Sensation de gueule de bois (de rose) en relisant l’éditorial d’hier. D’autant que le même jour, il était difficile de ne pas reconnaître que l’humouriste Mamane était toujours aussi drôle que d’habitude, sauf que ce mercredi, avec son De l’art d’être un bon DJ, on avait l’impression que c’était la population malgache dans son ensemble qui faisait les frais de sa chronique sur RFI.
Sensation d’inachevé surtout en relisant cet éditorial, car il n’est pas dans nos habitudes de faire un constat, aussi amer soit-il, sans esquisser ne serait-ce qu’un début de proposition, quitte à reconnaître la faiblesse des chances de la voir se réaliser.
D’ici la prochaine réunion du GIC, prévue le 6 janvier à Addis Abeba, chacun des protagonistes de la crise malgache aura sans doute eu un peu de temps pour faire le bilan de l’année et reprendre ses esprits. Les moins infortunés pourront même s’offrir le luxe de digérer un peu de dinde ; et les autres prendront peut-être le temps de ruminer les moyens de ne plus être les dindons de la farce, pour ne pas dire la farce du dindon.
L’année aurait pu sans doute être plus catastrophique encore, sans la légendaire patience de la population malgache, dont on ne sait plus par moments si elle doit être qualifiée de sagesse ou de panurgisme. Mais après une année aussi stérile, on peut à la fois comprendre ceux qui ont choisi de se tenir à l’écart de la politique et ont adopté l’attitude de passivité relevée hier, et espérer qu’ils arriveront néanmoins à se mobiliser à l’avenir sur des intérêts communs.
Sauf dégénerescence des affrontements politiques actuels, il y aura forcément en 2010 des élections, et quels que seront les hommes au pouvoir qui pourront les influencer, il faudra se méfier d’eux. Le premier cadeau de Noël que nous pourrions nous offrir serait l’implication dans une des ONGs locales qui ont une expérience en matière d’observation électorale. Oui, cela prend du temps, cela peut même coûter de l’argent, mais à voir les foules qui affluent à Behoririka ces temps-ci, ce genre de considération ne nous empêche pas forcément d’offrir (ou de nous offrir) des cadeaux.
Le deuxième cadeau que nous pourrions nous offrir pour pas très cher serait de confronter de manière très factuelle les hommes et femmes politiques de ce pays à leur rhétorique. Se moquer de Nathalie Rabe, ministre de la Communication, lorsqu’elle prétend qu’il y a eu ouverture sans précédent des médias publics à l’ensemble des sensibilités, c’est se situer dans le cadre de la polémique politique. Mesurer très concrètement les temps d’antenne accordés aux différentes tendances politiques dans les journaux de RNM et de TVM, et les publier, c’est faire de l’action citoyenne. Une telle action n’est crédible que si elle est faite sur le long terme, et que les personnes qui le font acceptent de sortir de l’anonymat : caractériser un biais dont les journalistes de ces organes audio-visuels n’ont peut-être même pas pleinement conscience et le corriger ne se fera pas du jour au lendemain.
80% de nos lecteurs sont situés en dehors de Madagascar, et n’ont sans doute pas accès aux journaux radio et TV du pays. Mais pour les autres, il y a un challenge qui peut être relevé et dont nous nous engageons à publier les résultats.
On peut ne plus croire au père Noël, et croire quand même aux vertus des cadeaux.
Joyeux Noël à tous, et qu’un peu de paix pénètre dans nos coeurs.





