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jeudi 12 décembre 2019
Antananarivo | 13h32
 

Portrait

Mme Geneviève Ramakavelo

« Je regrette de dire que les malgaches ne savent pas exploiter les richesses de son pays »

samedi 22 septembre 2007 | Feno R.

Nous avons profité de l’édition bilingue de « Noro la sirène » ou « Ilay zazavavin-drano » qui a reçu l’appui de l’ « Opération Bokiko » pour faire le portrait de son auteur : Mme Geneviève Ramakavelo. Mère, grand-mère, épouse d’un Général de l’Armée lui-même un ministre à un certain moment, professeur à l’Université, présidente d’une association, etc… Elle sait s’adapter à toutes les situations… Portrait.
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Derrière un homme, il y a toujours une femme. Le cas du couple Ramakavelo n’échappe pas à cette règle. Marie Geneviève Ramakavelo née Ranoronirina étant l’épouse du Général du même nom, plus précisément du Général Désiré Philippe Ramakavelo. Plus discrète, plus humble, elle mène une vie simple et à la fois très épanouie. Si on décrypte ses débuts, elle est l’aînée d’une famille de 6 enfants. Leurs parents, fonctionnaires soucieux d’assurer sa stabilité en matière d’éducation, l’a laissée sous la garde de ses grands-parents habitant une contrée de Fandriana. Depuis qu’elle est l’épouse d’une haute personnalité (son époux étant un général de l’armée, un ancien ministre de surcroît), elle sait parfaitement s’adapter à sa nouvelle situation. La vie de ce couple est faite d’échanges mutuels et constructifs, et de partage.

Deux contes édités

Elle et son époux ne cherchent qu’à trouver tout ce qui peut améliorer la vie de leurs compatriotes. Le fait d’avoir quarante ans de mariage, et d’avoir 8 merveilleux petit-enfants, l’a poussé à écrire cette série de contes intitulée « Raconte-moi une histoire ». Animée d’un fort sentiment de partage, elle veut faire découvrir à ses propres petits-enfants et aux autres enfants les contes malgaches. Deux albums à savoir « Noro la sirène » et « Le caïman et l’hérisson » sur les six contes prévus de la série sont sortis jusqu’à présent. Le premier est écrit à la fois en malgache qu’en langue de Molière. Tandis que le second est sorti uniquement en malgache. L’objectif est que les enfants malgaches puissent découvrir les contes et légendes dans sa langue maternelle, et éventuellement savoir lire en malgache. Une autre raison de l’édition de cette série d’ouvrages vient du fait qu’avec ses contes, elle peut transmettre à la génération future la valeur malgache. Comme le malgache, le français et l’anglais sont constitutionnellement déclarés langues officielles de la République de Madagascar, un des livres prévus dans le cadre de cette série sera écrit en anglais. Par ailleurs, étant professeur de sciences naturelles, il va sans dire qu’elle souhaite également que la richesse de la nature à Madagascar soit connue par les petits malgaches. Pour le second album intitulé « Ny Voay sy ny Sokina », elle veut que ceux-ci découvrent son environnement, connaissent mieux ces deux bêtes notamment. L’album est structuré pour qu’à la fin de l’histoire, le lecteur puisse tirer une leçon.

Une vraie scientifique...

Elle a notamment été professeur de Sciences Naturelles de 1971 à 1984 au Lycée Rabearivelo. Elle a attendu que son troisième et dernier enfant soit âgé de 10 ans pour reprendre ses études universitaires, faire sa maîtrise et son doctorat en science de la Terre option Micropaléontologie à l’Université de Paris VI. Elle tenait à cette époque à bien terminer ce qu’elle avait commencé. Actuellement, elle enseigne la paléontologie à l’Université d’Antananarivo. En outre, elle fait partie d’une association des femmes dans sa paroisse. Elle préside une association féminine dénommée « Femmes et Sciences de Madagascar » qui rassemble les femmes chercheurs afin qu’elles puissent faire connaître les résultats de leurs recherches.

Au regard de son parcours professionnel et de ses activités journalières, elle est à la fois une femme de la culture qu’une scientifique. Cette professeur à la Faculté des Sciences de l’Université d’Antananarivo a participé à des colloques internationaux sur la micropaléontologie et des congrès des ostracodologistes. Mais elle a déjà aussi pris part à un congrès sur la Protection des biens culturels. Grâce à ses nombreux voyages à l’extérieur, et ses rencontres avec les gens d’ici, elle constate que notre pays est riche, tellement riche, mais regrette fortement le fait que ses compatriotes ne savent pas exploiter cette richesse. Ils n’ont pas cet esprit d’investisseur. La faute aux systèmes éducatifs successifs, elle martèle.

Elle aime s’occuper des petits.

Elle, étant une mère et une enseignante à l’Université, a la chance de travailler à la fois sur les petits que sur les universitaires pour remédier à cette situation. Quelle est la source du problème ? A ses yeux, d’abord, les petits malgaches ne maîtrisent pas bien leur langue maternelle qu’on les inculque la langue de Molière, et ensuite celle de Shakespeare. Ensuite, aucun réel investissement n’est fait en faveur de l’enseignement supérieur. Une école primaire ou secondaire est mieux lotie en matériel qu’une Faculté. Puisqu’on forme à l’université des futurs cadres, pourquoi ne pas leur donner d’emblée un environnement approprié ? La situation actuelle les incite plutôt à recevoir des ordres, être un simple exécutant qu’à diriger une entreprise, dans le pire de cas à manager une équipe.

Si elle n’enseigne pas à l’Université, elle occupe ses temps libres, et consacre éventuellement une partie de ses temps, à la cuisine, à la lecture, au visionnage des films documentaires notamment relatifs à la tendance et à la tradition. Elle fait aussi du jardinage. Elle aime les fleurs tels les antiriums et les orchidées… Enfin, elle déteste les films qui font honneur à la violence.

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