Après plusieurs années d’incertitudes, le site pétrolier de Tsimiroro retrouve de l’activité. Madagascar Oil annonce la reprise de la production de fioul lourd sur ce gisement situé dans l’ouest de Madagascar. L’annonce a été faite à Antananarivo par le nouvel administrateur général de la société, Yanto Sianpar, lors d’une rencontre avec la presse. La compagnie tente ainsi de tourner la page d’une période agitée, marquée par des tensions internes, des procédures judiciaires et un environnement pétrolier mondial particulièrement instable.
Les premières opérations démarrent à un rythme volontairement mesuré. La production initiale s’établit autour de 300 barils par jour, correspondant au lancement de la première phase du programme. Madagascar Oil prévoit ensuite une montée en puissance progressive. L’objectif affiché est d’atteindre 3 000 barils quotidiens dans un délai d’environ deux ans, en consolidant progressivement les capacités techniques du site.
Pour y parvenir, la compagnie mise d’abord sur les infrastructures déjà présentes à Tsimiroro. Vingt-cinq puits existants doivent être remis en service afin de relancer l’extraction. Cette étape sera suivie par de nouveaux travaux de forage destinés à élargir la production. Les installations techniques feront également l’objet d’améliorations, notamment les équipements d’injection de vapeur nécessaires pour extraire ce pétrole lourd, ainsi que les systèmes de traitement et de production.
Les difficultés rencontrées ces dernières années ont largement ralenti le développement du projet. Madagascar Oil évoque notamment la volatilité persistante des marchés pétroliers internationaux. La pandémie de COVID-19 a également perturbé l’ensemble du secteur énergétique mondial, entraînant une baisse des investissements et de nombreuses interruptions d’activités. Dans le même temps, l’entreprise a dû gérer des litiges complexes et mener une restructuration financière finalement approuvée en 2024 par la Cour suprême des Bahamas.
Malgré ce contexte mouvementé, la société a continué à approvisionner certains industriels du pays. Parmi les entreprises clientes figurent Star, la Savonnerie Tropicale et Pêche et Froid de l’Océan Indien (PFOI), qui utilisent ce combustible dans leurs activités.
Madagascar Oil regarde également vers un marché bien plus vaste : celui de la Jirama. La société nationale d’eau et d’électricité consomme d’importantes quantités de fioul lourd pour alimenter ses centrales thermiques. Ses besoins sont estimés à près de 4 000 barils par jour. Si la production de Tsimiroro progresse comme prévu dans les prochaines années, la compagnie espère pouvoir répondre à une partie de cette demande.
Produire du fioul lourd sur le territoire pourrait réduire la dépendance du pays aux importations de carburants et améliorer l’approvisionnement énergétique du marché intérieur. Le gisement de Tsimiroro recèle d’ailleurs un potentiel important. Les réserves y sont estimées à plus de 1,4 milliard de barils de pétrole lourd, un volume considérable pour un projet qui cherche désormais à retrouver un rythme durable.
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