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dimanche 17 novembre 2019
Antananarivo | 18h07
 

Communiqué

Collectif pour la défense des terres malgaches - TANY

Les terres malgaches et l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar : premiers propos

mardi 29 janvier

Le Collectif TANY souhaite à l’ensemble de la population malgache que l’année 2019 soit meilleure que les précédentes et surtout que les changements qui surviendront suite aux élections présidentielles de décembre 2018 amélioreront les conditions de vie de la majorité des habitants dans le court terme et le long terme.

L’accès à la terre, droit fondamental des paysans et enjeu crucial pour le développement de Madagascar et l’alimentation de sa population, constituera l’objet principal de ce communiqué qui parlera notamment des ZES - zones économiques spéciales - et du « vary mora » après la lecture du document « Initiative pour l’Emergence de Madagascar » (I.E.M.), qui présente le projet de société du nouveau Président de la République. Monsieur le Ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Habitat et des Travaux publics a mentionné au moment de la passation de service qu’il mettrait en œuvre ce programme.

L’I.E.M. promeut l’agro-industrie (l’agribusiness) et les Zones Economiques Spéciales (ZES) font partie des futurs outils de développement cités dans différentes pages du programme. Une modification de la loi sur les ZES est annoncée mais des principes justifiant leur qualification de « porte ouverte à l’accaparement des terres » demeurent problématiques. Des ZES sont prévues en priorité à Toamasina, Mahajanga, Antsiranana, Tolagnaro, Toliara, puis à Antananarivo, Fianarantsoa et Antsirabe, « près des grandes villes ». Après que Monsieur Andry Rajoelina ait déclaré à la télévision, le 17 juin 2018, que son organisation, le Mapar, n’accepterait pas ces ZES, les différents discours pendant la période de propagande électorale ont-ils informé le public de l’importante place que les ZES occupent dans la stratégie de l’I.E.M ? Le premier Conseil des Ministres du 24 janvier 2019 ayant décidé d’un projet de loi autorisant le Président de la République à légiférer, le Collectif TANY ose espérer que les changements annoncés par l’I.E.M. relatifs à la « loi organique » sur les ZES (loi 2017-023) et le Code des investissements (loi 2007-036) feront l’objet d’information, concertation et débat auprès de tous les citoyens avant leur adoption.

Madagascar sera « restructuré », « sera un chantier pendant les 5 ans à venir », selon l’I.E.M. Les grands travaux ainsi envisagés et la création des ZES risquent fort de provoquer des expulsions et des expropriations massives dans toutes les régions, sous couvert de la « déclaration d’utilité publique ». Le Président de la République a évoqué dans son discours d’investiture la création d’une ville nouvelle autour de la capitale, dénommée Tanamasoandro. Des plaintes autour de l’insuffisance des indemnisations et compensations ayant été émises par les victimes de travaux précédents autour d’Antananarivo, des questions et des craintes s’expriment déjà. Le Collectif TANY réitère que l’anéantissement des racines et des efforts des citoyens par l’accaparement de leurs terres, la destruction de leurs biens, provoque un appauvrissement et non un développement durable et propose aux nouveaux dirigeants de l’Etat malgache d’éviter d’expulser et d’exproprier les citoyens.

De manière surprenante, les 271 pages de l’I.E.M. ne mentionnent dans l’état des lieux, ni l’exiguïté des surfaces de terres dont disposent les paysans malgaches actuellement - 0,85 ha en moyenne par famille donc insuffisantes pour assurer la subsistance et vendre un surplus -, ni l’impossibilité à l’heure actuelle de demander un titre ou un certificat foncier pour les familles qui ont mis en valeur les terrains à statut obsolète, tels que les terrains coloniaux et les réserves indigènes, encore très répandus sur la Grande Ile. Une « action de facilitation de l’accès au foncier des personnes en milieu rural » est prévue par l’I.E.M. mais face à cette formulation vague et à l’imprécision des bénéficiaires, le Collectif TANY demande l’attribution de terrains de l’Etat aux paysans malgaches, en particulier aux métayers, aux femmes et aux jeunes qui s’engagent à les cultiver, aux collectivités décentralisées pour le développement de leur agriculture familiale locale. Ainsi, les paysans malgaches se nourriront du travail de leurs terres et ne deviendront pas tous dépendants du salariat agricole que pourraient proposer les entreprises agro-industrielles de manière permanente ou temporaire. La sécurisation des terres par les titres et certificats fonciers ne suffit pas car les superficies concernées sont trop réduites, alors l’accès à la terre des paysans malgaches pratiquant l’agriculture familiale paysanne, doit faire l’objet d’un effort prioritaire et d’un accroissement massif. La législation foncière malgache permet à l’Etat d’attribuer une partie de ses terrains aux familles paysannes qui les ont mis en valeur depuis des années, d’autres modalités déjà utilisées à Madagascar peuvent être mobilisées et multipliées. La manière dont les deux candidats ont éludé la question du journaliste sur ce sujet lors du débat précédant le 2e tour des élections présidentielles est inacceptable.

