C’est en vue de mettre en valeur les produits laitiers locaux qu’une Foire du lait va être organisée à Antananarivo du 18 au 21 novembre 2010. En effet, pour Eric Koller, de la Fédération des hôteliers – restaurateurs de Madagascar (FHOM), les restaurateurs de la Grande Ile sont nombreux à douter de la qualité des produits laitiers malgaches, et donc à utiliser de préférence des produits importés.
Pour provoquer chez les consommateurs un retour vers les produits locaux, il va s’agir de les sensibiliser à la question, et de leur montrer que Madagascar peut fournir une production de qualité, même si cette dernière reste insuffisante en quantité.
Le développement de filière laitière malgache est appuyé par la deuxième organisation américaine du secteur, Land O’Lakes, elle-même ayant le soutien financier de l’USDA, le département de l’Agriculture des Etats-Unis, pour ses projets à Madagascar.
Le projet de développement de la filière laitière de Land O’Lakes a débuté en 2007. Il était prévu pour 3 ans, mais ne s’achèvera finalement que fin 2011. Pour Steeve Aversa, représentant de l’organisation à Madagascar, une deuxième phase de ce programme serait nécessaire, mais sa mise en place reste dépendante de la résolution de la crise politique. La première phase, qui consistait à améliorer le système de commercialisation et la qualité du lait malgache, porte cependant ses premiers fruits.
De milliers d’intervenants du secteur ont été formés, à tous les stades de la filière, des producteurs aux distributeurs, en passant par les transformateurs.
C’est ce même panel qui se retrouvera en novembre à la Foire du lait, selon un ratio de 60% de producteurs et 40% de transformateurs, distributeurs et fournisseurs de matériels. Ces exposants viendront pour la plupart de ce qu’on appelle le « triangle laitier malgache » (les régions Amoron’i Mania, Vakinankaratra, Analamanga, Itasy, Bongolava et Matsiatra Ambony).
4 jours de foire
Les organisateurs veulent donner à la foire un caractère « informatif, pédagogique, commercial et festif ». Le programme a donc été soigneusement planifié pour réunir tous ces éléments. Le jeudi sera consacré aux professionnels du secteur. Il s’agira essentiellement pour eux d’analyser les besoins futurs de production, car la production laitière malgache souffre d’un déficit d’un million de litres par jour. Si l’on considère que le litre de lait se vend à 1000 ariary, cela représente donc un manque à gagner d’un milliard d’ariary par jour, alors que ce revenu est potentiellement disponible. La question d’un certificat de consommabilité devrait aussi être au cœur des discussions.
Le vendredi 19 novembre, la pédagogie sera à l’honneur, puisque les organisateurs de la foire recevront des écoles et auront la charge de sensibiliser les enfants à la consommation de lait et de produits laitiers malgaches.
Commerce et festivités se retrouveront le week-end, lorsque la foire ouvrira ses portes au grand public (moyennant un droit d’entrée de 1000 ariary). Outre l’information sur les produits, de nombreuses animations sont prévues, notamment un concours de plateaux de fromages.







