Plusieurs organisations de la société civile et mouvements de jeunesse malgaches ont lancé un appel urgent à une transition « concertée, transparente et inclusive », assortie de profondes réformes institutionnelles. Dans un communiqué conjoint publié ce 28 avril, ces acteurs dénoncent l’absence de changements concrets six mois après la chute du régime précédent.
Selon les signataires, « aucune transformation tangible des méthodes de travail et des Institutions pour la bonne gouvernance du pays n’est observée », malgré les promesses des dirigeants actuels. Ils décrivent une gouvernance de transition « floue », marquée par « des tâtonnements, des décisions unilatérales et un manque presque total de transparence ».
Le constat dressé est sévère. Les organisations pointent le maintien d’institutions jugées inefficaces, accusées d’avoir contribué à « l’extrême pauvreté du pays ». Elles dénoncent également un gaspillage de ressources publiques, la persistance de la corruption et, plus inquiétant encore, « le recul de la liberté d’expression et de manifestation », accompagné de pratiques d’intimidation, de menaces et d’arrestations arbitraires visant les voix critiques.
Face à cette situation, les signataires appellent à une série de mesures immédiates. Parmi les principales revendications figure l’organisation rapide d’une pré-concertation inclusive pour établir une feuille de route claire, débouchant sur une « charte de la transition pour la refondation ». Cette charte prévoirait notamment la mise en place de nouvelles institutions en remplacement d’organes actuels tels que la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), l’Assemblée nationale (AN) ou encore la Commission électorale nationale indépendante (CENI), jugés « inefficaces ».
Les organisations insistent également sur la nécessité d’une implication accrue des jeunes, avec au moins 30 % de représentation dans les instances décisionnelles de la transition. Elles plaident en outre pour une réforme en profondeur des institutions électorales, fondée sur « les compétences et l’intégrité », via des processus de sélection transparents.
La lutte contre la corruption constitue un autre axe majeur des revendications. Les signataires demandent la mise en place de mécanismes efficaces de contrôle et de redevabilité, incluant l’accès aux informations publiques, la protection des lanceurs d’alerte et la publication régulière de l’utilisation des fonds publics. Ils appellent également à une décentralisation effective, avec un transfert accru de ressources vers les collectivités locales.
Par ailleurs, le communiqué exige « la cessation immédiate des intimidations et arrestations visant les jeunes et les citoyens » exerçant leur droit à la liberté d’expression, ainsi que des sanctions contre les abus commis par les forces de l’ordre.
Ces organisations rappellent qu’« un dirigeant engagé pour la justice et la refondation ne peut réussir qu’en faisant une rupture avec les pratiques et les Institutions ayant grandement conduit à la dégradation du pays ». Elles exhortent les autorités à faire preuve de courage politique en engageant une transition véritablement inclusive, donnant une place centrale à la jeunesse.
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Vos commentaires
Les corrompus tels qu’on les connaissait sont emprisonnés ou on disparus de la sphère politique et d’autres les ont remplacés sans aucun remords.
C’est à se demander si le président n’est pas lui aussi l’instigateur de la nouvelle corruption cachée.
En clair : on prends les mêmes et on recommence avec l’appui des Ruskofs.
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