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mercredi 1er juillet 2026
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Les dirigeants de la Refondation rejettent les recommandations de la SADC sur les détenus politiques et les exilés

mercredi 1er juillet | Mandimbisoa R. |  285 visites  | 5 commentaires 

Il fallait s’attendre à cette riposte des autorités malgaches après les recommandations formulées par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à l’issue de son sommet extraordinaire de lundi. L’organisation régionale a abordé les sujets les plus sensibles de la crise politique malgache. Visiblement, les demandes de libération des détenus politiques et de retour des exilés politiques, après la chute du régime d’Andry Rajoelina à la suite des manifestations populaires de septembre 2025 ayant conduit le colonel Michaël Randrianirina au pouvoir, ne seront pas suivies.

Le président de la Refondation, le colonel Michaël Randrianirina, qui a lui-même participé au sommet extraordinaire de la SADC, a réagi à son retour d’un déplacement de quelques jours à Morondava. Il a voulu apporter des « précisions » sur la question des exilés politiques. Selon lui, les personnes concernées n’ont jamais été forcées de quitter Madagascar. « Ils ont fui d’eux-mêmes », a-t-il déclaré, estimant qu’elles avaient « des choses à se reprocher ». Il a ajouté qu’elles pouvaient rentrer librement au pays, tout en rappelant que les poursuites contre les personnes soupçonnées de détournement de fonds publics ou de pillage des richesses nationales se poursuivraient.

Le colonel Michaël Randrianirina a également affirmé que la concertation nationale sera ouverte à toutes les sensibilités politiques malgaches, conformément à la recommandation de la SADC. Il a toutefois précisé qu’elle sera réservée aux personnes reconnues comme Malgaches. Cette déclaration est largement interprétée comme une allusion à l’ancien président Andry Rajoelina, dont la nationalité malgache est contestée par les autorités actuelles.

Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a lui aussi rejeté les recommandations de la SADC. Interrogé en marge des ateliers d’évaluation de Madagascar sur la lutte contre la corruption au Novotel Alarobia, il a affirmé qu’« il n’y a pas de détenu politique à Madagascar ». Selon lui, les personnes actuellement en détention sont poursuivies pour avoir enfreint la loi et non pour leurs opinions politiques. Il a aussi assuré que la justice malgache est indépendante et que le gouvernement n’intervient pas dans les procédures judiciaires.

Le ministère des Affaires étrangères a ensuite publié un communiqué pour donner sa version des conclusions du sommet. Selon la diplomatie malgache, les différentes missions d’évaluation de la SADC ont conclu que les personnes détenues sont poursuivies pour des infractions de droit commun et non pour des motifs politiques. La riposte s’est également poursuivie sur le terrain politique. Le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, a relayé sur les réseaux sociaux le discours officiel, en rejetant lui aussi l’existence de détenus politiques à Madagascar.

Pourtant, la notion de prisonnier politique est clairement définie par les organisations internationales de défense des droits humains. Elle ne concerne pas uniquement les personnes emprisonnées pour leurs opinions. Elle inclut aussi les prisonniers d’opinion, les opposants arrêtés à cause de leur engagement politique ou de leur participation à des manifestations, ainsi que les victimes d’arrestations arbitraires. Dans ce dernier cas, des infractions de droit commun sont utilisées pour justifier l’incarcération d’une personnalité jugée gênante pour le pouvoir. C’est cette situation qui est régulièrement évoquée dans plusieurs affaires concernant des responsables de l’opposition à Madagascar.

Face à ces questions sensibles, qui risquent d’alimenter encore le débat politique, certains partisans de la Transition réclament le retrait de Madagascar de la SADC. Une telle option paraît toutefois difficile à mettre en œuvre. L’ancien président Marc Ravalomanana a rappelé que Madagascar ne pouvait pas se passer de la communauté internationale. Selon lui, le pays a besoin de ses partenaires régionaux et internationaux pour soutenir son développement économique et préserver sa crédibilité diplomatique. Une position qui montre que, malgré les désaccords actuels avec la SADC, Madagascar reste étroitement lié à ses partenaires régionaux et internationaux.

