Le Centre de conférences internationales (CCI) d’Ivato accueille depuis le 29 juillet la phase décisive de la Concertation nationale des jeunes. Pendant trois jours, des centaines de participants venus des 24 régions de Madagascar confrontent leurs analyses et élaborent des propositions destinées à contribuer au processus de refondation du pays. Cette rencontre, qui s’achèvera par une séance de restitution, doit permettre de dégager des recommandations communes. Celles-ci seront officiellement remises aux plus hautes autorités le 1er août avant d’alimenter les travaux de la Concertation nationale annoncée pour la fin de l’année.
Placée sous le thème « Donner une voix aux jeunes pour la refondation de Madagascar », cette initiative offre un espace d’échanges sur les principaux défis auxquels le pays est confronté. Les ateliers abordent notamment la gouvernance, les réformes institutionnelles, le processus électoral, le développement économique, la culture ainsi que les questions environnementales. Pour la ministre d’État chargée de la Refondation, Maître Hanitra Razafimanantsoa, cette démarche doit permettre à la jeunesse de participer pleinement aux choix qui façonneront l’avenir du pays. Elle estime qu’une refondation durable ne peut être envisagée sans une implication active des nouvelles générations.
Les discussions ont rapidement mis en lumière des visions parfois contrastées sur l’organisation de l’État. Des étudiants des universités de Toliara et de Fianarantsoa ont défendu l’idée d’une plus grande décentralisation, allant jusqu’à proposer un modèle fédéral afin de rapprocher les centres de décision des territoires. D’autres participants ont appelé à une transformation profonde des institutions. Les représentants de Gen Z Madagasikara Ofisialy ont notamment réaffirmé leur volonté de voir engager une réforme de grande ampleur, considérant que le fonctionnement actuel ne répond plus aux attentes d’une partie de la jeunesse.
Au-delà des questions politiques, les préoccupations du quotidien ont occupé une place importante dans les échanges. L’accès à un emploi stable est revenu comme l’une des principales priorités exprimées par les participants. Beaucoup ont également insisté sur la nécessité d’adapter davantage le système éducatif aux réalités économiques afin de développer l’esprit d’entreprise et de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes. La montée de l’insécurité a également été largement évoquée, plusieurs intervenants appelant à des réponses plus efficaces pour protéger les populations et restaurer un climat de confiance.
Présent à cette concertation, Herizo Andriamanantena, l’un des porte-parole de la Gen Z, a souligné que les différentes concertations organisées ces derniers mois ne produiront des résultats concrets qu’à condition d’être accompagnées d’une véritable volonté politique. Selon lui, la réussite des réformes passe aussi par une organisation institutionnelle clairement définie, un approfondissement de la décentralisation, un renforcement de l’État de droit ainsi qu’une souveraineté nationale pleinement assumée. Ces éléments constituent, à ses yeux, des conditions indispensables pour répondre durablement aux attentes des citoyens.
Les conclusions issues des travaux feront l’objet d’une synthèse avant leur transmission officielle aux autorités. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Alain Rasambany, a indiqué, dans une intervention vidéo, que ces recommandations serviront à définir les grandes orientations du processus de refondation et à établir un calendrier de mise en œuvre. Elles seront également communiquées au président de la Refondation, au Premier ministre, au FFKM et à la communauté internationale. Pour les participants, cette concertation représente désormais une occasion de faire entendre la voix d’une jeunesse qui souhaite voir ses propositions déboucher sur des décisions concrètes.
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