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mercredi 26 janvier 2022
Antananarivo | 11h53
 

Opinions

Quels enseignements tirer de la présente crise politique ?

samedi 31 janvier 2009 | Ndimby A.

Près d’une centaine de morts, des dizaines de magasins et centres commerciaux pillés et vandalisés, 10.000 chômeurs, des milliards d’ariary de pertes, et une situation d’insécurité et d’instabilité dont on ne voit pas encore la fin.

La crise n’est pas encore finie, mais le bilan est déjà lourd. Toutes les parties en présence devraient faire une introspection honnête, car tous portent une part de responsabilité.

Marc Ravalomanana : il accumule les provocations

Aveuglé par des sentiments d’impunité et d’omnipotence, le Président de la République Marc Ravalomanana n’a pas cessé d’accumuler des erreurs politiques. L’achat de l’avion présidentiel pour 60 millions de dollars dans un contexte de grogne politique nationale et d’incertitude économique mondiale, aura été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

De plus, en faisant d’Andry Rajoelina un martyr, il s’est mis à dos une personnalité à la forte popularité à Antananarivo, ce qui était non seulement inconscient, mais surtout inutile car l’âge du maire de la Capitale n’en faisait pas un rival potentiel pour 2012. Depuis le début des mouvements de rue, les erreurs de Marc Ravalomanana se sont aggravées avec la fermeture de Viva Radio, jusqu’à la confiscation de l’émetteur d’Ambohimitsimbina par un commando.

Andry Rajoelina : il a affaibli l’autorité de l’État

Alors que Andry Rajoelina revendiquait un caractère pacifique à son mouvement, les événements depuis lundi lui ont donné tort.

Bien entendu, les scènes de pillage sont organisées, et certainement par aucune des deux parties en présence. Le Maire d’Antananarivo s’est exprimé à plusieurs reprises pour expliquer qu’il n’était pour rien dans ces scènes de désolation. Toutefois, en engageant un mouvement de contestation, il a fragilisé l’Etat et donc créé la brèche dans laquelle les casseurs se sont engouffrés, profitant de la déliquescence actuelle de l’autorité publique.

Si beaucoup de ses revendications sont légitimes et fondées, la voie que Andry Rajoelina a utilisée a créé un contexte qui a contribué à affaiblir la capacité de l’Etat à maintenir l’ordre et la sécurité. Dimanche dernier, les animateurs et les auditeurs de Viva Radio ont d’ailleurs agité la menace de représailles contre les domiciles des ministres et de leurs familles en cas de répression par le pouvoir. On connaît la suite de l’histoire : qui sème le vent, récolte la tempête.

Reste donc à espérer que le constat de responsabilité partagée encourage les deux protagnistes à s’unir pour limiter les dégats. C’est peut-être le moment de montrer une stature d’homme d’Etat, qui de part et d’autre reste peut-être à prouver si l’on considère la situation dans laquelle le pays se trouve aujourd’hui.

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