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Editorial

De l’ingérence de l’État par rapport à la liberté

vendredi 18 mai 2007 | Miary

Les regrets exprimés par la France à l’occasion de l’expulsion du Père Urfer soulignent la dimension de cette affaire. L’opinion internationale met cette prise de position de Madagascar au compte de la sanction d’un délit d’opinion : Urfer a été expulsé car il a des opinions qui ne plaisent pas aux autorités malgaches. (C’est la seule « infraction à la législation malgache » qu’on pourrait lui reprocher.)

La partie malgache se réfugie derrière la pratique admise un peu partout de ne pas avoir à donner ses explications. Une campagne, parallèlement, se fait plus insistante, disant qu’en dehors de ses opinions il y a aussi la manière d’Urfer. Il s’exprime avec une vigueur et un ton qui ne sont pas toujours dans le style du pays. Il heurte la sensibilité de ses paroissiens et même des prêtres de sa congrégation.

Plusieurs questions sont débattues. Un étranger a-t-il le droit d’avoir une opinion sur les affaires du pays ? Madagascar n’a t-elle pas signé les pactes internationaux donnant la liberté d’opinion à ses ressortissants et aux étrangers ? Est-ce à l’Etat d’arbitrer des débats au sein d’une Eglise ?

Lorsque quelqu’un est légalement entré dans le pays, mieux lorsqu’il est appelé à un service pour le pays, il est courant de lui demander son appréciation sur les affaires car aucune activité n’est totalement autonome et sans influence sur son environnement. Cette position est l’expression d’une opinion. Dans le cas présent, Urfer au vu et au su de tous pendant plus de 30 ans n’a cessé de s’exprimer sur les affaires du pays quels que soient les régimes. Tous les investisseurs et hommes d’affaire à Madagascar perdent leur repaire face au cas Urfer car eux aussi ont des opinions sur notre pays.

L’expulsion d’une religieuse de 80 ans après un séjour de 35 ans aggrave l’inquiétude.

La campagne que nous évoquions fait état des jugements négatifs de paroissiens et même de religieux sur ce père. Admettons leur jugement. Mais d’abord il faut dire que personne ne peut recueillir l’unanimité des appréciations. Et même si ce prêtre avait un caractère de « cochon »et qu’actuellement l’Eglise est partagée entre pro et anti expulsion, est-ce à l’Etat d’arbitrer ce genre de conflit ? Répondre oui, ou même l’admettre tacitement, nous amènerait dans l’ingérence de l’Etat dans toutes les affaires des Eglises, qu’elles que soient leur dénomination.

L’ingérence de l’Etat dans toutes les affaires civiles. Ce serait admettre la gérance étatique de toutes les affaires du pays.

Une réponse claire sur les droits des uns et des autres clarifierait l’atmosphère dans tous les domaines aussi bien pour nous malgaches que pour les étrangers que nous appelons à vivre et travailler dans notre pays. S’il s’agit d’un délit d’opinion, il est à craindre que l’expulsion est aussi un signal fort à tous les malgaches faiseurs d’opinion.

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