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5 commentaires

Vos commentaires

  • 1er juillet à 10:09 | rakotobe (#7825)

    Une décision stratégique ,

    L’adhésion de Madagascar à la SADC est globalement bénéfique, mais à condition d’investir dans les infrastructures, la montée en gamme industrielle et la gouvernance, sinon rester fournisseur à faible valeur ajoutée pour se cantonner aux secteurs primaires.
    Ne pas adhérer offrirait plus d’indêpendance, mais au prix d’un isolement économique et diplomatique pénalisant.

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    • 1er juillet à 10:26 | RATOVO (#10503) répond à rakotobe

      Tout FAUX !
      La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) vient une nouvelle fois de s’immiscer dans les affaires intérieures malgaches. En appelant pompeusement au « retour au pays des exilés politiques », l’organisation régionale ne se contente pas de réciter un catéchisme diplomatique hors-sol : elle insulte le bon sens du peuple malgache.
      Posons la question crûment, sans détour, à ceux qui rédigent ces communiqués : de quels exilés politiques parle-t-on ? Qu’on nous cite un seul nom. Un seul individu qui, depuis le tournant de septembre 2025, aurait été contraint de fuir Madagascar uniquement pour ses idées ou ses opinions. La réponse est simple : il n’y en a pas.
      La sémantique a son importance. Un exilé politique est une personne persécutée pour ses convictions. Or, la cohorte d’individus qui a quitté la Grande Île ces derniers mois ne fuit pas la dictature, elle fuit les prétoires. Ce ne sont pas des dissidents, ce sont des justiciables. Les dossiers qui pèsent sur eux ne relèvent pas du délit d’opinion, mais du Code pénal : détournements massifs de fonds publics, vols, abus de pouvoir , favoritisme et crimes sur le peuple .
      Personne ne les a chassés. Aucun décret ne les a bannis. Ils ont fui de leur propre initiative dès que le vent de l’impunité a tourné et que la justice a commencé à faire son travail. Utiliser l’étiquette d’« exilé politique » pour masquer des crimes financiers de droit commun est une imposture morale. Le statut d’opposant ou d’ancien dirigeant ne saurait être un totem d’immunité contre le pillage des deniers publics.Si ces individus qui se morfondent dans leurs exils dorés se sentent réellement blancs comme neige, s’ils se croient victimes d’une cabale, la solution est pourtant simple : qu’ils reviennent. Qu’ils cessent de se cacher derrière les communiqués complaisants des organisations régionales. Qu’ils rentrent à Antananarivo et qu’ils affrontent la justice de leur pays. Une justice qui se doit d’être juste et transparente, mais implacable. La démocratie ne se construit pas en amnistiant les délinquants à col blanc sous prétexte d’apaisement. Le véritable apaisement naîtra de la fin de l’impunité et de la stricte reddition des comptes . Rainilainga et ses sbires n’échapperont pas à la justice !

  • 1er juillet à 10:59 | canal baobab 13 (#11848)

    Ravalomana résume bien la situation de Madagascar envers la sadec...enfin je pige son analyse (intelligente) et cela malgré ce furent une belle bande de branles manettes la sadec lors du dernier putch parisien en 2009 donc...bref definition de l intelligence : s adapter !

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  • 1er juillet à 11:20 | Vohitra (#7654)

    Prenons un cas tiré du rapport émanant de la Cour des Comptes :

    409 voitures administratives appartenant au Ministère de la Population ont disparu de la circulation et sont introuvables jusqu’à maintenant... Les auteurs présumés de ces vols et accaparements sont-ils des délinquants politiques ?

    Et qu’en est-il des 28 morts abattus lors de la révolte populaire de l’année 2025 ? Les donneurs d’ordre et les exécutants sont-ils des délinquants politiques ?

    Les detournements des recettes tirées des frets de Madagascar Airlines peuvent-ils être considérés comme étant des délits d’ordre politique ?

    Les infrastructures fictives ayant donné lieu à des décaissements et paiements effectifs peuvent-elles être classées comme étant des actes strictement politiques ?

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  • 1er juillet à 11:26 | rakotobe (#7825)

    Au delà de l’affect nationaliste légitime,

    On a toujours pas compris que Madagascar reste un acteur périphérique dans la SADC, avec une influence limitée dans la prise de décisions majeures.
    Philosopher sur les décisions d’ordre politique de cet organisation communautaire est un coup d’épée dans l’eau.
    J’entends déjà les partisans habituels des " brèves de comptoir" fulminer ici vomme d’hab. :)

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