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Economie

Filière « Lait »

La demande ne couvre plus le marché

mardi 25 septembre 2007 | Ax’s

La faible production laitière à Madagascar traduit parfaitement les conséquences de la crise de l’agriculture et de l’élevage. Actuellement, la production locale représentant les 70 % est rarement suffisante pour répondre à la demande sur le marché. Les produits laitiers ont toujours été considérés comme des produits de luxe. Ceci s’est accentué depuis quelques années dans la mesure où le prix du lait a augmenté alors que le pouvoir d’achat des consommateurs s’est amoindri. Pendant plusieurs années, le prix du lait a été à la baisse, cela s’est régulièrement répercuté sur les prix à la consommation. Le prix d’achat au litre par les entreprises de transformation est fixé à Ar. 565 tandis que les collecteurs s’approvisionnent chez les éleveurs au prix d’Ar. 488 à Ar. 513. Les livraisons ne sont pas toujours réglées au comptant ce qui pose des problèmes aux petits éleveurs. La production laitière est assurée par environ 12 000 éleveurs dont 90% sont des petits producteurs ne possédant que 5 vaches. A titre d’exemple, la société Tiko travaille avec 400 éleveurs dans la région d’Andranomanelatra (Antsirabe), 35 000 litres/jour sont ainsi collectés.

Du fait de l’insuffisance de la production laitière nationale, les industriels tels que Tiko et Socolait doivent impérativement importer du lait en poudre pour fabriquer leurs produits et de répondre aux besoins sur le marché. Selon les douanes malgaches, les importations de produits de la filière lait essentiellement du lait en poudre aurait atteint 8,3 Millions d’euros en 2005 (231 227 000 Ar). Certes, la filière est confrontée à des contraintes particulièrement lourdes, ne serait-ce qu’au niveau des techniques d’élevage non maîtrisées, le coût de l’acquisition du cheptel au démarrage de l’exploitation majoré du coût de l’alimentation et des soins véterinaires. L’informel gagne aussi bien que les collecteurs, la production laitière insuffisante à Madagascar explique bien que les transformateurs industriels produisent bien en dessous de leurs capacités. Bien que des initiatives aient été multipliées pour redynamiser la filière, cela ne suffisent pas véritablement à résoudre l’insuffisance sur le marché.

Régulariser le marché

La hausse des prix du lait en poudre importé devrait cependant bénéficier aux éleveurs et encourager la production locale. Pour assurer une filière durable du lait frais, Il est donc essentiel que Madagascar se voit reconnaître le droit de protéger son agriculture dans les accords commerciaux internationaux (APE…). Ils doivent accroître l’aide au développement de l’agriculture et en améliorer la qualité, comme le demandent les organisations paysannes africaines.

Les variations importantes des cours des matières premières agricoles doivent faire prendre conscience aux pouvoirs publics de la nécessité d’instruments de régulation des marchés, tout particulièrement dans le secteur laitier. Mais le plus accessible des solutions serait que le prix du lait payé aux producteurs connaisse une augmentation. Ce secteur pourrait ainsi se développer, créer des emplois et ainsi contribuer à éradiquer la faim et la pauvreté dans les zones rurales.

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