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Politique

Le Parlement européen appelle à des sanctions contre la HAT

vendredi 10 juin 2011

Le Parlement européen a appelé à renforcer les sanctions contre le pouvoir en place à Madagascar qu’il qualifie d’ « illégal et illégitime ». Selon cette résolution adoptée à Strasbourg ce jeudi 9 juin, le régime qui a pris le pouvoir de manière inconstitutionnelle ne doit pas être habilité à organiser les élections futures.

La résolution qui a été adoptée à deux jours du sommet extraordinaire de la SADC à Sandton, en Afrique du Sud « déplore l’échec des négociations de Gaborone ». Tout en rappelant que Andry Rajoelina avait annoncé ne pas vouloir se présenter aux prochaines élections présidentielles, elle lie la crédibilité des élections au fait que l’ensemble des mouvements et dirigeants politiques puissent y participer librement et sans conditions, et avoir un véritable accès aux médias.

Les eurodéputés invitent les États membres de l’Union européenne et le Conseil de sécurité des Nations unies « à poursuivre et élargir les sanctions contre le régime », et notamment à étendre à l’ensemble des pays membres l’interdiction de visa édictée par l’Union africaine.

Le Parlement, qui « condamne les multiples violations de droits de l’homme et exactions » commises à Madagascar, a « exigé » par ailleurs la « libération immédiate de tous les prisonniers politiques » et demandé une « enquête indépendante » sur ces actes, qui devrait déboucher sur la traduction en justice des auteurs.

Tout en demandant à la communauté internationale l’accroissement de l’aide humanitaire en faveur du peuple malgache, le parlement de Strasbourg affirme que le rétablissement progressif des programmes de coopération avec Madagascar doit être conditionné par le respect intégral des principes démocratiques et des libertés fondamentales.

Recueilli par Valis

29 commentaires

Vos commentaires

  • 10 juin 2011 à 08:38 | fontsylahy (#5598)

    Enfin, un vendredi magnifique pour les zanak’i dada.

    • 11 juin 2011 à 21:20 | aigna (#5701) répond à fontsylahy

      pauvre cousin ....DJ

  • 10 juin 2011 à 09:15 | betoko (#413)

    Pourquoi l’Union Européenne ne sanctionnent pas ceux qui ont mis dehors Ben Ali et Moubarack ? pourquoi s’acharner sur la HAT ? et si un membre de la HAT posséde la nationalité frnçaise, qui oserait l’interdir de venir en Europe ?

    • 10 juin 2011 à 09:31 | parany (#2691) répond à betoko

      monsieur Betoko ,c’est comme à l’ecole ,si vous faites des fautes on vous corrige vous (et soyez en content pour votre avenir) ,et si on touche pas aux copies de votre voisin tant pis pour lui ,qu’il reste dans son erreur , ça apprendra un peu au malgache d’etre objectifs et cartesiens dans leur vie sociale , ...et ils vont encoere répétéer 07 Fevrier 07fevrier :tu amenes les gens (tu as payé aussi des gens) pour franchir une zone interdite c’est à dire une zone minée qui peuvent les tuer et tu te dis j’ai les mains hyperpropres...

    • 10 juin 2011 à 10:20 | elena (#3066) répond à parany

      ben oui, pôv HAT,on ne lui veut que du mal !Et puis le problème des bi-nationaux est achement important !Il y en a tant que ça à la HAT ?

    • 10 juin 2011 à 11:40 | lehila mijoro (#4105) répond à betoko

      Feuille de route
      Le Parlement européen fait pression

      Les eurodéputés se sont référés à l’accord de Cotonou pour remettre en question la légitimité du régime transitoire. Ils ont lancé un appel à des sanctions contre la HAT.

      À deux jours du sommet extraordinaire de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) du 11 juin en Afrique du Sud, le Parlement européen a appelé, hier, au renforcement des sanctions contre le régime de la Haute autorité de la transition (HAT).

      Une déclaration qui n’est pas fortuite dans la mesure où les co-présidents de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique-Caraïbes-Pacifique/Union européenne (ACP-UE), Louis Michel et David Matongo, avaient déjà donné le ton à quelques jours du sommet des chefs d’État et de gouvernement de la SADC sur Madagascar, en Namibie. Une intention de prévenir, voire d’influer le bloc régional sur sa décision se manifeste clairement.

