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Environnement

SOS Masoala

Masoala – L’oeil de la forêt est menacé par des coupes de bois illégales

mercredi 2 septembre 2009

Zurich, 28 août 2008 - Le Zoo de Zurich est extrêmement préoccupé par ce qui se passe actuellement dans le parc national de Masoala au Nord-Est de Madagascar. Selon le rapport des principaux partenaires des secteurs financier et environnemental à Madagascar, près de 4’000 personnes se trouveraient actuellement illégalement dans le parc national. Les pillards coupent le précieux bois de rose sans personne pour les en empêcher et braconnent les animaux protégés. Les chefs de bandes ne reculent devant rien et menacent la population locale et les collaborateurs du parc national de leurs armes. Différentes organisations internationales de protection de la nature, des représentants des ambassades de plusieurs pays, ainsi que la Banque mondiale et la banque de développement KfW joignent leurs efforts pour aider le gouvernement de transition de Madagascar à résoudre la crise. Global Witness et l’Environment Investigative Agency étudient actuellement la situation des différents parcs nationaux. L’UNESCO a également été alertée.

Chaque jour, d’autres nouvelles dramatiques arrivent au Zoo de Zurich, indiquant l’ampleur des coupes de bois illégales et de la chasse aux lémuriens dans le parc national de Masoala, ainsi que dans les autres parcs nationaux et forêts protégées de Madagascar.

Après le coup d’Etat en mars dernier, qui a bouleversé la population civile de Madagascar, le gouvernement a perdu le contrôle des richesses naturelles dans les parcs nationaux et les réserves. Les rangers non armés des parcs nationaux sont menacés, intimidés et attaqués, et sont consternés de devoir assister au pillage des zones protégées au vu et au su de tout le monde.

Selon le rapport du Cercle de Concertation des Partenaires Techniques et Financiers du Secteur Environnement, CCPTF, en date du 6 août 2009, on peut supposer que près de 4’000 personnes séjournent actuellement illégalement dans le parc national où elles coupent le précieux bois de rose sans personne pour les en empêcher. Chaque jour, des centaines d’arbres sont abattus, puis transportés illégalement par voie maritime ou terrestre.

Tous les jours, des centaines d’arbres de bois de rose précieux sont coupés
et transportés illégalement par voie maritime. (Photo : Marianne Egli)

Les chefs de bandes ne reculent devant rien et menacent la population locale de leurs armes lorsque celle-ci fait mine d’intervenir pour protéger les forêts. Les braconniers chassent et tuent les lémuriens pour leur consommation personnelle ou pour en vendre la viande à des restaurants.
Madagascar et Masoala sont sur le point de perdre leur patrimoine unique de richesses naturelles. Il ne restera bientôt que forêts appauvries, érosion et pauvreté. Les seuls à en profiter sont les « barons » du bois de rose et leurs alliés, qui organisent le pillage actuel des trésors de la forêt humide.

L’appauvrissement des forêts entraîne aussi l’appauvrissement de la population locale, car l’érosion faisant son travail, les fleuves s’envasent et les coraux de la mer sont recouverts par les sédiments. Dans un appel à l’aide publié dans un quotidien malgache, les citoyens du pays ainsi que le Groupement des Opérateurs Touristiques Maroantsetra–Masoala, GOTMM se sont adressés au public, parce qu’ils sont forcés de voir comment le potentiel de développement futur d’un tourisme durable est sacrifié au profit d’une brève ivresse de bois de rose : „Au nom des habitants de Maroantsetra, riverains du Parc national de Masoala et Makira, qui croient aux potentialités infinies, aux atouts immenses que constitue un Patrimoine naturel aussi exceptionnel et qui veulent jouer la carte tourisme nature pour le développement économique de la région. Aidez-nous !“

Les braconniers chassent et tuent les lémuriens pour leur consommation
personnelle ou pour en vendre la viande à des restaurants. (Photo : Marianne Egli)

