L’ancien président de la République, le Pr Albert Zafy, a tout de même réussi à faire son « ampamoaka » (déballage) à l’hôtel Carlton devant ses partisans et ceux des trois mouvances politiques. Il faut avouer que le rendez-vous a eu du mal à être honoré en raison de problèmes de sécurité et/ou d’espace non approprié. Les responsables du Carlton ont failli annuler la réunion, s’inquiétant du nombre de personnes par rapport à la capacité et à la nature de la salle louée. Il y eut même une empoignade entre les chargés de sécurité de l’hôtel et Tabera Randriamanantsoa.
Les Charles Clément, Manoro Régis et autres ont tout de même maitrisé la situation et l’atmosphère, autorisant l’arrivée du Pr Albert Zafy vers la fin de la matinée si le rendez-vous était prévu à 9 heures ce jeudi 3 février. C’est dans une salle comble et dans une ambiance chaude que l’ancien président a déclaré que la feuille de route du Dr Simão n’en est pas une, et que ni le corps diplomatique, ni la SADC, ni l’UA ne sont informés de son existence et ne la cautionnent. De plus, aucune phrase, renchérit Albert Zafy, n’évoque les propositions ou les points fondamentaux dont la mouvance Zafy a fait part au Dr Simão lors des consultations. Parmi ces points essentiels auxquels tient le Pr Zafy, la résolution durable de la crise et par conséquent la nécessité d’un véritable processus de réconciliation qui ne peut que commencer par l’acceptation d’une vraie transition inclusive et conduite consensuellement par l’ensemble des protagonistes, donc avec les trois mouvances. Ceci passe par la dissolution de toutes les institutions actuelles. En passant, il n’a pas manqué de dénoncer les pouvoirs de super-président que la feuille de route du Dr Simão a donné au président de la Haute autorité de transition (HAT), pouvoirs dont aucun président, fut-il élu, ne dispose dans un pays qui se dit démocratique ; ce qui lui a fait dire que la feuille de route s’apparente à une insulte envers le peuple malgache qui a toujours rejeté la dictature. Aussi rejette-t-il en bloc cette feuille de route.
Le Pr Albert Zafy a saisi cette occasion du Carlton pour faire visionner des vidéos sur le carnage du 7 février 2009 et partager des témoignages qui disculpent la garde présidentielle, mais qui par contre accusent un certain nombre de personnalités aujourd’hui au pouvoir, dont des ministres et des conseillers spéciaux auprès de la Présidence de la HAT. Le trafic de bois de rose, lui aussi, a fait l’objet d’une projection vidéo. Un peu comme pour dire que tout ce beau monde cité expressément lors de cette rencontre à la grande joie de l’assistance, est indésirable et incapable car jusqu’à aujourd’hui, il n’y a aucune sécurité, et la gouvernance laisse à désirer. Selon des observateurs et des proches du Pr. Albert Zafy, l’ancien président de la République pense davantage au moyen et long terme et ne veut pas entendre parler de solution tip-top pour résoudre le problème malgache.








