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Opinions

La ronde des candidats-présidents

jeudi 21 février 2013

Notre pays est décidément inénarrable. S’il ne s’agissait pas d’une chose aussi sérieuse que l’avenir de la Nation, l’actualité politique est à mourir de rire ou disons qu’on ne peut en parler sans rire. D’autres futurs candidats déclarés à la présidentielle commencent à se profiler, à pas comptés. Pour l’instant, ils choisissent la prudence. Ils usent de la phraséologie de circonstance et se déclarent « disponible » pour servir le pays. Dans une conjoncture électorale, cela signifie qu’on est candidat à la présidentielle ou qu’on y prépare l’opinion ou Andry Rajoelina pour en épier les réactions. Cela signifie que l’on est prêt à remplacer Andry Rajoelina, cela signifie que l’on peut réussir là où ont échoué des personnalités aussi diverses que compétentes. Cela signifie que l’on s’estime comme le nouveau porte-drapeau de la lutte dite populaire de 2009, cela signifie que l’on se considère comme le nouvel héros de la place du Treize mai, après les Albert Zafy et autres Marc Ravalomanana à leur époque. Pour être crédible, il faut un CV aussi long que le bras et des tas de preuves de clarté de jugement et de capacités opérationnelles ou manœuvrières ou, surtout, de mémorables succès qui font date dans l’histoire d’un pays malade de la politique et de la pauvreté. Ne tombons pas trop sur tous ceux qui affirment vouloir servir. Ils ne vont tout de même pas dire qu’ils vont se servir. On ne peut que juger sur pièces, c’est à dire quand il sera trop tard. Certes, ils veulent servir, mais il reste à savoir, les intérêts de qui veulent ils servir ? Ceci étant, les patrons qui se sont succédé à Ambohitsorohitra ou Iavoloha, ne se sont jamais hissés sur les marches du podium par la seule force des preuves. C’est une des spécificités de Madagascar que de sortir des urnes, des personnages inattendus et qui n’ont pas, vraiment pas, le physique, la culture ou l’expérience de l’emploi. Il est vrai que les élections ne sont pas des interviews d’embauche. La propagande électorale n’est que discours à sens unique dans les applaudissements de têtes à claque et une charité bien ordonnée qui bifurque vers des intérêts bien compris.

Comment diable sont-ils devenus présidents ? Il ne faut pas jouer à l’iconoclaste et noircir l’image du Père de l’indépendance. Philibert Tsiranana est une icône trop sacrée pour être vilipendée. Cela nuit à l’histoire écrite pour les enfants, mais n’exclut pas la réalité des faits. Didier Ratsiraka ? Sortant de la prestigieuse École navale de Brest, il ne savait même pas manœuvrer un bateau et a échoué le sien dans les eaux d’on ne se rappelle plus où. Les étudiants ironisaient en 91 sur « l’amiral sans bateau ». Comment un simple attaché militaire à Paris a pu devenir Président de la République ? Par la grâce des membres d’un Directoire militaire, choisis à la tête du client après l’assassinat de Richard Ratsimandrava. L’amiral a failli transformer Madagascar en une nouvelle Corée du Nord quoiqu’on vive dans la même galère ou pire qu’au pays du Kim Jong il. Livre rouge factice puis rêves de Djoutché, on est revenu de loin. Ce n’est pas fini. Comment a-t-on pu laisser un chirurgien charcuter le pays à tort et à travers, et gérer le pays le plus pauvre de la planète par des tournées et des « kabary » sous les arbres à palabres ? Par la magie du verbe et l’art de la politicaille qui ont transformé à chaque fois l’aspiration populaire au changement en la plus cruelle des désillusions. Madagascar a failli, cerise sur le gâteau, tomber aux griffes de la mafia internationale des usuriers en financements parallèles. La bêtise se paie et on y a tout de même laissé des plumes. Faut-il parler de Ravalomanana qui promettait frigo et petite Renault 4 L par ménage ? On retiendra la leçon. Pour devenir Président, il faut d’abord être laitier et fabriquer du yaourt avec un financement de la Banque Mondiale. Mais il faut surtout de l’argent et l’appui intéressé de l’engeance politique. Dernier en date, Andry Rajoelina représente le rêve des gens du spectacle.

