À 16h ce lundi 13 septembre au centre de conférence international (CCI) à Ivato, ils étaient plus 4651 individus à participer à la conférence nationale ; or les organisateurs avaient prévu 2000 à 2500 invités. Et on continue de confectionner et de distribuer des badges. On ne peut refuser, on ne peut pas refouler ces nouvelles arrivées qui sont issues de régions éloignées et qui seraient mandatées par des groupements ou des associations dans leur district d’origine, admettent les organisateurs. Dans la file d’attente, les délégués prennent leur mal en patience après leur long voyage pour assister à ce rassemblement. D’autres participants sont encore attendus et l’effectif pourrait atteindre les 5000 personnes.
Certains s’en félicitent, en particulier les organisateurs qui estiment que c’est un succès. Les gouvernants présents lors de cette première journée, tel le ministre de l’Education nationale qui se présente comme simple citoyen ayant répondu à l’appel de la patrie, s’en frottent les mains. Le vice-président de la Haute autorité de transition (HAT) et président de la commission Défense, Alain Ramaroson, veut persuader que cette fois c’est la bonne et décisive initiative. Il prétend que plus personne ne peut mettre des bâtons dans les roues de l’entreprise qui est en marche ; pas même les chancelleries étrangères qui sont, à son avis, de mèche avec des politiciens qui portent le masque de la société civile.
Plus prudents, d’autres hommes et femmes politiques préfèrent devant cette affluence inespérée, limiter leurs commentaires aux principes qui devaient guider les invitations, en quelque sorte aux délégués qui sont issus des « dinika santatra », soit à 12 délégués par district. La présidente du parti Vert de Madagascar a par exemple indiqué que tous ses représentants à ce grand rassemblement ont été mandatés par les cellules de base de son parti. Elle n’a cependant pas manqué de faire allusion à des manœuvres qui pourraient faire entorse au jeu démocratique. En tout cas, elle a pointé du doigt des campagnes électorales avant la lettre.
Quant à l’ancien sénateur Ramasy Adolphe, membre de l’Espace de concertation des partis politiques (ESCOPOL), il reconnaît que c’est une opportunité pour les partis et associations politiques de se mettre à l’écoute du peuple. Une position qui est proche sinon semblable à celle d’Elia Ravelomanantsoa, candidate à la dernière présidentielle et membre également de l’ESCOPOL. Elia Ravelomanantsoa précise que l’ESCOPOL est ouverte et est prête à adhérer à toutes les initiatives pour la recherche de sortie de crise, d’où qu’elles viennent, de l’Union des organisations de société civile (UOSC) ou de la Coordination nationale des organisations de société civile (CNOSC). L’ESCOPOL s’attend à ce que rapidement la communauté internationale reconnaisse le processus malgacho-malgache.
Les représentants des chancelleries étrangères ont brillé par leur absence. Le FFKM n’y était pas non plus ; seul l’archevêque d’Antananarivo, Mgr Odon Razanakolona de l’église catholique romaine a fait le déplacement. Et comme il fallait s’y attendre, les chefs de délégation des trois mouvances politiques ont déserté les lieux. Ils ont commencé ce lundi 13 septembre leur tournée à travers l’île dans la région de la SAVA. Le MONIMA et le CSR-AN de Mme Blanche Nirina Richard ont eux aussi boudé la rencontre.
En tout cas, ce qui a sauté aux yeux des observateurs lors de cette première journée, c’est cette affluence et le désordre ; un désordre qui traduit une mauvaise organisation et la précipitation dans lesquelles la décision de tenir cette rencontre nationale que l’on veut souveraine a été prise. En effet, il faut avouer avec les organisateurs qu’on ne pouvait écarter du processus les participants aux assises régionales, ou ceux des « Teny ifampierana » et les autres. Mais encore une fois, le doute sur la qualité et la légitimité de ces représentations demeure. Attendre et voir !




