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Opinions

Madagascar : OPA inamicale sur l’Etat

mercredi 11 février 2009 | MFI

(MFI) Entre le jeune maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina, qui mobilise la rue à des fins à l’évidence douteuses, et le chef de l’Etat, Marc Ravalomanana, qui n’hésite pas à ruiner sa crédibilité pour mieux faire prospérer ses affaires, le peuple malgache est plus que dans l’embarras. Bien cyniques sont ceux qui le somment de choisir !

Rajoelina n’a, du suffrage universel, que la petite légitimité conférée par les électeurs de la capitale. Il n’est donc nullement fondé à pousser le chef de l’Etat à la démission. Mais il le fait, et avec quel aplomb ! Savez-vous pourquoi ? Parce qu’il se prend pour Ravalomanana ! Cet ancien disc jockey, organisateur de soirées dansantes, devenu homme d’affaires que l’on dit prospère, s’est fait élire maire de la capitale, il y a à peine quatorze mois. Et il croit que tout lui est possible, désormais, simplement parce qu’il y a huit ans, un autre homme d’affaires, devenu, lui aussi, maire d’Antananarivo, s’était porté candidat à la présidence de la République. Le maire avait su mobiliser les Malgaches pour faire partir l’amiral Ratsiraka, le chef de l’Etat d’alors.

Dans un tel contexte, Ravalomanana avait tout pour être un bon président : on le disait riche, donc peu suspect de chercher à se faire une santé financière sur le dos de ses concitoyens. Eh bien, il nous a eus, puisque, s’il faut en croire les bailleurs de fonds, il se servirait des caisses de l’Etat dont il est le chef pour faire prospérer l’empire agro-industriel dont il est le propriétaire.

Comment éviter de livrer le destin des nations à d’éventuels imposteurs ?

D’où la double méfiance vis-à-vis de Rajoelina, qui n’a pas caché que le régime de Ravalomanana le gênait dans ses affaires. Et là, il ne s’agit plus simplement d’un putsch. C’est une OPA inamicale sur l’Etat ! Et s’il parvient à ses fins, Rajoelina, avec l’aplomb qu’on lui connaît, aura tôt fait de transformer l’Etat en une banque d’affaires, pour le bonheur de son entreprise.

Voilà qui devrait faire réfléchir, au-delà de la Grande île. Comment s’assure-t-on, en Afrique, que ceux qui briguent le suffrage des citoyens ont le sérieux qu’il faut pour cela ? Quels dispositifs met-on en place pour éviter de livrer le destin des nations à d’éventuels imposteurs, sinon à des filous ?

Quand on sait qu’aux Etats-Unis, par exemple, une employée de maison payée au noir ou un oubli sur la feuille d’impôts peut compromettre une carrière politique, on se dit : quel laxisme coupable ! Car en Afrique, plus encore que partout ailleurs, les chances, pour les peuples, de s’en sortir reposent essentiellement sur l’intégrité des dirigeants qu’ils se donnent.

Jean-Baptiste Placca

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