La politique est une scène ouverte. Le faciès et la gestuelle peuvent vous mener droit au paradis. Voilà la preuve faite que même un disc jockey peut devenir chef de l’État ou un professeur de danse, tenir la dragée haute à un Premier ministre en exercice. Certains ont vite compris le système. Point n’est besoin de preuves de capacités spécialisées, il suffit de prendre le train en marche, gagner le cœur du chef mécanicien et de l’équipage en place et hop ! avec le prestige de l’uniforme, ce sera du pesé et emballé. Il faut mettre néanmoins une touche du baume « Honneur et Fidélité ». Il ne faut alors, mais pas du tout, oublier que c’est la devise des SS de triste mémoire. En fait si on comprend bien, les seules preuves que doit fournir un candidat seront qu’il a toujours été fidèle au calife. C’est une condition sine qua non, pour un départ qui ne sera pas en catastrophe. Comme le calife en fin de règne annonce sa candidature en 2018, il est clair qu’il cherchera une personnalité sûre qui lui gardera sa place au chaud et sans mauvaise surprise le moment venu. Pour certains candidats, la fierté majeure sera d’avoir été au service du chef de l’État. Sans peur ni honte du ridicule, ils avouent qu’ils ont été et continueront d’être un béni-oui-oui, un fantoche, un homme de paille, bref du type des Premiers ministres qui ont fait le bonheur des nos présidents-dictateurs. Ce n’est pas une marche vers un avenir radieux qu’ils nous proposent, mais une course en arrière, vers l’abîme. Quand on voit ceux qui les entourent, on frissonne intérieurement. Leurs cours comptent tous ceux qui ont conduit Madagascar dans la ronde de la mauvaise gouvernance, ceux qui se sont montré incapables de faire décoller ce pays « béni de Dieu ». On les a vus tous là, supputant leur chance de revenir aux affaires et de s’asseoir de nouveau à table ou devant le râtelier commun. Le plus comique sera que des candidats se croient investis d’un destin national au nom d’un mouvement auquel ils n’ont jamais participé. Au fait, qui a fait revenir le général Camille Vital ? Et pour quelles raisons ? Le silence assourdissant de Andry Rajoelina interpelle. Oui ou non, Camille Vital est-il vraiment son poulain ?

Nomena RAVALITERA
Professeur d’Université

6 commentaires

Vos commentaires

  • 21 février 2013 à 08:54 | I MATORIANDRO (#6033)

    Dia sady mampihomehy no mampalahelo tokoa ny zava-misy ! Na izany aza tsy izaho no voa fa ny tolana. May ny afo natsangany ny vahoaka. Kendan’ny vomanga nasesliky ny tanany. Tai-dronono mandroatra isak’izay mihetsika. Mahita izany ireo jiolahim-boto politika dia manararaotra ohatran’ny banga mihomehy alina. Tsy misy sahy miteny tsy misy mifampihaino. Ny miaramila dia mialokaloka amin’ny hoe lalana nefa hita miharihary izao fa tsy ara-dalana ny zava-misy rehetra eto madagasikara. Ny mpitondra fiivavahana dia lasa manao politika. Atao foana izay anariana dia ny vahoaka amin’ny zavatra tsy misy antony sy mahasoa rehetra izao. Ny mpitondra nifanesy teo dia samy nifaninana nanalika vahoaka sy nameno ny paosiny samy nanao taim-bava tamin’ny vahoaka afa-tsy i zafy albert irery. Ny tena tiako lazaina dia izao very hasina ny firenena Malagasy tsy misy azo ianteherana intsony fa samy manao izay saim-pantany. raha mbola misy nefa ny farany dia tsy ho foana ny fanantenako fa tsy maintsy mbola hijoro indray i Madagasikara reharehan’ny Malagasy.

  • 21 février 2013 à 09:08 | che taranaka (#99)

    Mme la Profeseur,
    Akory lahaly,

    Camille VITAL est le candidat de la FRANCE qui a dit NON au retour de RAVALOMANANA...

    la France veut rompre avec cette image d’un DJ sans kalité que Fabius a qualifié "d’être encore trop jeune"...Fabius n’arrive pas à comprendre comment un DJ peut appréhender la mondialisation..la crise financière...

    si comme David GUETTA devient ministre des finances dans le GVT français....Fabius veut éviter les futures prises de tête inutiles avec un type qui a l’âge de son gamin...le diplôme en moins...

    car Mr FABIUS veut prendre part dans les exploitations du gâteau malgache....!..et le RAVALO ne l’inspire pas...!

    le HAJO de DEBA manque de charisme...et risque de ne pas pouvoir porter un lourd héritage de l’amiral sans bâteau...finalement un boulet qu’un accélérateur de particules....!!