L’action sociale prioritaire de l’I.E.M. concerne la vente aux familles malgaches vulnérables de « vary mora » (riz à bas coût) importé d’Asie. Le Collectif TANY souligne que cette assistance sociale ne peut pas être adoptée comme solution permanente à l’alimentation des Malgaches et va à l’encontre du développement de la population. En effet si l’Etat malgache subventionne ce riz, il subventionne en fait les paysans des pays exportateurs. Et ce système déjà pratiqué sous le régime de Transition, rapporte surtout des bénéfices pour les sociétés d’importation. De plus, quel que soit le coût relativement modique, tous les citoyens en situation difficile et précaire ne pourront pas l’acheter.

Le « plan stratégique I.E.M. est une vision visant à apporter un développement durable et une prospérité pour tous en une génération ». Soucieux du droit à l’information et à l’expression de tous les citoyens malgaches, notamment concernant le devenir et la gestion des terres et ressources naturelles, le Collectif TANY estime que la diffusion en toute transparence de la totalité du contenu de ce projet-programme à tous les citoyens malgaches, de Madagascar et d’ailleurs, aurait dû être effectuée avant les élections présidentielles. Il est encore temps de le faire pour que chaque citoyen puisse anticiper l’impact positif et négatif de l’application de l’I.E.M. sur la vie de chaque foyer dans les zones urbaines et rurales de toutes les régions du pays.

Paris, le 28 janvier 2019

Le Collectif pour la défense des terres malgaches – TANY

patrimoine.malgache@yahoo.fr ; http://terresmalgaches.info ; www.facebook.com/TANYterresmalgaches

24 commentaires

Vos commentaires

  • 29 janvier à 11:11 | punchline (#9673)

    l’IEM a été concoté à l’étranger, par des étrangers, présenté pour la 1ere fois devant des étranger, donc des gens qui ne connaissent et n’ont rien à cirer de Madagascar, pour parler de Madagascar,
    une seule question : comment il va realiser tout cela, avec argent.
    par l’endettement dites-vous ?
    Mais qui va emprunter à Madagascar, pays déjà lourdement endetté, dans ce monde ou l’argent rapide , LA FINANCIARISATION DE l’ECONOMIE est de règle.

    • 29 janvier à 12:49 | punchline (#9673) répond à punchline

      qui va prêter mais pas emprunter, à Madagascar, qui a prêté à TGV, et comment va-il les rembourse ces sponsors ?
      qui a payé la cérémonie de Mahamasina, le voyage de SARKOZY à Madagascar (invité personne nous dit-on)
      autant de questions sans réponse

    • 29 janvier à 20:22 | sakalava (#9382) répond à punchline

      Je ne peux être que d’accord avec votre post puchline, Oui COMMENT TGV VA REMBOURSER SES CAMPAGNES ? la réponse dans quelques mois quand on va se rendre compte que nous avons encore été berné

  • 29 janvier à 11:30 | Vohitra (#7654)

    Est.ce que les vastes superficies appartenant jadis a des colons qui avaient quitte le pays avaient-elles ete reintegre dans le domaine public de l Etat ?

    Et qu en est-il actuellement des vastes vastes superficies de terrain utilises autrefois par l entreprise familiale socialiste PROCOOPS ?

    Est-ce que le public pourrait-il disposer des informations sur les terrains domaniaux acquis/ou cedes a des operateurs economiques indo-pakistanais juste apres l election presidentielle de 2013 ?

    Autant de questionnements qui demandent des reponses de la part des autorites publiques avant la mise en oeuvre de toute initiative de reforme fonciere.

    • 29 janvier à 13:17 | Jipo (#4988) répond à Vohitra

      Tiens ça me rappelle certains terrains du coté de joffre ville par dizaines d’ hectares, anciennes plantations laissées comme la voie de chemin de fer, et appartenant à ?
      allez je vous aide regardez du coté du propriétaire de l’ hôtel de la Poste ...

  • 29 janvier à 12:14 | Isandra (#7070)

    Si vous n’avez pas suivi les explications faites sur les différents plateaux radios et télés à propos de l’IEM avec des précisions sur certains point, par les experts pendant les compagnes, il vaut mieux de vous abstenir de l’interpréter, sinon, cela pourrait provoquer des interprétation erronées,...parce que seules les grandes lignes sont transcrites dans ce livre, et plusieurs détails, vous n’y trouvez pas.

