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dimanche 15 décembre 2019
Antananarivo | 22h08
 

Société

Internet

Outil de promotion de la démocratie

mercredi 23 juillet 2008 | Eugène R.

Internet peut être utilisé comme moyen d’élargir la démocratie à condition qu’il soit réellement à la portée de tous.

A l’origine outil de communication, Internet a été investi par certains pays d’une mission autrement plus ambitieuse : élargir le champ de la démocratie. En diversifiant à l’infini les sources d’information, le Net tend en effet à une démocratisation (même si trop d’informations tue l’information). Il permet théoriquement d’abolir les frontières sociales, en permettant à chacun de dialoguer avec autrui à l’autre bout de l’île ou de la planète, pour un prix pas très élevé.

A Madagascar, l’Internet a commencé à jouer un rôle politique de premier plan durant la campagne présidentielle de 2001. Les partisans du candidat Marc Ravalomanana ont été à l’époque les plus dynamiques sur le réseau des réseaux. Informations sans cesse réactualisées sur le déroulement de la campagne, forum de discussion… toutes les opportunités qu’offre Internet ont été exploitées pour faire gagner l’actuel président. A l’époque, également, la loi martiale et la censure des médiats décrétés à Antananarivo ont été complètement tournées en ridicule car relevant d’une pratique préhistorique grâce à Internet.

Perte de temps

Aujourd’hui, ce sont plutôt les militants de l’opposition qui sont les plus actifs sur le Net. Chaque sujet d’actualité brûlant est repris sur les différents forums pour être disséqués. Pour de nombreux observateurs, cela est bon pour la démocratie, surtout que les vrais débats publics sont de plus en plus rares ces derniers temps à Madagascar. Espérons que le pouvoir ne se décide pas à contrôler Internet comme le fait la Chine et certains pays islamiques. Pourtant, pour les spécialistes, censurer Internet est une perte de temps et d’énergie.

Dans l’histoire de l’Humanité, à chaque fois qu’un facteur de production a donnée le pouvoir de prendre de l’avance et de gagner plus que les autres, il a coûté très cher. La technologie de l’information, au contraire, est le domaine où les prix ont sensiblement diminué au fil des années grâce notamment à la compétition que se livrent les entreprises étrangères. On dit alors que les pays pauvres ont aujourd’hui à portée de main un instrument de richesse et de promotion de la démocratie qui n’était accessible qu’aux riches, il y a quelques années.

Investissement massif

C’est sur ce constat que de nombreuses organisations dédiées au développement et à la coopération internationale (CNUCED, Banque mondiale…) ont décidé d’investir massivement pour développer ce secteur dans le tiers-monde. Mais si l’on ne prend que le grand bond en avant attend encore la concrétisation du projet de « Backbone » national. En effet, pour les professionnels du secteur, les choses ne se sont développées que faiblement ces dernières années. Il y a d’abord le réseau téléphonique dans les régions rurales qui demeure incroyablement insuffisant. Selon un ingénieur de Telma, « plus de la moitié des malgaches n’a jamais passé un coup de fil ». Et il faut savoir que Manhattan compte plus de lignes téléphoniques que toute l’Afrique subsaharienne. Quant au prix moyen d’un ordinateur, même s’il a considérablement baissé, il représente toujours une fortune pour plus de 90% des ménages malgaches. Les blocages du présent, objectent certains, ne sont que provisoires : les prix vont continuer à baisser et les innovations de la téléphonie comme celles de l’informatique pourront bientôt, à moindre frais, combler les fossés technologiques qui paraissent toujours vertigineux. D’autres estiment même que les sous-équipement dont souffre la Grande île lui permettra de sauter une étape (celle, beaucoup plus coûteuse de l’installation de lignes téléphoniques classiques en creusant les tranchées) que des pays comme la France ont du mal aujourd’hui à dépasser. Mais, pour bon nombre d’observateurs, il est aujourd’hui indispensable pour Madagascar de bien anticiper pour pouvoir profiter pleinement d’Internet dans deux ou cinq ans. Mais, les responsables ne doivent pas non plus oublier que c’est toujours la demande qui devrait régir l’offre, et non le contraire.

Economie Axée sur
le Savoir

Le gouvernement doit par ailleurs reconnaître qu’Internet doit avant tout aider le secteur privé à se développer plus rapidement car dans les domaines comme l’éducation ou la santé, il n’y a pas de rentabilité à court terme. Tout le monde est aujourd’hui d’accord grâce aux technologies de l’information, désormais la puissance économique et la compétitivité, c’est le savoir et sa mobilisation. Un nouveau modèle de développement économique est en train d’émerger, communément appelé Economie Axée sur le Savoir (EAS). Dans un tel modèle, la croissance est étroitement liée à la mobilisation du savoir par la possession d’un capital humain efficacement éduquée et d’une infostructure permettant de produire et de vendre mondialement. Cela diffère notamment des stratégies de croissance d’avant où l’accent était mis sur les infrastructures traditionnelles. Il est considéré que l’EAS est une nouvelle chance pour un pays comme la Grande île dans la mesure où elle favorise l’émergence d’une nouvelle industrie où les pays à bas salaire peuvent développer un avantage comparatif important en termes de coûts.

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