      Même si le Parlement européen a mentionné, dans la résolution adoptée à Strasbourg, hier, son soutien à la SADC dans sa médiation afin de trouver « une solution pacifique et équilibrée de retour à la démocratie », il n’a pas mâché ses mots pour pointer du doigt le régime en place. Tout en condamnant « la prise de pouvoir inconstitutionnelle de mars 2009 », les députés européens ont convié l’Union européenne, le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) à étendre sur l’ensemble de leurs pays membres les interdictions de visas prises par l’Union africaine. La disposition rappelle la liste de 109 noms, y compris celui de Andry Rajoelina et des personnalités clé de son régime.

      Poursuite en justice

      Les eurodéputés ont ainsi fait état de multiples violations des droits de l’homme pour exiger la libération immédiate de tous les prisonniers politiques. Ils ont demandé une enquête indépendante de ces actes qui devrait aboutir à la traduction des auteurs en justice.

      « Le Parlement européen réfute la légitimité de tout vote qui ne serait pas organisé dans le cadre d’une transition représentative du pluralisme », a indiqué la résolution afin de refuser au régime la légitimité d’organiser des élections. Une prise de position qui s’analyse comme une opposition au processus électoral prôné par la HAT « quelle que soit l’issue de la réunion de Gaborone ».

      Pour donner une certaine ampleur à la décision, elle sera transmise, entre autres, aux instances de la SADC et de l’Union européenne, au secrétaire général de l’ONU ainsi qu’aux pays membres du Conseil de sécurité.

      Jointe au téléphone, Elia Ravelomanantsoa a joué l’apaisement, en avançant que cette déclaration est tout à fait logique car elle respecte l’esprit des articles 8,9 et 96 de l’accord de Cotonou, dispositions qui mettent fin aux consultations avec le régime de transition à la suite d’un changement non-constitutionnel de pouvoir. « Cette demande de prolongation des sanctions est normale tant qu’il n’y a pas de décision prise par la SADC », a soutenu la présidente de la commission Relations internationales auprès du Conseil supérieur de la transition.

      Les dirigeants de l’opposition se sont, pour l’instant, abstenus de faire des commentaires sur la présente conclusion du Parlement européen.

      Fano Rakotondrazaka
      Vendredi 10 juin 2011

    • 10 juin 2011 à 11:51 | lehila mijoro (#4105) répond à lehila mijoro

      Parlement Européen : Non à la candidature de Rajoelina aux élections présidentielles

      Nette et claire, telles sont les qualifications attribuées à la Résolution du Parlement européen sur la crise politique malgache lors de son sommet extraordinaire qui s’est tenu hier à Strasbourg, en France.
      Dans un communiqué officiel qui nous est parvenu hier, le Parlement de l’Union Euro­péenne estime que conformément à l’Accord de Cotonou, Andry Rajoelina ne devra pas se présenter aux prochaines élections présidentielles malgaches. « Nous rappelons qu’Andry Rajoelina a décidé de ne pas se présenter aux prochaines Présidentielles », précise la résolution du parlement de l’Union Européenne. En outre, le même rapport indique que le régime de la Haute Autorité de la Transition, étant un régime issu d’un coup d’Etat, n’est pas habilité à organiser des élections.
      Par ailleurs, le Parlement européen condamne fermement tout processus qui maintient Andry Rajoelina à la tête du pays et qui légalise et légitime son régime. Il soutient d’ailleurs l’application juste et appropriée de l’article 96 de l’Accord de Cotonou.

      L’UE réclame également la libération de tous les prisonniers politiques malgaches et le retour sans conditions des exilés politiques.
      Il condamne les nombreux actes de violation des droits de l’homme perpétrés à Madagascar et appelle à la mise en place d’une commission d’enquête indépendante pour mener des investigations sur ces actes. « L’objectif de ces investigations est de présenter les responsables de ces actes devant l’instance de la Justice internationale », ajoute la résolution sus-citée.
      La Résolution du Parlement de l’UE appelle l’Union Africaine à maintenir les sanctions prononcées à l’encontre Andry Rajoelina et à l’encontre des dirigeants de la Transition.
      Elle appelle également le Conseil de Sécurité des Nations Unies à renforcer les sanctions contre les leaders de la Transition.
      Le Parlement européen regrette l’échec de la réunion de Gaborone et soutient fermement les efforts perpétrés par la SADC pour trouver une solution à la crise politique malgache.
      Il tire, enfin, la sonnette d’alarme sur la poursuite des exploitations illicites de pierres précieuses et de bois précieux de Madagascar.

      Lova E.

