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lundi 18 novembre 2019
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Société

Décence contre travail

vendredi 27 mai 2011 | Miary

Mercredi 25 mai la fine fleur des partenaires de Madagascar en matière sociale était réunie pour discuter de la protection de la population la plus vulnérable : Union Européenne, BIT, UNICEF, OMS, PAM , FID/Banque Mondiale et GIZ (anciennement GTZ) avec entre autres des représentants de syndicats de travailleurs et du patronat.

L’objet principal de la rencontre était de préparer l’appui à apporter à la couche vulnérable de la population après la sortie de crise en faisant des échanges sur les meilleurs pratiques d’aide dans le passé, réfléchir sur les principes d’efficience et d’efficacité des interventions et enfin les besoins de renforcement des capacités des intervenants.

Comme on le voit, il s’agissait plus d’échanges techniques mais la surprise est venue lors des exposés sur les fameux Himo dont le FID est le principal agent d’exécution à Madagascar. Le principe est connu : les communautés de base font monter leurs besoins à savoir voies de communication ou assainissement ou lutte contre l’inondation.... Il est choisi des exécutants suivant des critères assez stricts et pendant 50 jours maximum ils seront payés à 2500 ariary par jour. Cela fait une rentrée d’argent appréciable dans un foyer pour les besoins d’alimentation ou la scolarité des enfants.

Un débat dans le débat a eu lieu sur une intervention d’un syndicaliste qui a fait remarquer que par exemple dans les curages des canaux, les travailleurs travaillent à main nu et sans protection dans une eau sale. Alors que les organismes tels que le BIT ou l’OMS préconisent des méthodes aptes à protéger le travailleur. Comme l’a dit le modérateur « ça commence à chauffer ! »

Bien entendu la réplique n’a pas tardé à apparaitre pour dire que l’essentiel du financement est destiné d’abord à un transfert d’argent en faveur des plus pauvres et que l’achat de gants et bottes gonflerait les frais de fonctionnement et diminuerait la part pour les familles.

Dans le fond, le travailleur d’une zone franche mis au chômage pour suppression d’AGOA et crise veut mettre en avant que la décence est un élément à considérer aussi. Même tombé plus bas que terre le chômeur veut garder sa dignité. Cette aspiration entre-t-elle dans la panoplie de l’aide internationale ?

2 commentaires

Vos commentaires

  • 27 mai 2011 à 08:32 | N.R. (#2958)

    Merci à Miary de soulever le problème de l’HIMO qui est le reflet de la souffrance d’une large majorité des travailleurs Malagasy.
    Il est scandaleux de constater qu’à Madagascar, les responsables étatiques, les partenaires sociaux sont complices de la maltraitance de ses compatriotes mal lotis ; une sorte d’esclavage moderne.
    Il faut que tout le monde comprenne qu’il faut mettre l’homme au centre de tout intérêt. Sans considération de la condition humaine, il n’y aura pas de développement. N’oublions pas qu’on n’est plus au XXXIIIe siècle, ou encore en colonisation, où la classe dominante peut tout se permettre. Reconnaissons que c’est encore le cas aujourd’hui, lorsque un fonctionnaire international perçevant 10 à 20 000$ avec la complicité des gouvernants otoctones payés au moins 5000$ soulagent leur conscience en payant 1$ par jour un Malagasy ? n’est ce pas de l’esclavage ?

    Pour être plus concret, peut on faire vivre une famille pour 2500 ariary/jour ? sachant que le kilo de riz est à 1200 ariary, Un ménage à 5 personnes en consommerait 2kg par jour, autrement dit, cette somme arrive à peine à acheter du riz. Et le reste ????

    Soyons honnêtes, il faut évoluer et réformer ce système hérité du colonialisme. Il n’est pas normal que l’on fasse perdurer la souffrance de nos compatriotes.

  • 30 mai 2011 à 09:30 | Gérard (#5118)

    Effectivement il faut réagir à partir de la base et non pas demander au gouvernement de travailler de manière digne à la place des malgaches qui ne voient pas plus loin que leur ration de riz journalière.
    Dans un pays où il est possible de cultiver toute l’année contrairement aux pays occidentaux où six mois de l’année on ne voit même pas le soleil, où la température ne dépasse parfois même pas barre de 0°c.a.d. qu’il y fait la température d’un réfrigérateur et même d’un congélateur pendant une bonne moitié de l’année. Pourquoi au lieu de brûler tous les jours du bois, les malgaches laissent faire la nature au lieu de la guider pour en retirer l’essence même, sa force et ses richesses, fruits légumes, bois précieux dont ils pourraient faire des plantations et les revendre au lieu de dévaster sans replanter. Pourquoi ne pas traiter les produits sur place au lieu de les importer du monde entier en laissant la base sans travail. Exporter les richesse au bénéfice des autres en se contentant d’un bol de riz n’est pas une solution. Il faut retrousser ses manches et agir INTELLIGEMMENT et non pas subir bêtement en étant opportuniste. Mais ce n’est que mon humble avis qui n’engage que moi...

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