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Politique

Soif de pouvoir

Quand les morts comptent pour rien

mardi 13 mai 2008 | Randria N.

Près de 100.000 morts et 2.000.000 de sinistrés, selon les dernières estimations, et pourtant les dirigeants de ce pays, l’un des plus pauvres du monde, dédaignent l’aide internationale. Pire, malgré ce bilan catastrophique, ils ont persisté à organiser une consultation populaire afin de mieux asseoir leur pouvoir dictatorial.

« Ils », ce sont les membres de la junte militaire qui tiennent la population Birmane sous leur coupe. Une situation véritablement surréaliste avec, d’un côté, les victimes d’un cyclone qui se débattent contre la famine et contre une épidémie qui ne tardera pas à faire son apparition faute d’assistance adéquate. Une population sinistrée qui n’a même pas les moyens d’enterrer ses morts. Et de l’autre côté, une clique de généraux qui se pavane à occulter la réalité en filtrant les images de désastre et de désolation derrière une élection qui n’a pas sa raison d’être, surtout en ce moment où la priorité est à un sauvetage humain de grande envergure.

Une situation qui n’est pas sans rappeler l’obstination de nos dirigeants à organiser les élections des conseillers régionaux avec ce que les grosses dépenses qu’elles ne manqueraient pas d’entraîner ont d’indécentes devant le dénuement des victimes des deux météores, « Fame » et « Ivan » qui ont dévasté notre île.

Le parallèle entre ces deux situations se situe dans le fait que des dirigeants sont prêts à tout et peuvent faire fi de toute pudeur afin d’asseoir leurs autorités ou d’étendre leur pouvoir. Ailleurs, on est prêt à ignorer des milliers de morts et à négliger 2 millions de sinistrés en danger de mort. Ici, comble de l’indécence et de l’impudence, un appel à l’aide internationale a été lancé alors que des sommes faramineuses allaient sortir des caisses de l’Etat pour être dépensées pour des élections qui étaient loin d’être urgentes.

Ici et ailleurs, quoi qu’ils disent, des vies humaines ont été sacrifiées au nom de la soif de pouvoir de quelques uns. Et qu’ils ne nous rabâchent plus que le pouvoir pour le pouvoir n’est pas leur finalité !

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