    • 10 juin 2011 à 11:56 | lehila mijoro (#4105) répond à lehila mijoro

      PROPOSITION DE RÉSOLUTION

      Voir aussi la proposition de résolution commune RC-B7-0353/2011

      7.6.2011
      PE465.670v01-00
      B7-0365/2011

      déposée avec demande d’inscription à l’ordre du jour du débat sur des cas de violation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit
      conformément à l’article 122 du règlement

      sur Madagascar

      Cristian Dan Preda, Michèle Striffler, Mario Mauro, Bernd Posselt, Filip Kaczmarek, Tunne Kelam, Eija-Riitta Korhola, Monica Luisa Macovei, Elena Băsescu, Sari Essayah, Giovanni La Via, Bogusław Sonik au nom du groupe PPE NB : Cette proposition de résolution n’est disponible que dans sa langue originale
      Résolution du Parlement européen sur Madagascar
      B7 0365/2011
      Le Parlement européen,
      – ,
      – vu les articles 8 et 9 des Accords de Cotonou respectivement sur le dialogue politique et le respect des droits de l’homme,
      – ,
      – vu l’Acte additionnel d’Addis Abeba à la Charte de la transition malgache du 6 novembre 2009 ;
      – ,
      – vu la déclaration sur la situation à Madagascar du 30 mars 2011 prise par le Sommet de la Troïka à Livingstone ;
      – vu la déclaration sur la situation à Madagascar par les co-présidents de l’Assemblée parlementaire ACP-EU Joint, Louis Michel et David Matongo, du 17 mai 2011,
      – vu le communiqué du Sommet extraordinaire de la SADC de Windhoek le 20 mai 2011,
      – vu l’article 122, paragraphe 5, de son règlement,

      A. considérant l’instabilité politique persistante qui règne dans le pays depuis la prise du pouvoir forcée, le 17 mars 2009, par Andry Rajoelina, et aggravant davantage la situation socio-économique et humanitaire dans le pays ;
      B. considérant que ce changement de régime, contraire à la Constitution malgache, a constitué un évènement préoccupant pour le processus de démocratisation en cours sur le continent, et que le Conseil de sécurité des Nations unies, l’Union européenne, et l’Union africaine ont refusé de reconnaître le nouveau régime établi ;
      C. considérant que, suite au départ forcé de l’ancien président Marc Ravalomanana, la communauté internationale a favorisé une sortie de crise négociée au sein du groupe de contact sur Madagascar regroupant les Nations unies, l’Union africaine, l’Union européenne et plusieurs organisations régionales ; considérant que, le 6 juillet 2009, l’UE a entamé un processus de consultation avec Madagascar visant à trouver des solutions appropriés aux problèmes politiques du pays ;
      D. considérant les engagements pris à Maputo et Addis Abeba concernant le partage du pouvoir avec les autres mouvances politiques à Madagascar ; considérant que ces accords contiennent une Charte des valeurs reposant sur le respect des principes fondamentaux et la promotion, durant la période transitoire, de la non-violence, la réconciliation et le respect mutuel ;
      E. considérant que les efforts de médiation entrepris par la SADC ont mené, le 20 mai 2011, à l’adoption d’une "feuille de route", issue d’un accord politique entre la majorité des forces politiques malgaches, devant permettre l’organisation et la tenue d’élections libres, loyales et transparentes, avec la participation de tous les acteurs politiques du pays ;
      F. considérant la nécessité et la capacité du peuple malgache à choisir son avenir et à disposer de lui-même ;
      G. considérant que le 17 novembre 2010, conformément à la feuille de route sur la crise malgache, un référendum constitutionnel a été organisé par la Haute Autorité de Transition, présidée par M. Rajoelina, mettant aux voix le projet de constitution de la Quatrième République de Madagascar ;
      H. considérant que la population dispose de moins de 1 USD par jour et que les revenus permettent difficilement aux ménages d’accéder aux aliments de première nécessité, à l’eau, aux services d’hygiène, à la santé et à l’éducation ; considérant que la situation s’est considérablement aggravée depuis le début de la crise politique ; et au vu de la sécheresse et des nombreuses catastrophes naturelles dont a souffert le pays ces deux dernières années ;
      I. considérant que les Etats-Unis et l’Union européenne ont suspendu leur financement de l’aide au développement tant qu’une solution démocratique à la crise n’est pas trouvée ;
      J. considérant les violences politiques rapportées, la répression régulière de l’opposition, les arrestations arbitraires de membres de la société civile, et les violations des droits de l’homme répétées ;