    Si les membres de collectifs tany ne les a pas raté, il aurait dû noter que des paysans auront des formations techniques agricoles et après de leur formations, on leur attribuera des terres plus d’une hectare, afin qu’ils soient vrais professionnels en la matière et puissent vivre avec.

    • 29 janvier à 13:25 | Jipo (#4988) répond à Isandra

      Ce qui veut dire que les ancêtres qui vous ont nourri jusqu’ à maintenant ne méritaient pas leurs rizières car n’ ayant pas suivi ces formations ne pouvaient qu’ etre des usurpateurs amateurs , qui n’ y comprenaient rien, alors qu’ à présent avec ces techniciens, non seulement il ne va plus y avoir de misère, chacun va manger à sa faim, le banditisme va agoniser d’ un coup et l’ économie va repartir car vous allez pouvoir exporter, les iles voisines vont se précipiter pour venir s’ inscrire et suivre des cours, Madagascar phare de l’ OI enfin retrouvé ...
      MARARY BE X 2 ANAO !

    • 29 janvier à 13:49 | Isandra (#7070) répond à Isandra

      Ca ne m’étonne pas venant de vous. Macron n’a t-il pas dit que les Gaulois sont réfractaires au changement ?

    • 29 janvier à 14:05 | Maestro (#7313) répond à Isandra

      @ Isandra

      Pourquoi toujours cette nécessité de mettre en avant les " Expert " ? Vous avez oublié de mettre Étrangers d’ailleurs. Ça sent la Navigation à Vue comme d’habitude ça.

    • 29 janvier à 14:16 | Isandra (#7070) répond à Isandra

      Maestro,

      Experts nationaux qui expliquaient pendant les campagnes, pas les étrangers,...même s’il y a des experts étrangers co-auteur de ce projet ambitieux crédible, mais réalisme.

      Experts pour certifier sa sériosité.

    • 29 janvier à 14:18 | vatomena (#8391) répond à Isandra

      Si apres des siècles de riziculture ,ils n’ont rien appris par eux memes, c’est à désespérer . Les colons ,eux ,avaient vite appris .

    • 29 janvier à 14:30 | Isandra (#7070) répond à Isandra

      Vatomena,

      Comment voulez-vous que nos anciens n’ayant reçu que les enseignements élémentaires de colons puissent améliorer leur technique de culture ?

    • 29 janvier à 14:40 | vatomena (#8391) répond à Isandra

      Isandra— Ce n’est pas l’école qui a inventé la Riziculture , ce sont les paysans avisés ,curieux et ingénieux . Encore faut il etre travailleur ,curieux et ingénieux .

    • 29 janvier à 15:10 | Isandra (#7070) répond à Isandra

      Vatomena,

      Donc, pour vous, les ingénieurs qui font des recherches pour les semences n’ont aucune utilité,...!

    • 29 janvier à 19:11 | vatomena (#8391) répond à Isandra

      Isandra --- Je vous le répète : l’agriculture n"a pas été inventé dans les écoles . L’homme de la préhistoire cultivait déjà . Les 700 colons qui vivotaient sur la terre malgache dans les années 1900 ignoraient tout de l’agronomie tropicale . . Ils ont appris peu à peu et par eux memes et avec beaucoup d’échecs
      Les premiers commerçants européens installés avant 1900 n’exportaient guère ,juste des produits de cueillette : des planres sauvages ,du raphia ,du crin végétal ,du bois ,du copal C’est pourquoi Galliéni des 1897 créa un service de l’agriculture ,des forets et de l’élevage-,Nanisana pres de Tananarive Ivolina pres de Tamatave . Les malgaches ne produisaient que pour leurs besoins . La plupart étaient sous alimentés . Certaines années des épidémies ou des famines décimaient les populations ( comme aujourd’hui )Les principaux produits alimentaires étaien le riz ,les bananes ,les taros ,la viande de zébus .. C’est au 16 ème siècle que les navigateurs avaient apporté des cultures précieuses : les pois du cap ,le mais ,le manioc les patates...Plus tard ils introduisirent le murier le caféier ,le giroflier la vanille ... Et maintenant Madagascar ne vend plus de riz de luxe mais elle importe du riz avec plastique §

  • 29 janvier à 13:59 | Jipo (#4988)

    Ce que peut dire cet individu n’ engage que lui !
    libre à vous de prendre comme mentor le dernier qui a parlé, tout ce que je peux vous dire c ’est que cet individu est sur la rampe de lancement comme votre ex, qui pensait pouvoir récidiver, sur ce point les Malgaches comme Français réagissent de la même manière : sagement ...
    Quand vous aurez devant les yeux le désastre annoncé , vous ferez comme stalone et ceux qui ont clamé l’ indépendance, partir vous planquer avant qu’ on vous demande de venir nettoyer ce que vous avez laissé aux autres le soin de faire .