Le Zoo de Zurich est très préoccupé par l’évolution actuelle qui menace de détruire le tourisme durable promu depuis 2003 et d’anéantir les efforts de protection du parc national de Masoala. Dans cette période difficile, le parc national de Masoala et les autorités malgaches responsables des parcs nationaux ont besoin de tout le soutien international possible. Le Zoo de Zurich est en contact étroit avec son partenaire local Wildlife Conservation Society (WCS), le parc national de Masoala et l’ambassadeur suisse à Madagascar
WCS travaille de manière intensive avec les autres organisations internationales de protection de la nature comme WWF et Conservation International. La Banque mondiale, la banque de développement KfW, le programme des Nations Unies pour le Développement (UNDP) et l’US Agency for International Development (USAID) tentent eux aussi d’aider le gouvernement malgache de transition à surmonter la crise actuelle dans les parcs nationaux et les réserves. L’UNESCO est alarmée par la situation dans le parc de Masoala, qui a été déclaré patrimoine mondial naturel de l’UNESCO en 2007.

Actuellement, Global Witness et l’Environment Investigative Agency (EIA), deux organisations internationales, sans but lucratif et politiquement indépendantes, ont été priés par les autorités malgaches responsables des parcs nationaux d’étudier l’état des différents parcs. Leur rapport et leurs propositions de mesures sont attendus dans les prochains jours. Il reste à espérer que les coupables seront bientôt tenus responsables de leur comportement. Le Zoo de Zurich continue à soutenir le parc national de Masoala et la population de la zone voisine. En cette période difficile, il est d’autant plus important de pouvoir poursuivre les projets en cours. Le pillage du parc national entraîne la paupérisation de la population locale. Les richesses naturelles représentent le capital futur de la société malgache !

  • Plus d’informations :
    Dr Alex Rübel, Directeur du Zoo de Zurich
    Dr Martin Bauert, Curateur Projets de protection de la nature et botanique
    Téléphone 044 254 25 00, medien@zoo.ch, www.zoo.ch

3 commentaires

Vos commentaires

  • 2 septembre 2009 à 10:05 | Albatros (#234)

    Encore une fois que viens faire le Zoo de Zurich dans cette affaire malgacho-malgache ?. A quel titre ce permet-il de juger ce qui est bon pour les malgaches, pour les forêts malgaches, pour les lémuriens malgaches ?.

    Non !! Zoo de Zurich !!!. Occupe toi de tes affaires.

    Les commandants X et Y vont régler le problème rapidement. Comme a Ivato, il y a quelques jours, ils vont arrêter, juger, condamner rapidement tous ces malfaisants qui dilapident les biens nationaux.

  • 2 septembre 2009 à 18:15 | ramar (#2064)

    Malgacho malgache est un terme a la mode en ce moment mais
    Il ne s’agit pas ici d’une question de malgache ou d’étranger.
    Le probleme réside dans le fait que l’état est passif dans la
    gestion des ressourcces naturelles du pays !
    croyez vous que cette exploitation sauvage profite à l’état et aux malgaches ?
    Le crime profite seulement aux voyou qui trempent dans ces magouilles !
    Le pire c’est qu’ils détruisent un patrimoine dont tous les malgaches sont fier et qu’ils hypothèquent l’avenir des population locales !
    cette foret doit donner de l’emploi de manière durable aux agriculteurs, artisants et acteurs du tourisme !
    merci aux associations malgaches et étrangères qui ont le courage de tirer
    la sonnette d’alarme !
    Aux armes citoyens, défendons notre patrimoine et notre avenir !

    • 2 septembre 2009 à 21:03 | Albatros (#234) répond à ramar

      Bonsoir Ramar,

      Tout à fait d’accord avec vous. J’ai écris ce post pour provoquer ceux qui mettent le terme malgacho-malgache à toutes les sauces. Comme si Tchernobyl n’avait été (et est toujours) qu’un problème Ukraino-ukrainien.

      Dans ce problème du pillage des forets malgache, (qui concerne la Terre entière), ce qui me revolte c’est la passivité des gens au pouvoir alors qu’ils ont les moyens de lutter contre ce drame pour les futures générations malgaches. Je rappelle qu’il y a 40 000 militaires sur la grande Ile.

      Cordialement.

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