      1. Réitère sa condamnation ferme du processus de la prise de pouvoir à Madagascar par Andry Rajoelina et de toutes tentatives de s’emparer du pouvoir par des voies non démocratiques ;
      2. Reste vivement préoccupé par la situation politique actuelle à Madagascar et regrette que le dialogue politique peine à trouver une issue ; déplore le manque de consensus et de transparence ayant entouré l’organisation du référendum constitutionnel et ne peut considérer alors comme légitime l’issue du scrutin ;
      3. Regrette que le Gouvernement de transition d’union nationale mis en place en mars 2011 ne reflète ni le consensus de Maputo, ni les tendances ayant adhéré à la feuille de route proposée par la médiation internationale ;
      4. Est convaincu que les accords de Maputo et l’Acte additionnel d’Addis Abeba constituent le seul cadre possible d’une solution à la crise politique actuelle ; exhorte donc toutes les parties à ces accords à respecter leurs engagements et à garantir la mise en œuvre d’un processus de transition pacifique menant à l’organisation d’élections crédibles et au retour de l’ordre constitutionnel ;
      5. Salue et soutient les efforts de médiation menés par la SADC, l’équipe conjointe de médiation pour Madagascar et l’ancien Président de la République du Mozambique, Joachim Chissano, en vue d’un retour à la normalité institutionnelle ;
      6. Se félicite de la déclaration de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE exigeant une solution définitive de sortie de crise par la mise en place préalable d’une transition véritablement neutre, inclusive et consensuelle ;
      7. Rappelle la décision annoncée par M. Rajoelina de ne pas se présenter aux futures élections présidentielles ;
      8. Invite l’ensemble des acteurs politiques malgache à faire de la bonne gouvernance et de la lutte contre la pauvreté une priorité ; souligne que la détérioration de la situation sociale et humanitaire dans le pays est extrêmement préoccupante et observe une diminution considérable de la capacité de faire face aux situations d’urgence sur l’île ;
      9. Demande instamment à la communauté internationale et à l’Union européenne d’accroître leur aide humanitaire en faveur du peuple malgache ; rappelle que le rétablissement progressif des programmes de coopération avec Madagascar est conditionné par le respect intégral de l’ensemble des principes démocratiques et libertés fondamentales ;
      10. Demande la libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques ; condamne toute répression violente de l’opposition, la censure des médias, les arrestations et détentions arbitraires de civils ; demande que la lumière soit faite sur les violations de droits de l’homme et les violences commises par les forces de sécurité et l’armée lors des dernières manifestations ;
      11. Réaffirme l’engagement de l’Union européenne en faveur de la paix, de la stabilité démocratique et de la prospérité à Madagascar ; appelle de ses vœux un retour à une coopération mutuellement fructueuse au bénéfice de la population malgache ;
      12. Charge son Président de transmettre la présente résolution à la Vice Présidente/Haute Représentante de l’Union européenne, à la Commission européenne, au Conseil de l’Union européenne, au Conseil ACP-UE, au Secrétaire général des Nations unies, à la Communauté de développement de l’Afrique australe, au Président Joaquim Chissano et à la Commission de l’Union africaine.

    • 10 juin 2011 à 12:13 | lehila mijoro (#4105) répond à lehila mijoro

      Face à ces constats, Paul Rabary veut formuler une proposition de sortie de crise pour Madagascar et dont la teneur réside dans l’interdiction aux quatre chefs de mouvance de se porter candidat aux Présidentielles. Il a toutefois recommandé qu’« en leur qualité d’anciens dirigeants, ces quatre personnalités méritent une considération particulière, telle que l’attribution d’un statut particulier avec les avantages inhérents, entre autres ».

    • 10 juin 2011 à 12:27 | lehila mijoro (#4105) répond à lehila mijoro

      Feuille de route de Simao - La dernière ligne droite

      Comme il fallait s’y attendre, l’issue de la Réunion de Gaborone des 6 et 7 juin derniers est de nouveau interprétée diversement, non seulement par les parties qui y ont participé, mais aussi par les simples observateurs de la vie politique. Pour les plus optimistes, la rencontre aura marqué la dernière ligne droite vers la sortie de crise et la Réunion au sommet de la Sadc de samedi prochain ne sera plus qu’une simple formalité.

      A l’autre extrémité, les défaitistes considèrent que la montagne n’a accouché que d’une souris et ne voient en ce nouveau report de la décision finale de la Sadc qu’une nouvelle étape, une de plus, vers la course interminable pour l’horizon. Il est incontestable cependant que, quoi qu’on dise, la situation a évolué - dans le bon ou le mauvais sens, selon le côté où l’on se trouve - et pour s’en convaincre, il s’avère nécessaire de remonter à la genèse de cette Feuille de route qui constitue désormais la pièce maîtresse de la sortie de crise.

