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dimanche 15 décembre 2019
Antananarivo | 19h30
 

Agriculture

Destruction des infrastructures et cultures agricoles

L’Etat à la rescousse des paysans

vendredi 4 mai 2007 | Nivo T. A.

Une bonne nouvelle pour la région Alaotra-Mangoro. L’Etat malagasy en partenariat avec les bailleurs de fonds dont la Banque Mondiale va effectuer des travaux d’urgence pour résoudre les problèmes rencontrés par les paysans suite au passage des cyclones ces derniers temps, dont « Indlala ». Deux membres du gouvernement, à savoir, Marius Ratolojanajary, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, et Koto Bernard, ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts, accompagnés du task manager chargé du programme de développement rural au sein de la Banque Mondiale, Sofia Bettencourt, se sont rendus dans cette région, mercredi dernier, pour évaluer les dégâts cycloniques et avancer des mesures d’urgence dans l’immédiat.

Selon le ministre Ratolojanahary, la région d’Alaotra-Mangoro dispose 92.000 de rizières dont 11% n’est plus exploitable à cause de l’ensablement. 7.000 ha sur les 81.000 ha ont été détruits après les intempéries et les cyclones. Une perte de production de 6% dans ce grenier à riz a été ainsi constatée. Par ailleurs, des infrastructures agricoles ont été détruites.

Environnement lié à l’agriculture

Trois sites dans le district d’Amparafaravola ont été visités par les autorités, ce mercredi. Dans le site d’Ampasikely, l’on a constaté que la dégradation des bassins versants a une forte influence sur les infrastructures agricoles et les cultures. Les canaux d’irrigation alimentant le barrage de retenue de Besomangana sont ensablés et ne fonctionnent pas comme il le faut. Selon Rasolofamanana Cyrille, représentant de la Fédération des groupements de paysans, 100 ha sur les 850 ha qui devraient être irrigués ne sont pas cultivables faute de l’eau. « En général, le rendement rizicole à Ampasikely s’élève entre 4 à 5 t/ha, mais actuellement, cela a diminué jusqu’à 2,5 t à 3 t /ha . Pour cette campagne donc, l’on estime une perte de 150 tonnes de production », ajoute R. Cyrille. Pour les sites d’Ambohijanahary et Tanambe, la digue de protection d’Anony- Ambohijanahary s’est effrondée. Il y existe des plus grands périmètres irrigués dans cette région.

Dans la rive droite du fleuve Anony, 500 ha sur les 2741 ha de périmètres aménagés sont détruits, selon Razafimahefa Samuel, président de la Fédération
des groupements paysans dénommée Tsimahalahy. 200 ha de rizières sont irrécupérables à cause de l’ensablement. Toujours dans la rive droite, trois brèches sont dévastées et nécessitent des travaux d’urgence pour faire face à la prochaine campagne. En ce qui concerne la rive gauche du fleuve d’Anony, située dans la commune de Tanambe, 4906 ha de périmètres sont aménagés et 2 000 ha non aménagés ont été inondés à cause de la montée des eaux du Lac Alaotra. Une superficie de 500 ha sur ces 4906 sont endommagés dont 48 ha ensablés. Trois brèches y sont également détruites.

Des travaux d’urgence avec les bailleurs

L’évaluation des dégâts cycloniques effectuée par les ministres Ratolojanahary et Koto Bernard avec la représentante de la Banque Mondiale a permis de déterminer dans l’immédiat les travaux d’urgence pour que les paysans puissent faire face à la prochaine campagne rizicole. Le ministre Ratolojanahary a annoncé que les travaux d’urgence consisteront à rehausser la digue de protection et le curage du canal alimentant le barrage de retenue d’Ampasikely, combler les six brèches ouvertes par les crues des rivières d’Anony et Ambohijanahary, renforcer les digues sur les rives gauche et droite du fleuve d’Anony. Ces travaux devraient être réalisés avant la prochaine campagne rizicole.

Quant à la brèche ouverte avec une largeur de près de 52m, située à 13km de la digue d’Anony à Tanambe, cela nécessite de grands travaux nécessitant des contrôles techniques, a expliqué le ministre de l’Agriculture. « Des experts seront d’abord recrutés pour effectuer une évaluation technique avant le comblement de cette brèche car elle détruit non seulement les cultures mais elle peut mettre en danger tout un village situé en face de la digue », a-t-il rajouté. De leur côté, les paysans s’engagent à protéger et entretenir ces biens communs indispensables à leurs activités agricoles, comme le témoignent les deux présidents des fédérations de groupements des usagers de l’eau « Tsimalahy » et « Anonivelona », Razafi-mahefa Samuel et Ndiniarivola Henri. Quant au ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts, Koto Bernard, il a annoncé que les mesures d’urgence sur le plan environnemental consistent à la protection de bassins versants d’Ampasikely afin d’éviter l’éboulement qui détruit les cultures rizicoles. Cela devrait être réalisé, avec le concours de la population locale ainsi que les partenaires . Dans le cadre du programme environnemental, phase III , 1000 ha de superficie ont été déjà reboisés dans la région d’Alaotra. Et le ministre de l’Environnement de déclarer que des vétivers seront plantés au plus tard en mai sur le long des digues de protection pour les renforcer au niveau des trois sites visités, et sur les bassins versants d’Ampasikely, afin de limiter l’ensablement des infrastructures d’irrigation et les rizières. Et ce, avec la forte mobilisation des bailleurs et partenaires et surtout les communautés locales.

Les deux ministères avec les partenaires vont se mobiliser pour réparer les dégâts cycloniques dans le cadre du démarrage de la « Révolution verte », a déclaré le ministre Ratolojanahary. Les bailleurs de fonds dont la Banque Mondiale vont contribuer à la concrétisation de ces travaux d’urgence. Par ailleurs, Sofia Bettencourt de la Banque Mondiale a mis en relief la nécessité absolue de l’adoption des normes anti-cycloniques pour les infrastructures à Madagascar pour alléger les dégâts causés par les cyclones. Notons que 157 000 ha de terrains sont inondés et 122 km de canaux d’irrigation sont endommagés, dans tout le territoire national, suite au passage des cyclones de cette année.

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