on peut imaginer le nombre de sinistrés qui y sont placés. Pas moins de 300. Quant à la nourriture, elle sera fournie par la Région d’Analamanga.

Les habitants de ces quartiers n’ont pas attendu le dernier moment pour évacuer les lieux. « Hier (Ndlr : avant hier), l’eau est arrivée jusque dans nos cours. Pour moi, c’est déjà un indice significatif. J’ai rejoint ma famille et je me suis couchée chez elle la nuit. Ce matin ( Ndlr : hier matin), je suis venue ici à Tanjombato pour y trouver un refuge que les autorités locales nous ont réservé », a dit une dame sinistrée.

Tanjombato, Ankeniheny, Ambohimanatrika sont en fait des zones inondables. Presque chaque année, elles sont exposés aux risques. Il est temps maintenant de penser comment remédier à cette situation.

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- Commune Urbaine d’Antananaivo : Environ 267 familles sinistrées à héberger

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Des familles en attente d’hébergement.

L’adjointe au maire, chargée des affaires sociales, culturelles et sportives au sein de la Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA), Michèle Ratsivalaka, vit au rythme de la série « 24 heures chrono », selon ses propres termes, pour héberger les 267 familles sinistrées de la citée des mille.

Ces familles sinistrées sont réparties dans au moins quatre sites : Anosimahavelona, Androndra, Andohatapenaka, et Manjakamiadana. A chaque quart d’heure, son téléphone de bureau sonne pour demander à Mme l’adjointe au maire s’il y a encore des tentes disponibles pour l’hébergement des sinistrés.

Le nombre des familles sinistrées augmente tous les quarts d’heure. A notre arrivée à son bureau, le nombre des sinistrés d’Andohatapenaka était de 70 familles, 15 minutes après, elle reçoit un appel téléphonique lui annonçant que ce nombre vient d’atteindre 115 familles, et qu’il faudrait ainsi y envoyer plus de tentes, et même le nombre de site augmente. Après notre entrevue, mme l’adjointe au maire est partie pour voir un site à Andohanimandroseza. Elle jongle ainsi entre le nombre de tentes disponibles et le nombre de tentes demandé. Elle a tenu à maintenir en secret le nombre de tentes dont la commune dispose actuellement, de même pour la capacité d’accueil de sinistré dans la Commune Urbaine d’Antananarivo.
« On ne peut pas refuser d’accueillir des sinistrés sous prétexte d’insuffisance de capacité d’accueil », nous dit-elle. Tout ça pour dire que la commune accueillera tous les sinistrés quel que soit leur nombre.

Ce même rythme est observé dans toutes les institutions concernées par les dégâts laissés par le cyclone « Ivan ». De l’APIPA, jusqu’à la région Analamanga, en passant par le BNGRC, et la Croix Rouge, il y a ainsi une collaboration entre ces entités et les communes rurales environnantes, même entre le préfet et la CUA.

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- Anosimahavelona-Fenoarivo devient une île

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Certains villages ont été complètement entourés d’eaux.

Les dégâts causés par le passage du cyclone « Ivan » ne cessent de s’intensifier. Dans la plaine d’Antananarivo, les eaux montent dans presque toutes les rivières. Plusieurs quartiers de la capitale sont inondés, surtout les bas-quartiers comme Tsaramasay, Anatihazo ou Andavamamba.
Dans le district d’Atsimondrano, les dégâts sont pires. Le fokontany d’Anosimahavelona, commune de Fenoarivo, est complètement submergé. Il est devenu comme une île suite à la rupture de la digue de la partie Ouest, d’une longueur de 30 à 35 m.

Depuis hier, vers 1 heure du matin, des pompiers et des éléments du Corps de la Protection Civile (CPC) avec deux vedettes se sont mis au secours des sinistrés. Environ, un millier de personnes ont été évacuées pour joindre le centre d’accueil près du « Jumbo Score ». Plusieurs dizaines de tentes y ont été installées pour accueillir les sinistrés.

Parmi les sinistrés, une femme enceinte qui était sur le point d’accoucher a été transportée par l’ambulance des sapeurs-pompiers à l’hôpital.

A Anosizato-Ankazotoho, 151 personnes ont été également évacuées par les pompiers. Une personne a été emportée par les eaux mais a pu être sauvée par les pompiers.

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- Sinistrés d’Ivan : L’Arabie Saoudite à la rescousse !

Le Royaume de l’Arabie Saoudite a remis hier au Colonel Jean Rakotomalala, responsable du Bureau des catastrophes (BNGRC), 300 tonnes d’aides transportées par 14 conteneurs. Une grande partie est déjà partie pour l’Est de Madagascar, gravement touché par le cyclone Ivan, dont Sainte-Marie. Depuis dimanche, la Princesse Bora a lancé un appel au niveau des responsables pour acheminer des aides expresses, ce qui fut chose faite.

Pour ce qui est des dons de l’ambassade d’Arabie Saoudite, ils sont constitués de 9950 cartons de kit alimentaire, 970 tentes, 495 cartons de couvertures et 225 cartons de tapis. « Nous avons assisté le gouvernement malgache, par l’acheminement de dattes, auparavant, explique l’ambassadeur Mohamad Al-Ali . Mais puisque cela ne correspond pas aux habitudes alimentaires des Malgaches, les kits alimentaires représentent des produits plus adéquats. »
À chaque kit, une famille. 3 kg de riz, 2 kg de sucre, des pâtes, du lait, de la farine, 1l d’huile, des biscuits d’hygiène, du potage à légumes. Dès hier, Force One est partie pour acheminer les premiers vivres et équipements pour l’île Sainte-Marie.

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