      Simao-928Après l’échec des Accords de Maputo et d’Addis - Abeba, avec comme médiateur l’ancien Président mozambicain, Joaquim Chissano, celui - ci a mandaté son bras droit, le Docteur Leonardo Simao, pour reprendre le flambeau dans le dossier Madagascar.
      Cet ancien ministre mozambicain des Affaires étrangères est, pour ainsi dire, reparti pratiquement à zéro en élargissant les discussions qui, jusque - là, étaient concentrées sur les quatre mouvances et en se livrant, durant son long séjour dans la Grande Ile, à d’intenses consultations auprès d’autres Forces politiques malgaches.
      C’est de ces consultations qu’est née une première mouture de la Feuille de route qui, dans un premier temps, a été soumise à l’appréciation des entités consultées, lesquelles ont été invitées à y apporter leurs remarques. Consécutivement, une version remaniée est sortie, celle - là même qui fut soumise à paraphe au Centre de conférences internationales d’Ivato et qui, au - delà de toute espérance, a vu la participation de centaines d’entités de différents horizons, lors d’une cérémonie assistée par la plupart des Chancelleries accréditées dans le pays le 9 mars 2011.
      Fort de cette large adhésion, Leonardo Simao annonça que le document paraphé allait être soumis à la Sadc, avant sa signature définitive par les « parties prenantes ». Le processus connut ensuite une interruption plus ou moins longue pour des raisons qu’on ignore.
      Le dossier refit surface pour être soumis, dans un premier temps, à l’appréciation de la Troïka de la Sadc le 31 mars 2011, à Livingstone (Zambie). Cette dernière se refusa de trancher et renvoya la balle à un Sommet extraordinaire de l’organisation qui fut convoqué d’urgence le 20 mai 2011. A l’issue de cette Réunion, les Chefs d’Etat de la Sadc ont donc pris une décision capitale (mais on ne le saura que le 6 juin dernier) qui est d’ « entériner » la Feuille de route du Docteur Simao qui leur a été soumise. Cependant, ayant constaté l’absence des mouvances des trois anciens Présidents parmi ceux qui ont paraphé le document, ils ont insisté sur la nécessité d’un processus « inclusif intégral ».

      Un rapport, avant validation
      C’est ainsi qu’a été prise la décision d’organiser une ultime rencontre entre tous les acteurs politiques malgaches, y compris les trois mouvances, afin d’essayer une dernière fois et par acquis de conscience, d’obtenir une « unanimité totale ». C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la réunion des 6 et 7 juin de Gaborone a été qualifiée comme étant celle de la « dernière chance » par le Secrétaire exécutif de la Sadc, Thomaz Salomao. A cet effet, la décision de la Sadc entérinant la Feuille de route à été tenue secrète afin de se parer de toute velléité de boycott de la rencontre de la part des trois anciens Chefs d’Etat et à la place, un communiqué, volontairement laconique, a été publié (voir notre article d’hier, en page 3, à ce sujet).
      Ce n’est que le lundi 6 juin, une fois que toutes les entités invitées aient répondu présentes à Botswana, que la fameuse décision de la Sadc, prise le 20 mai, a été portée à la connaissance des acteurs politiques malgaches. Selon les propos du Chef d’Etat namibien et non moins Président en exercice de la Sadc, les consultations qui s’ensuivirent ont consisté à s’enquérir de la position des uns et des autres par rapport à cette décision de la Communauté d’Afrique australe ainsi que sur la Feuille de route ainsi entérinée. Ce qui rejoint d’ailleurs les déclarations du Président de la Hat, Andry Nirina Rajoelina, à son arrivée au pays hier.
      Le « rapport » que les facilitateurs de Botswana vont donc transmettre au Sommet de Sandton après - demain sera une sorte de consolidation des résultats des consultations tenues dernièrement à Gaborone et résumant la configuration actuelle de la situation, une sorte d’« état des lieux », après l’ultime tentative en vue d’obtenir une inclusivité intégrale sur la Feuille de route. Comme à l’impossible, nul n’est tenu, il faudra alors savoir, qui et combien, finalement, y ont adhéré ou au contraire, l’ont rejetée ?
      Il apparaît donc que, pendant leur Réunion extraordinaire du 11 juin, les Chefs d’Etat de la Sadc ne discuteront plus de la Feuille de route puisque celle - ci, faut - il encore le rappeler, a déjà été définitivement entérinée et ce, depuis le 20 mai. Par déduction, quelle pourrait donc être la finalité de cette ultime Réunion de la Sadc sur le dossier Madagascar, si ce n’est la validation définitive de cette fameuse Feuille de route ? Il semblerait bien donc que cette dernière entame bel et bien sa dernière ligne droite avant sa consécration.

