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dimanche 25 août 2019
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Développement

Le Programme SALOHI arrive à terme

Des agents villageois et des paysans leaders témoignent

mardi 10 juin 2014 | Bill

La résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis à Ambaranjana a hébergé ce vendredi 6 juin, une cérémonie hors du commun ; elle été le théâtre de la clôture officielle du programme phare de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), celui de la sécurité alimentaire et du développement rural, dénommé SALOHI. Ce fut une opportunité pour les bénéficiaires d’exprimer leur reconnaissance envers les initiateurs du programme et de partager leurs acquis durant les 5 ans de déploiement du programme. Le Chargé d’affaires, Eric Wong, et le ministre malgache de l’Agriculture, Roland Ravatomanga, ont honoré cette cérémonie au cours de laquelle quelques représentants des régions cibles ont, à travers leurs témoignages, donné une idée des performances réalisées par les ménages impliqués dans le programme.

Angéline Rasoarimalala, agent villageois du fokontany d’Ambodivoananto, du district de Vatomandry, région Atsinanana, a pris du plaisir à raconter que son groupe d’épargne et de crédit a beaucoup aidé les ménages, notamment les mères célibataires, à améliorer sensiblement leur vécu quotidien et à fonder des espoirs quant au devenir de leurs enfants, tant du point de vue éducation et instruction que du point de vue santé. Certaines de ces épargnants ont réussi en 3 ans, à passer de l’élevage de poulets, à porcin et ces temps-ci à bovin. Angéline a noté que les comportements des pères de famille ont changé ; elle a fait constater un partage et un équilibre des tâches pour une amélioration de la qualité de vie. Angéline n’a pas manqué de souligner qu’elle a réussi à promouvoir huit (8) autres groupes d’épargne et de crédit qui s’acheminent vers l’autonomie.

Un autre témoin, un paysan leader du fokontany de Marofarihy-Manakara, a aussi pris le micro et fait comprendre à l’assistance les progrès que lui et son groupe et les autres paysans ont réalisés grâce au programme SALOHI. Si auparavant, ils ont ensemencé 15kg de paddy pour n’en récolter que 45kg de riz blanc, grâce aux techniques améliorées, ils n’utilisent que 20kg de semences pour cultiver un hectare et en récolter 5 tonnes de paddy. En tant que paysan volontairement leader, le témoin a fait en sorte que d’autres paysans l’imitent et s’organisent en groupements. Aujourd’hui, déclare-t-il, plusieurs groupements de paysans leaders sont en réseau avec d’autres ONGs ; et il n’a pu s’empêcher de rendre hommage aux contributeurs du programme, dont les contribuables américains, a-t-il insisté.

Christian, paysan leader d’un fokontany de la commune d’Imito dans la région Amoron’i Mania a lui aussi abondé dans ce sens en mettant l’accent sur le programme SALOHI qui y était depuis 2009. Grâce au système de riziculture amélioré, dit-il, le rendement rizicole des membres du groupement est passé de 2t/ha à 5 ou 6t/ha ; en plus des cultures de contre-saison poursuit-il. Le résultat est palpable si on devait le croire car il a cité qu’il est aujourd’hui en mesure de payer de faire face à toutes ses obligations et de payer tous les impôts qu’il doit. Mieux, les groupements qu’il a promus sont écoutés au niveau de la commune et c’est ainsi que périodiquement, les pistes et les canaux sont l’objet de travaux communautaires tous les deux mois. Par ailleurs, ils ont pu faire admettre et accepter que 10% des recettes des communes soient redistribuées aux fokontany et une évaluation trimestrielle des travaux réalisés dans les fokontany soit faite.

