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mardi 27 octobre 2020
Antananarivo | 15h29
 

Société

« Toaka gasy »

Haro sur l’ambiguïté des lois en vigueur

jeudi 29 mai 2008 | Nivo T. A.

La fabrication, la vente, le transport et la détention du rhum prohibé, communément appelé « Toaka Gasy » entraîne des ambiguïtés que ce soit dans l’application des textes en vigueur soit entre les autorités diverses. A preuve. D’un côté, le Service des Contributions Indirectes au niveau des régions délivre une autorisation de fabrication du rhum local tout en permettant dans la foulée la libre circulation de cette boisson à condition bien sûr que les fabricants ou les revendeurs aient déjà respecté les normes requises par les dispositions en vigueur.

De l’autre, ce ne sont pas les escrocs et profiteurs de tout bord qui manquent chez nous. Par conséquent, certains de ces derniers ont profité de l’autorisation pour collecter des produits ici et là qui ne sont pas du tout dans les normes, c’est-à-dire nuisibles pour la santé des consommateurs sans modération.

La circonscription administrative de Fianarantsoa dont Ambohimahasoa, Ambositra, Ambalavao constitue un lieu de prédilection des fabricants du « Toaka Gasy ». Par voie de conséquence, des patrouilles et contrôles des forces de l’ordre opèrent dans ces endroits où les transactions y afférentes font légion. Et suite à ces contrôles, des contraventions ne tardent pas à créer des mécontents comme il fallait s’y attendre.

L’autorisation ou la licence de fabrication, de transport et de vente semble être induite en erreur par le fait que la distillerie concernée n’a pas fait l’objet d’un contrôle en bonne et due forme. Ce qui constitue inévitablement des ambiguïtés dans l’application des lois. Et par ricochet, un seul fabricant disposant d’une autorisation légale rassemble plus de fabricants sous sa coupe, portant atteinte aux recettes fiscales.

Les autorisations de fabrication, de transport et de vente de rhum local ne répondent que partiellement aux exigences des dispositions légales, encore moins à l’esprit des législateurs qui, il faut le reconnaître sincèrement, ont le souci de lutter contre le trafic des « Toaka gasy » dont la qualité ou le degré laisse souvent à désirer.

- Quid des normes de la fabrication du Toaka Gasy

Selon le Colonel Laha Dauphin, chef du service des Stupéfiants au commandement de la gendarmerie, les fabricants du « Toaka gasy » devraient disposer des locaux répondant aux normes sanitaires et scientifiques dans l’intérêt des consommateurs.

On doit trouver dans ces locaux une distillerie pour la préparation de l’alcool sans parler de l’alcoomètre devant mesurer comme il se doit le taux d’alcool contenu dans la boisson ainsi produite, quoique artisanale soit-il. Avant la mise en bouteille, les produits devraient faire l’objet d’un prélèvement au Bureau des Normes à Antananarivo. Il appartient à ce dernier de fixer en toute connaissance de cause les procédés techniques concernant le taux d’alcool ou degré permettant sans trop de danger à une consommation assurée du moins.

L’autorisation délivrée par le Service des Contributions Indirectes stipule que : « Une usine de fabrication de « rhum local » doit se soumettre à toutes les obligations fiscales prescrites dans la réglementation en vigueur et la fabrique de l’intéressé doit fonctionner tous les jours ouvrables de 8h à 12 h et de 15h à 18 h ». Selon encore Le Colonel Laha Dauphin, Chef du service des Stupéfiants de la gendarmerie sur la photo.

- Circulation du « Toaka Gasy » : Un laissez-aller en fin de compte ?

Suite à ces ambiguïtés évoquées par ailleurs, on constate un certain doute bien compris d’ailleurs des forces de l’ordre lors qu’elles se trouvent en face de certains trafiquants de « Toaka gasy » munis d’une certaine autorisation comme quoi ils pourraient faire circuler librement leurs produits. Comme si ces derniers avaient respecté scrupuleusement les normes en vigueur alors que la réalité est toute autre.

Comme on voit, de temps en temps, les gendarmes ont fait brûlé publiquement les « toaka gasy » saisis qui font partie d’ailleurs des boissons frauduleuses. Non contents de cet état de faits, les intéressés revendiquent leurs droits parce qu’ils auraient déjà en détention d’une « autorisation en bonne et due forme ». Ce qui constitue une certaine réserve automatique des contrôleurs ambulants entraînant, hélas, un laissez-aller en fin de compte. Au profit logiquement des profiteurs et escrocs de tout bord qui ne visent qu’à faire des « business » quitte à désavantager des consommateurs avides de boissons alcooliques qu’elles soient prohibées ou non.

Notons que les véritables professionnels patentés et authentiques devraient avoir des marques non moins officielles selon lesquelles ils peuvent les vendre librement avec la garantie conforme aux normes requises. Citons, par exemple, à cet effet, quelques marques comme « Zafimaniry » et « Niainga Miala » dans le district d’Ambositra. Et quid de celle de la fameuse… Ambodivoara ou Galeoka bien connue dans les parages de la région Betsileo.

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