      Hery Mampionona

    • 10 juin 2011 à 20:00 | Rado (#4599) répond à betoko

      Le travail d’arrestation serait plus facile s’il(s) viennent ou se hasardent à venir en Europe ! C’est clair ! Le message est clair aussi !

    • 10 juin 2011 à 20:10 | ikoto (#4912) répond à betoko

      Pourquoi s’acharner sur la HAT ?

      N’avez-vous pas lu : LA H.A.T. est un régime issu d’un coup d’Etat ?
      AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHH !

    • 16 juin 2011 à 07:36 | Gérard (#5118) répond à lehila mijoro

      Et de quel droit le parlement européen se mèlerait-il de ce qui se passe à Madagascar ? Tous ces élus catapultés à Strasbourg qui pour la plupart ne sont jamais sortis de leur trou et pourtant gagnent une fortune chaque mois qui suffirait à nourrir une petite ville malgache. La plupart ne vont même pas assister aux scéances. Qu’ils s’occupent plutôt des affaires européennes car quand on voit la situation catastrophique de la Grèce et d’autres pays qui vont ruiner l’Europe on se pose des questions. L’adage dit qu’il faut laisser le clocher au milieu du village. En France ce clocher sera remplacé par la mosquée et à Madagascar le Président qui ruine les malgache sera remplacé par un président cher au coeur de la majorité des malgache. Que le parlement européen qui n’est capable que de parler le veuille ou non.... A bon entendeur salut (réflexions d’un européen qui a honte de ce que décide ses élus)

  • 10 juin 2011 à 09:56 | Ra-Jao (#282)

    Ce sont tous ceux qui se voilent les yeux qui ne distinguent pas la différence entre le printemps arabe et le coup d’Etat à Madagacar en 2009.
    Comme notre révolte en 2002, c’est le peuple arabe, et en particulier la jeunesse, qui s’est rebellé contre leurs dirigeants dictateurs.
    A Madagascar en 2009, ce fut un coup d’Etat militaire avec en arrière plan les politiciens vomis par le peuple malgache, les hommes d’affaire verreux et bien entendu les quelques 4Mi qui ont vu là une occasion de se faire un peu de sous.
    Il faut arrêter de comparer ce qui n’est pas comparable. Ne salissez la révolution du peuple arabe.

    • 10 juin 2011 à 19:53 | niry (#210) répond à Ra-Jao

      Je dirai même plus : ne salissons pas les révolutions arabes (qui sont toutes légitimes, elles face à 40ans de règne autocratique d’une minorité dirigeante !)

  • 10 juin 2011 à 10:27 | LE VEILLEUR alias L’EVEILLEUR (#1331)

    Bravo pour le message clair , net et precis.

  • 10 juin 2011 à 11:40 | vuze (#918)

    Mr Valis, pourrait-on avoir la résolution entière de l’UE ?

    Voici ce que j’ai trouvé : http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=MOTION&reference=B7-2011-0365&format=XML&language=FR

    C’est bizarre mais je ne vois pas où on parle de renforcer les sanctions ou refuser le visa aux 109 ?? Pourriez-vous m’éclairer Monsieur le journaliste "qui fait bien son boulot" ?

    Merci d’avance.

  • 10 juin 2011 à 12:41 | Raol (#529)

    Tsy misy mahagaga intsony anie izany resaka rehetra izany e. Ny fihazoazoana sy ny fahatahoran’ny fitondrana tetezamita tsy hanao fifidianana no isany mampahazo hery ny fanaratsiana azy. Efa hita miverimberina fa ataon’ny firenena na fikambanana hafa kilalao ity Madagasikara ity. Raha efa natao io fifidianana io, tsy miraharaha izay tenin’ny hafa, dia tsy maintsy hilamina ny tanana, hangina ny vava mipetsopetsona, hanaiky ho azy ny Fianakaviambe iraisam-pirenena. Ny vahoaka no voa tanteraka hatreto, na dia rariny foana aza ny nitolomany ny 1972, 1991, 2002, 2009. Iza no ambony lalampanorenana voafidin’ny maro an’isan’ny malagasy sa izay feuille de route tsy manjary any ? Feuille de route nampifilafilana ny malagasy, mankaleo ny valalabemandry. Aleo ny vahoaka hifidy, fa tsy hisy afaka hanampimbava azy na ny SADC, na ny UE, na ny CI rehetra aza ! Ela loatra tompoko ô !

