Le Groupe international de contact sur Madagascar insiste sur un retour rapide à l’ordre constitutionnel à travers un processus consensuel impliquant l’ensemble des acteurs politiques malgaches. Il réaffirme que la communauté internationale est prête à aider toutes les parties malgaches à réaliser cet objectif, sous l’égide de l’UA et sur la base des « objectifs et principes ci-après :
un calendrier précis en vue de la tenue d’élections libres, régulières et transparentes impliquant l’ensemble des parties prenantes, sous la supervision d’un organe électoral neutre constitué des représentants de toutes les mouvances politiques ;
contribution de tous les acteurs politiques et sociaux du pays, y compris le Président Marc Ravalomanana, ainsi que les autres personnalités nationales, à la recherche d’une solution ;
promotion du consensus entre les parties malgaches concernées ;
respect de la Constitution malgache ;
et respect des instruments pertinents de l’UA et des engagements internationaux de Madagascar ».
Le Groupe international de contact sur Madagascar s’est réuni pour la première fois ce jeudi 30 avril 2009 à Addis-Abeba. Ce Groupe est composé des organisations suivantes :
de l’Union Africaine (UA),
de la Commission de l’Océan Indien (COI),
de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC),
du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA)
des Nations unies (ONU),
de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF),
de l’Union européenne (UE),
de la Libye, en sa qualité de pays assurant la présidence en exercice de l’UA ;
du Burundi, au nom du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’UA.
Des membres africains et des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies ont également pris part à la réunion, dont le Burkina Faso et l’Ouganda. Le Groupe de contact a pour objectif de mieux coordonner l’action de la communauté internationale en vue du retour rapide à l’ordre constitutionnel à Madagascar.
Après avoir fait le point de la situation depuis le changement survenu le 17 mars 2009 et avec l’aide des envoyés spéciaux de l’UA (Ablassé Ouedraogo) et de l’ONU (Tiebele Drame), les participants à la réunion de ce 30 avril « ont fermement condamné ce changement anticonstitutionnel de Gouvernement, qui marque un grave recul dans les processus de démocratisation en cours sur le continent et renforce l’inquiétude suscitée par la recrudescence du fléau des coups d’Etat en Afrique, telle qu’exprimée par la 12ème session ordinaire de la Conférence de l’Union tenue à Addis Abéba du 1er au 4 févier 2009 ». Ils ont par ailleurs « demandé à tous les membres de la communauté internationale de s’abstenir de toute action qui pourrait compliquer les efforts visant à restaurer l’ordre constitutionnel à Madagascar ».
Une structure locale du Groupe de contact
Les participants ont souligné les risques que comporte toute démarche unilatérale visant à légitimer le changement anticonstitutionnel intervenu à Madagascar, et ont instamment demandé aux autorités de fait, ainsi qu’aux autres parties malgaches, de mettre l’intérêt de Madagascar et la recherche du consensus au dessus de toute autre considération.
Afin de mettre en œuvre cette résolution du 30 avril, il a été convenu de créer à Antananarivo, une section opérationnelle du Groupe de contact sur Madagascar, sous la présidence de l’Envoyé spécial du Président de la Commission de l’UA. Cette structure locale doit se réunir au moins une fois par semaine. A cet égard, la réunion a salué l’intention de la SADC de nommer un Envoyé spécial pour Madagascar.
Parallèlement le Groupe international de contact appelle « toutes les parties malgaches pour qu’elles s’abstiennent de toutes actions susceptibles de compliquer la recherche d’une solution ». Il a fermement condamné les actes de violence et les incitations à la violence qui ont lieu à Madagascar, et a « souligné la nécessité pour les autorités de fait, y compris les forces de sécurité, de respecter scrupuleusement les libertés fondamentales et les droits de l’homme ».
Recueilli par Bill