    Edgar sans kalité et un enrichissement douteux ne font pas du tout confiance à la mère patrie...et d’où vient la richesse d’Edgar..??...qui finalement a cédé ses actifs malgaches aux karanas....et a investi à l’Île Maurice....comme d’autre a investi en afrique du sud..

    le RETOUR de Ravalo est un cauchemar pour les RENEGATS...

    le retour de Ravalo est un cauchemar pour tous ceux qui sont sur la liste des fomenteurs du PUTSCH de 2009...et 90% des activités juteuses sont aux mains de cette liste...

    le retour de ravalo n’est pas souhaité par la France...

    d’où donc le choix du général formé à l’est qui n’a pas vraiment fait ses preuves sauf à devenir MPIJAPY et veule devant un DJ formé dans les FRANPRIX de PARIS...

    et le profil intéresse la France..TSIRANANA-BIS....le néo-colonialisme est en re-marche...

    pour le reste de vos questionnements qui cachent la forêt d’inquiètudes des GASY.....

    il nous reste le profil d’un RUGBYMAN..un SOLDAT de 2 ième classe...un MPAMAFA-LALANA D’ANALAKELY...sur la liste des présidentiables...!!..et à l’allure où vont les bêtises de gasy...en 2018..ou plus tard ils y seront...

    si j’étais vous ..j’essaie de trouver un post de technicienne de surface dans une université étrangère que de faire la révérence à ce genre d’énergumène...

    je prierai quand même notre Seigneur Dieu..(car il me reste un chouïa de croyant en moi...!) que vous allez occuper un poste de RECTRICE dans une université canadienne ..car vivre avec de tel mal’bar ce sera pas du malabar...!!!..

    Dieu nous garde....

  • 21 février 2013 à 09:15 | zorey974 (#7033)

    Les perspectives ne sont en effet guère encourageantes mais il ne faut pas désespérer. Je ne crois pas non plus qu’il soit nécessaire d’être bardé de diplômes pour réussir à diriger un pays. Il faut une personne éclairée, brillante pas nécessairement surdiplômée.
    Je vous souhaite de trouver votre "Lula" car si tout n’a pas été parfait au Brésil, il a su tirer profit des richesses et des riches sans les condamner tout en améliorant la situation sociale de nombreux brésiliens. C’est de cet exemple là dont Madagascar pourrait peut-être s’inspirer. C’est juste un ressenti, pas un conseil, ça n’est pas mon destin.
    Amicalement

  • 21 février 2013 à 10:02 | gasylahy gasykara (#6978)

    Io ilay nolazaiko fa tsy ahita anjely akory isika hitondra firenena,
    ary tsy voatery hiandry màna vao hisy itondra ny firenena,
    paikady daholo izao rehetra izao mba tsy isian’mpanaramaso amin’fanodikodinana ny haremben’Gasikara ho tombontsoan’mpikolikoly iraisampirenena...
    Izay hitondra eo dia olombelona avokoa ary mandihi-tany, haintsika avokoa ny tohiny, ka aoka tsy hanaiky rebirebena am’zao karazana fanasoketana isankarazany izao fa tsy mbola nisy akory mpitondra firenena teto ambonin’ny tany ka zanahary...
    Noho izany,
    azo tsaraina avokoa izay mpitondra eo ka nanao ny tsy mety, ka inona no manakana antsika tsy ampihatra izany lalàna velona eto amintsika itsaràna fa ahodikodina am’fandraràna, ny mahagaga tokoa dia hatramin’Lafratsiny (renimalao) aza dia manaraka izany fotokevitra izany...inona tokoa no antony ??? Dia lazaina fa miteraka korontana ny fahatongavany, o ry olon’e ! Ianareo no mpamily izao, voafehinareo ny fanonganana tam’alalan’famoretana, koa mahagaga indray izany fihodinan’resaka izany !!! Mialatsiny aloha fa io laingatsaralahatra io anie misy farany hatrany e, efa mivoaka tsikelikely izy izao ka na dia lazaina hatrany hatrany aza fa tsy misy porofo (mitsivaingana ohatran’ranomandry aletika anaty rano izy io).