    • 10 juin 2011 à 14:59 | MILAMINA (#4588) répond à Raol

      Aza marary fo amin’izany, f’angaha tsy efa nanao Referendum fopla irery teo ny FOZA, tsy efa nanangana ny CT sy ny CST, gouvernemanta irery, nanangana ny CENI irery....izao tsy hanankery ny fifidianana karakarain’ny FAT irery. Izao ve vao mazava aminareo fa tsy manan-kery io DJ sy ny fitondrany io. Matoa mitavozavoza sy mihazohazo dia satria sans qualité sy tsy misy hery ary tsy mahatapaka ahitra.

      Tara loatra fa pejy vaovao rahampitso 11 juin 2011.

  • 10 juin 2011 à 19:59 | niry (#210)

    Merci à la commission du parlement européen pour cette prise de position ferme. Ca a le mérite de mettre en relief la décision de la SADC demain.

    wait and see.

  • 10 juin 2011 à 20:36 | ikoto (#4912)

    Mazava ny fehin-kevitry ny Antenimiera Eoopeana ! Ny fanontanianan-dry Vuze sy ny filazany momba ny fehin-kevitry ny Ankolafy telo manondro ny SADC ho tomponandraikitry ny hiseho aty Madagasikara, raha tsy "mahay" mandray fanapahan-kevitra ny SADC, dia andraikitry y SADC tanteraka !

    Tsy azoko mihitsy izay manahirana an’i VUZE amin’izany rehetra izany, afa-tsy ny hoe tsy tiany io fehin-kevitry y Antenimiera Eoropeana io ka dia manaraka ny hevitr’Ing. Jeneraly Camille Vital izy sy ny an’Ing. Pierre Houlder izay samy "manamaivaa" io fehin-kevitry ny Antenimiera Eoropeana io ! Fomba fiady politika avokoa izany rehetra izany ! Nefa fantar’ireo olona ireo (Vuze, Vital Houlder) fa ny Bekintana (ny Amerikana) sy ny Vondrona Eoropeana no tena mpamatsy "saosy" andrandrain’ny F.A.T. ankoatra ny WB sy ny IMF ! Herim-boatay sy vonovorona diso toerana ny an-dry zalahy ireo !

  • 11 juin 2011 à 07:14 | Mado (#3927)

    EVA JOLY

    EVA JOLY est députée du Parlement Européen, ancien magistrat, candidate à la Présidence de la République Française en 2012,
    et a été conseillère de l’ex Président RAVALOMANANA MARC, pour la lutte contre la corruption à MADAGASCAR, après la prise de pouvoir de l’ex Président RAVALOMANANA MARC en 2002.

    EVA JOLY est certainement derrière ce Communiqué du Parlement Européen, pour défendre son ancien "patron" à propos duquel EVA JOLY n’a jamais émis la moindre critique.

    EVA JOLY n’est-elle-pas au courant des abus de gestion faits par RAVALOMANANA MARC ?

    EVA JOLY ignore-t-elle les massacres et emprisonnements arbitraires, commis par le régime de l’ex Président RAVALOMANANA MARC en 2003 ?

    EVA JOLY ignore-elle que l’ex Président RAVALOMANANA MARC a démissionné, de son plein gré, en 2009 ?

    EVA JOLY défend l’ancienne Constitution du régime de l’ex Président RAVALOMANANA MARC où un Article stipule noir sur blanc que tout Candidat à la République de MADAGASCAR doit être né de père et mère Malgaches.
    EVA JOLY défend une ancienne Constitution Malgache qui devrait aller contre ses convictions puisqu’EVA JOLY n’est pas une Française de souche.

    EVA JOLY ne sait-elle pas que RAVALOMANANA MARC a été condamné a perpétuité par la Justice Malgache, pour les crimes de sang commis, avant sa fuite ?

    Pauvre France, si EVA JOLY est élue Présidente de la République Française !

    Ce Communiqué du Parlement Européen est un instrument personnel de EVA JOLY pour faire remettre en selle son "ancien patron", l’ex Président RAVALOMANANA MARC.