Bref, en plus des progrès palpables dans les ménages, SALOHI a réussi à faire passer l’esprit de responsabilité et de redevabilité chez les leaders qu’il a révélés (réseautage et pérennisation : voir d’autres témoignages en fichiers attachés). Plus d’uns espèrent que le nouveau programme annoncé ce vendredi 6 juin par le Chargé d’affaires, Eric Wong, s’étendra à d’autres régions et génèrera d’autres leaders encore plus performants. Eddy Raosanaivo, un cadre de l’USAID, confirme les déclarations du Chargé d’affaires, selon lesquelles un nouveau programme d’une enveloppe de 75 millions de dollars sera sur les rails le mois d’août prochain, toujours dans le domaine de la sécurité alimentaire et du développement rural, croit-on savoir.


SALOHI

Doté d’une enveloppe de 85 millions de dollars sur 5 ans, SALOHI ou Strengthening en Accessing Livehood Opportunities for Household Impact, ou Renforcement des moyens de subsistance des ménages, a été mis en œuvre par un consortium d’ONG internationales expérimentées dont Adventist Development Relief Agency (ADRA), CARE, Catholic Relief Services (CRS) et Land O’Lakes. Les régions concernées sont : Analanjirofo, Atsinanana, Amoron’i Mania, Vatovavy Fitovinany, Atsimo Atsinanana, Anosy et Androy.

Le consortium a bénéficié de l’appui de 4 partenaires opérationnels locaux, notamment le Bureau de Développement de l’ECAR Mananjary (BDEM), CARITAS, l’Organe diocésain de Développement de Toamasina (ODDIT) et Fampivoarana Iombonana amin’ny Tsara Entina ho an’ny Ankohonana (FITEA).

L’objectif du projet SALOHI était de réduire l’insécurité alimentaire et la vulnérabilité dans 21 districts de l’Est et du Sud malgaches. Il a ciblé 98 500 ménages vulnérables (environ 492 500 individus) dans 120 communes rurales de 21 districts et trois (3) centres urbains des régions l’est et du sud de Madagascar. La sélection de ces zones reposait sur des données nutritionnelles sur les indicateurs de pauvreté et la vulnérabilité aux catastrophes naturelles, ainsi que sur les synergies avec d’autres secteurs de développement.

Le projet SALOHI a travaillé en étroite collaboration avec les communautés locales à responsabiliser les gens à sortir de l’insécurité alimentaire et de la vulnérabilité. Il a aussi amélioré les capacités humaines en matière de santé et de nutrition, renforcé les capacités au niveau de la productivité agricole, de l’agro-industrie et de la mobilisation des capitaux, réduit la vulnérabilité aux risques et aux chocs et renforcé la capacité des bénéficiaires du projet à influer sur les décisions qui touchent leur sécurité alimentaire.

Recueilli par Bill

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3 commentaires

Vos commentaires

  • 10 juin 2014 à 08:51 | harmelle (#5862)

    Maintenant qu’il est démontré que des productions de riz très largement supérieures peuvent être obtenues le gouvernement malgache va t’il mettre en place les structures pour aider ces agriculteurs ???

    • 10 juin 2014 à 09:15 | Eloim (#8244) répond à harmelle

      Tous les projets d’envergure comme le projet SALOHI de l’USAID trouvent bien leur place dans la société malgache. Pourtant, un fois ces projets touchent à terme de leur dernière phase d’existence ; quid maintenant à penser à comment relever le défi de la pérennisation des actions qu’on a été engagées pour poursuivre dans le sens positif l’efficacité de ces actions menées. C’est toujours cette question là qu’on pose souvent face à ces différents actions entrant dans le cadre d’assistance sociale et technique : LA PERENNISATION. Tout pays en difficulté et en voie de développement y passent dans la plupart des temps. Une fois les Capitaux quittent d’emblée le pays concerné, tout va tomber à l’eau. Et c’est dommage, par manque de politique sociale efficace.

    • 10 juin 2014 à 09:36 | Eloim (#8244) répond à Eloim

      D’où la raison d’être d’une entité d’obédience associative dénommée : MASSE (pour le suivi et évaluation) pour mettre en oeuvre la suite des actions menées des différents projets.

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