  • 21 février 2013 à 12:09 | leclercq (#4410)

    Bonjour
    Et enfin cela signifie surtout qu’aucun homme politique quelque soit son bord n’est sûr d’être
    capable de gerer le pays , la preuve même un vulgaire DJ avait reussi à se proclamer président imposer sa loi et semer la terreur à tout va ,ce n’est pas étonnant que le pt peuple" considéré " comme soumis et surtout terrorisé a fini par baisser les bras alors même que ceux qui sont(soi-disant bien éduqués ) et sensés les reprensenter n’arrivent même pas à trouver le moindre terrain d’entente ,et surtout incapable de mettre hors d’état de nuire le Rajoelina qui a foutu le pays dans le KO,à croire qu’ils en ont la trouille ou tout simplement partisants et complices mouillés et corrompus jusqu’aux os, à cause de tous ces incompétents et de ses personnages véreux , Madadasacar n’est prêt de sortir du brouillard"HELAS " longtemps il sera en état de bélligérance voire pire assisté ,triste constact et malheureuse perspective , il faut bien l’admettre .
    Bonne journée malgré tout
    Bakoly

  • 21 février 2013 à 18:52 | Tanindrazana (#3224)

    Je vois dans votre analyse un melange de pessimisme and d’optimisme. Je m’explique :

    D’une part, notre histoire a prouve combien qu’on a ete trop incredule et immature pour diriger notre riche et cher pays. La gestion du pays tournait autours du gain et du pouvoir. Il fallait etre au pouvoir ou dans la cours des grands pour gagner sa part de gateaux. D’ou la course machiavelique sans merci jusqu’a des emprisonements, des destructions ....des assassinats. Bref, un melange de mensonges, d’egos deplaces et de haines comme arme de ceux qui sont dans la course. De plus, on a toujours vecu la main etrangere manipulatrice instutitionelle ou du pouvoir paralelle dans la cours de nos dirigeants. Avec les evenements de ces 4 ans de galere, on s’est trouve en face des ces realites en gros plan et sans effets de flou ni de maquillage. La main etrangere est belle et bien celle de la France, la Chine, les Karanas, et ceux qui sont derriere tous ces detournements divers et ces trafics grossiers. Rajoelina, Camille Vital et bien d’autres ne sont que l’extension de cette main manipulatrice. Concernant nos dirigeants, en tout cas, pas de vrais patriotes. L’Amour de la partie est tout au bas de la liste des criteres pour un etre un dirigeant de notre pays. Pas besoin d’etre comme un Ranjeva qui a travaille dur pour escalader l’echelle de la gloire. Pas besoin de morale. L’arme de guerre dans une main, la haine, l’esprit de division et la terreur avec l’autre, on se croit etre investi d’un pouvoir divin. Il y a bien a etre pessimiste.

    D’autre part, il n’y a pas a paniquer. Il y a un grain d’optimisme car le peuple a vu et vecu sa peine et voudrait s’en debarrasser pour toujours. La course sera fatale pour certains politiciens ou plutot politicards, car non seulement ils veillissent, mais en plus, les jeux machiaveliques et manipulateurs d’antan ne marcheront plus. Meme la France a bien change son cheval de bataille sans vraiment l’annoncer. La Chine prend du recul tout comme les Karana et les Mauriciens. L’International commence a taper sur la table pour annoncer la fin de la recreation. Avec le Ni- Ni, les candidats se multiplient sans pour autan etre sur de leur victoire. Rajoelina n’arrive meme pas a designer son vrai successeur. La Feuille de Doute plane dans notre histoire, mais une chose est sure, on en a marre de cette vieille politique de traitres. Le peuple veut un vrai changement. IL est grand temps de remettre les pendules a zero et de commencer une nouvelle vision sans ces mensonges et ses manipulations sans avenir pour l’ensemble du pays. On n’en veut plus de ces egoistes et ambitieux qui voudrait etre plus maitre que leur maitre. Ceux qui agissent en contre-vent verra leur avenir politique en chute libre bientot. Qui a seme le vent, recoltera bien sur la tempete....

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