    Le Peuple Malgache est Intelligent

  • 11 juin 2011 à 09:45 | ikoto (#4912)

    Mme ou Mlle ou M. MADO :
    Vous vous adressez à EVA JOLY pour lui poser des questions. Ce qui m’étonne un peu c’est que vous déplacez vos questions sur la personne de Eva Joly mais pas sur le problème du moment, à savoir : quels seront les impacts de cette Résolution du Parlement européen sur la décision que la SADC aura à prendre au plus tard demain 12 juin 2011 ?
    Je ne minimise pas les remarques que vous avez émises propos de M. Marc Ravalomanana mais sachez et souvennez-vous, Mado que M. Andry Rajoelina qui s’est targué d’être le "redresseur des torts" n’est point plus "présentable" que M. Marc Ravlomanana ! En effet, celui qui a juré que :
    - la "transition" (dont il est le dirigeant auto-proclamé) ne durera pas plus de deux ans,
    - le petit peuple verra une amélioration nette et palpable de son quotidien (prix du litre d’huile à 2 000 ariary, prix du Kg de riz blanc à 500 ariary, etc.),
    - le peuple malgache se tiendra fier la tête haute, avec le bli-bla de ce qu’il entend par fierté et dignité nationales, par patriotisme, etc.,
    lui n’a pas tenu ses promesses ! A combien coûte actuellement le Kg de riz blanc et où est-ce-que la ménagère pourra se procurer de l’huile à 2 000 ariary le litre ?
    Il a largement dépassé les 2 ans mais il n’a rien fait, le pays ne cesse de s’appauvrir à vue d’œil, la crise perdure etc...
    Mado, à quoi ça sert de rappeler toujours :"que l’ex Président RAVALOMANANA MARC a démissionné, de son plein gré, en 2009 ?" ? Quand M. Andry Rajoelina a délibérément pris le pouvoir par un coup d’Etat (ce qui a poussé M. Marc Ravalomanana à démissionner [car il se savait déjà perdu devant le putsch militaro-civil et pour éviter un bain de sang il a préféré partir]). Disons alors que la démission de M. Marc Ravalomanana et le putsch militaro-civil de M. Andry Rajoelina "s’expliquent" et "se complètent" mais de toute façon la prise du pouvoir par M. Andry Rajoelina n’est nullement "démocratique", ce point est indiscutable !
    Une chose est sûre : l’entêtement de M. Andry Rajoelina à vouloir diriger seul la "transition" (pur tromper tout le monde il se laisse entouré d’opportunistes avides de puvoir, d’argent, de chaire fraîche [de jeune fille] de tout acabit pour paraître "ouvert"et pour que SA TRANSITION paraisse "consensuelle") irrite et inquiète le monde "sensé", non seulement les opposants (les 3 mouvances et le MONIMA), Pour ma part je dirais qu’il n’y a même pas "période de transition" à Madagascar, il n’y a q’un "pouvoir de fait" issu du putsch militaro-civil du 17 mars 2009 !

    • 16 juin 2011 à 08:20 | Gérard (#5118) répond à ikoto

      Bon ! Il est clair que certains ici balancent le mot démocratie sans même savoir ce qu’il veut dire. La démocratie vient du mot grec demos qui veut dire le peuple. Parmis ce peuple se trouve des parents, frères soeurs ou enfant de militaires qui ont appuyé la décision d’une certaine majorité à se débarrasser d’un autocrate qui avait instauré à Madagascar une autocratie c’est à dire qu’il se remplissait les poches au détriment des malgaches. Dans la plupart des pays européens en conséquence des pays qui ont "fabriqué" le parlement européen dont il s’agit ici, ne sont pas des pays démocratiques mais des pays où règne une certaine oligarchie. Vous allez me demander ce que c’est qu’une oligarchie donc voici la définition : "L’oligarchie du grec oligos (peu nombreux) et arkhê (commandement) - est une forme de gouvernement dans laquelle la plupart des pouvoirs sont détenus par une petite partie de la société (que ce soit par richesse, force militaire, influence politique. En France par exemple c’est le parti politique qui forme une famille et qui distribue après son élection les postes importants). Donc avant d’utiliser un terme dont on ne connait pas la définition, on ferai bien de se documenter car cela peut induire en erreur certains lecteurs peu instruits.

  • 11 juin 2011 à 23:37 | bary (#4906)

    Il y a eu les "Fourberies de Scapin" de Molière ;(au XVIIè)
    aujourd’hui, il y a les Fouberies des députés Européens ; lesquels jouent aux GOBE-MOUCHES.
    Tant pis pour les gobeurs reconnaissants....

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