Il aura fallu deux mois seulement pour que prenne fin la mission du Colonel Patrick Rakotomamonjy à la tête du Bureau des doléances de la présidence de la Refondation. Le Conseil des ministres réuni mardi a en effet décidé d’abroger sa nomination, intervenue le 24 novembre 2025, sans fournir d’explication officielle sur les motivations exactes de cette décision. Cette révocation rapide suscite interrogations et spéculations, tant le poste occupé est stratégique dans le dispositif institutionnel actuel.
Le médecin-colonel Patrick Rakotomamonjy n’est pas un inconnu de la scène politique nationale. Cet ancien directeur technique adjoint au Centre hospitalier de Soavinandriana (Cenhosoa), avait été soupçonné d’avoir placé du cocktail molotov dans l’enceinte de la Villa Pradon Antanimena. Ayant pris la fuite à l’étranger, il avait ensuite été condamné à 20 ans de travaux forcés. Il s’était imposé dans le débat public après avoir dénoncé publiquement l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga. Dans plusieurs vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux, le colonel Patrick a accusé Ravatomanga d’entretenir un système d’influence et de pratiques opaques au sommet de l’État. Ces déclarations ont précédé la chute du régime d’Andry Rajoelina et le départ en exil de Mamy Ravatomanga, coïncidant par la suite avec des procédures judiciaires ouvertes à l’étranger contre l’homme d’affaires, renforçant leur retentissement médiatique.
Aucune communication formelle n’a été faite sur ce limogeage. Néanmoins, le nom du colonel a récemment été cité dans une affaire d’agression présumée d’un commerçant, survenue aux abords de l’hôpital militaire de Soavinandriana, vers la fin de l’année 2025. Une enquête serait en cours afin d’établir les responsabilités.
-----





Vos commentaires
Est-ce qu’il n’y a pas de "porte parole" au sein du gouvernement ?
Et le nouveau "responsable de communication" au sein de la présidence n’a rien à dire à ce sujet non plus ?
La fonction officielle au sein de l’administration n’est pas une "officine secrète" qui agisse à la manière d’un secte ou d’une loge, surtout pour quelqu’un qui avait occupé une position politico-strategique de ce genre...
Et là, le vide et le silence absolu...
Répondre