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mardi 1er décembre 2020
Antananarivo | 17h39
 

Politique

Assemblée Nationale

Quels sont les enjeux de sa dissolution par le chef de l’Etat ?

mardi 24 juillet 2007 | Alexandre L.

La semaine dernière, le président de la République, Marc Ravalomanana, a annoncé la dissolution de la Chambre Basse. Une décision qui a surpris les observateurs politiques malgaches, d’autant plus que rien apparemment ne la justifie.

Certes, si on tient compte de la Constitution récemment révisée, le président a le droit de dissoudre l’Assemblée pour des causes qu’il juge importantes. Mais plus d’un se demandent quand même quels sont ces motifs déterminants d’autant plus que les explications de Ravalomanana n’arrivent pas à convaincre grand monde – sauf, bien sûr ses partisans. Et même dans le rang de ces derniers, beaucoup restent sceptiques car le parti du président, le TIM, domine cette assemblée. Et une élection, c’est toujours une lutte politique acharnée à l’issue de laquelle personne ne peut toujours prédire ce qui va se passer réellement. « Et si le TIM perd ces législatives », se demande-t-on dans le milieu de l’actuel parti majoritaire. Pour expliquer ce sentiment d’appréhension, certains élus TIM évoquent le cas de l’élection présidentielle de 2001 pendant laquelle le président Ratsiraka était archi-favori. Mais finalement l’amiral a été battu par un illustre inconnu en politique, l’actuel président. « Une telle situation pourrait se reproduire », insiste-t-on. Dans ce cas, « est-ce que le président ira dissoudre encore une fois l’Assemblée car s’il ne disposerait plus une majorité écrasante, le MAP ne bénéficierait plus d’un soutien massif des élus du peuple ? », se demande un politologue de l’Université d’Antananarivo.

Question de légitimité

Quoi qu’il en soit et en dépit des explications officielles, les motifs évoqués restent problématiques pour beaucoup d’observateurs. Certains y voient même un « excès de pouvoir » de la part de l’exécutif. En tout cas, plus d’un affirment que contrairement à ce que le juriste Eric Rakotoarisoa a évoqué, le régime politique malgache n’est pas semi-présidentiel. « C’est un régime présidentiel fort », affirme-t-on. D’autant plus que beaucoup soupçonnent que le Chef de l’Etat n’aurait pas consulté ses conseillers politiques dans cette affaire. Cela amène certains à dire que finalement, cette décision serait le signe d’un conflit de légitimité dont les origines remontent à l’époque du dernier référendum constitutionnel. En effet, cette dissolution s’apparente aux débats sur la relation entre l’exécutif et le législatif tels qu’ils étaient évoqués lors de cette consultation. Il s’agit de savoir quel est le rôle que les Parlementaires joueront dans les institutions politiques malgaches. Si à l’époque, certains ont critiqué le fait que les députés ne jouissent plus de la dénomination « députés de Madagascar », ils voient d’un mauvais œil que leurs représentants au Parlement deviennent de simples « députés de région » Avec cette grille de lecture, on comprend mieux la logique de la dissolution dans la mesure où les membres de la Chambre basse ne représentent plus la Nation souveraine dans sa totalité. Ainsi, ils ne peuvent pas l’emporter sur l’Exécutif et notamment son chef concernant la gestion du pays. D’autant plus que désormais, c’est le Président de la République qui jouit la totalité de la légitimité populaire. Tous les pouvoirs appartiennent donc à ce dernier et à lui tout seul. Et à travers cette décision, il le fait savoir à qui veut l’entendre !

Problème du TIM

D’autres observateurs avancent d’autres motifs expliquant cette dissolution. Parmi eux, ils citent le problème que traverse actuellement le parti créé par le Président. On évoque alors le fait que dans l’impossibilité d’empêcher l’éclatement du TIM, son fondateur essaierait – le conditionnel est de rigueur – de le ressouder par le biais de cette élection législative anticipée. Car il est évident que le TIM doit faire bloc pour assurer une majorité au Président, aucune tentative de scission ou autre division ne sera plus tolérée. Et bien sûr, le prochain Congrès du parti – s’il aurait lieu – ne serait plus centré sur la réforme interne mais sera réservé à cette consultation.

Mais là où plus d’un s’étonnent, c’est cette manière de confondre le parti majoritaire à la nation toute entière. « Le TIM n’a pas le monopole de la légitimité », évoque-t-on dans certains milieux politiques. En effet, si cette supposition se révèle exacte, on peut affirmer que la démocratie n’est qu’un slogan à Madagascar. Où va-t-on ?

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