Est-ce une invitation hors normes ou une véritable convocation ou est-ce que l’appel des sous-officiers à l’endroit du ministre, un général de corps d’armée de surcroît, est déjà un signe de révolte pour signifier à quiconque que le bras de fer qui s’est enclenché continuera de s’intensifier ? En effet, après plusieurs heures d’attente ce mardi 6 mars, les journalistes tenus à l’écart des rencontres entre militaires, s’étaient vu distribuer un communiqué sans signature ni auteur dans lequel il est dit que tous les sous-officiers sont tenus de se rendre ce mercredi 7 mars 2012 au CAPSAT à 7h30. Mais ce qui est peu banal c’est l’appel lancé dans ce communiqué, au général Lucien Rakotoarimasy, ministre des Forces armées pour qu’il soit lui aussi présent au CAPSAT en milieu de journée ou avant midi. Est-ce pour lui demander des explications ou pour lui signifier leur déception et leur mécontentement ? On ne peut écarter non plus l’idée que ce serait l’occasion pour les sous-officiers de lui exprimer leur détermination à obtenir satisfaction par rapport à leurs revendications. Rappelons que ces sous-officiers réclament le règlement des retenues sur salaire qu’ils ont subies depuis 2005, promesse présidentielle comme ils disent.
D’après les dires des sous-officiers, ils ont attendu depuis le milieu de l’après-midi du lundi 5 mars, que les ministres des Finances et des Forces armées ainsi que le Directeur général des Impôts se rendent à Soanierana au camp militaire CAPSAT pour leur expliquer la situation et pour dialoguer, mais en vain.
De sources officieuses cependant on apprend que les autorités militaires ont déjà informé les « mutins » que les ressources disponibles à l’heure actuelle ne permettent pas pour l’instant de satisfaire ces exigences des sous-officiers. Officiellement, les négociations et discussions se poursuivent ; l’Etat avoue qu’il y a eu erreur dans le calcul des indemnités et que les corrections prendraient un peu de temps. Une manière d’influer sur la détermination des sous-officiers et de calmer l’atmosphère. D’ailleurs le Premier ministre, de retour du Vatovavy Fitovinany où il a conduit ce mardi 6 mars une délégation gouvernementale au chevet des 53 personnes décédées et des 6000 sinistrés suite aux éboulements et glissements de terrain consécutifs aux pluies incessantes de ces derniers jours générées par le cyclone Irina, a fait une déclaration apaisante. Il a déclaré que les négociations sont en cours pour trouver la solution aux revendications des sous-officiers. Il a ajouté qu’il n’envisageait nullement jusqu’ici, l’application d’une quelconque condamnation ou poursuite à l’égard des sous-officiers car à sa connaissance, il s’agit de revendication comme une autre et qu’il n’y a rien d’illégal.
Recueilli par Valis