    • 29 janvier à 14:23 | Isandra (#7070) répond à Jipo

      Jipo,

      Quand il ne sera plus au pouvoir, vous le regrettera, c’est un visionnaire. Mais, avec lui, il faut bosser dure et chercher de boulot pour s’en sortir. Pas ariary zato ampandriana, revenu universel.

      Au moins, il a compris, la solidarité ne veut pas dire que ceux qui travaillent dure nourrissent les glandouilleurs,...

  • 29 janvier à 14:33 | vatomena (#8391)

    Il faut se souvenir . Les premiers vazaha installés sur la cote est ne trouvaient pas de main d’oeuvre pour travailler et faire fructifier la terre . La solution ? ils se sont associés avec le premier ministre et sa reine . Ils partageraient les gains .Aussitot les accords acceptés , Les dignitaires malgaches envoyèrent des légions d’esclaves mises à disposition . Le malgache aime -t-il vraiment la terre ?.
    A ce propos ,lire sur l’express de Madagascar de ce jour les encouragements de Tsirana

  • 29 janvier à 14:48 | Rabemisaina (#7643)

    Vary mora :

    Cette mesure va probablement satisfaire les citadins mais mécontenter les riziculteurs.
    En effet, c’est de la concurrence déloyale vis-à-vis de leur travail.
    Le riz produit par les riziculteurs Malagasy se vendra plus difficilement et son prix n’atteindra pas le niveau escompté.
    La mesure sera contre-productive car l’agriculteur se dira : « à quoi bon produire plus puisque je peux trouver du riz moins cher ».
    Sans parler des ces riz importés, gorgés de pesticides, alors que notre bon vary gasy n’a pas besoin de ces poisons...

    • 29 janvier à 15:26 | Isandra (#7070) répond à Rabemisaina

      Rabemisaina,

      A la prochaine, tachez d’écouter bien ce que dit le Président pour que vous puissiez comprendre ce qu’il compte faire dans ce pays,...

      L’ un des objectifs de l’IEM, c’est l’autosuffisance alimentaire, et que cette opération PPN mora ne sera qu’une opération éphémère, pendant la période transitoire, en attendant les récoltes des fruits de nos efforts.

  • 29 janvier à 14:50 | Vohitra (#7654)

    Ou est ce qu il pourrait trouver du financement pour la realisation de ces infradtructures a la pelle qu il a promis partout ?

    Est ce que Madagascar est devenu credible tout d un.coup et peut avoir acces au marche financier international ?

    Est ce que l environnement des affaires dans le pays est tellement avantageux et attractif pour les investisseurs ?

    Est ce.que les partenaires tevhniques et financiers traditionnels sont tellement convaincus de la volonte et bonne foi du nouveau leader et vont accepter d accorder quelques dizaines de milliard de dollar de pret a des taux concessionnels ?

    Tout cela est du domaine de la probabilite.

    Meme si on va exploiter nos.richesses naturelles, il faudra toujours disposer.de financement ,la technologie, l equipement et logistique.

    La seule alternative plausible et quasi-certain, c est qu il y aura des cessions foncieres a outrance en contrepartie.

    Les investisseurs fraudeurs et specialistes des evasions fiscales, les rois et autres emirs dictateurs vont venir, peut etre, du moment que la securite des terres cedees est assuree.

    Les Jean Francois Lambert des temps modernes seront a nos portes d ici peu

  • 29 janvier à 18:25 | Vohitra (#7654)

    Et comme par hasard, la portefeuille des etranges affaires est confiee a un banquier...

  • 29 janvier à 20:11 | Albatros (#234)

    Article très intéressant, que je vais archiver précieusement avec mon PDF de l’IEM !.

    Je pense que j’aurais l’occasion de les ressortir dans quelques mois !.

  • 29 janvier à 20:26 | Albatros (#234)

    Au sujet de l’accaparement des terres malgaches, je vous suggère le lien suivant :

    https://www.youtube.com/watch?v=-hXKzjPVtHs&fbclid=IwAR2GiBa6No73zImgPCv77ApArjoVnu36jNzg5YMUnDSo-PHbaYNzewrN6ow

    Cela démontre bien que le risque existe aussi avec Rajoelina !. Comme avec Ravalomanana et Daewo !.

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